Aix-en-Provence

Transport

Interview Pour NepTech, "les JO de Paris 2024 vont constituer une vitrine internationale sans équivalent"

Entretien avec Tanguy Goetz, président de NepTech.

Propos recueillis par Florent Godard - 29 juin 2022

NepTech va concevoir deux bateaux à hydrogène pour les Jeux olympiques de Paris de 2024. Gagnée au sein d’un consortium, cette commande va offrir une belle carte de visite à la start-up aixoise qui emploie 6 personnes. Explications de Tanguy Goetz, le président de NepTech.

Les fondateurs NepTech, de gauche à droite : Corentin Bigot, Tanguy Goetz et Clément Rousset.
Les fondateurs NepTech, de gauche à droite : Corentin Bigot, Tanguy Goetz et Clément Rousset. — Photo : NepTech

À quoi ressembleront vos navires à hydrogène ?

Il s’agira de deux navires hybrides, dotés de moteurs électriques alimentés via des batteries, elles-mêmes rechargées par une pile à combustible. L’avantage est de ne pas émettre de CO2. La pile rejette simplement de l’air et de l’eau. Pour rendre le système vraiment vertueux, on utilisera de l’hydrogène vert, produit à partir d’énergies renouvelables via l’électrolyse de l’eau. Ces navettes circuleront à Paris et Marseille. La plus grande mesurera 24 mètres de long, circulera à une vitesse de 18 nœuds (35 km/h) en embarquant jusqu’à 180 passagers. Nous avons remporté l’appel à innovations "Mobilités Jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024", au sein d’un consortium incluant l'entreprise bretonne EODev et Toyota.

Comment avez-vous décroché cet appel à innovations lancé pour les JO de Paris ?

Entre autres, parce qu’on a su résoudre une série de défis technologiques. Car il faut savoir qu’à puissance égale un navire à hydrogène reste trois fois plus lourd qu’un bateau à moteur diesel. Et va donc consommer plus. C’est pourquoi NepTech a travaillé sur la réduction des besoins énergétiques, notamment en diminuant de la traînée hydrodynamique, c’est-à-dire la résistance à l’avancement, grâce à des navires de type catamaran dotés d’une coque très effilée. Pour la navette maritime qui opérera à Marseille, on a aussi intégré des hydrofoils, des ailes immergées qui vont sustenter le navire en dehors de l’eau à partir d’une certaine vitesse. Environ 60 à 70 % de la coque va s’élever au-dessus de la surface. En outre, NepTech a breveté un système d’injection d’air au niveau de la partie immergée de la coque. Circuit d’air sur lequel le bateau va glisser.. En cumulant les innovations, on réduit les besoins énergétiques de 30 à 40 %. De quoi atteindre des coûts d’exploitation intéressants sur ce type de navires, qui vont être utilisés pendant 25 ans. Et donc garantir l’équilibre financier. Même le prix d’achat va baisser, puisqu’on diminue les batteries, etc.

Les navettes à hydrogène de NepTech pourront embarquer jusqu’à 180 passagers
Les navettes à hydrogène de NepTech pourront embarquer jusqu’à 180 passagers - Photo : NepTech

 

Quid des retombées positives en termes d’activité ?

Pour NepTech ça représente quasiment un an de travail. Sachant qu’on intervient sur la conception : le design et l’architecture navale, la R & D… S’y ajoutera ensuite le suivi de construction sur les chantiers navals, soit 12 à 18 mois supplémentaires. Cette commande a aussi un effet de catalyseur, d’accélérateur d’innovation… Cela motive tout le monde à aller plus vite dans le déploiement de solutions, pour être prêt à l’été 2024. Ce calendrier va aussi accélérer la mise en place d’un cadre réglementaire spécifique. Car notre bateau sera le premier grand navire de transport de passagers dans cette catégorie, qui plus est avec un usage commercial intensif, de 5h du matin à minuit. À Paris, cette embarcation modulaire sera capable de transporter des marchandises aux péniches-restaurants le matin, des passagers l’après-midi, puis d’accueillir des événements type cocktail ou soirée VIP le soir. 

Avec un impact en termes d’image de marque…

Bien sûr. C’est l’événement sportif le plus suivi au monde. Les JO offrent une vitrine internationale sans équivalent. Car si NepTech reste une jeune entreprise, on a déjà noué des contacts de l’Europe du Nord à Dubaï. La livraison pour Paris 2024 prouvera que notre modèle fonctionne. Et offrira une carte de visite très utile dans notre stratégie d’adresser rapidement des marchés hors de nos frontières.

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