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Commerce

Pascal Coste se réorganise pour doubler de taille 

Par Olivia Oreggia, le 10 janvier 2022

De l’aveu de son dirigeant fondateur, Pascal Coste ne s’est jamais autant développé qu’en ces temps de crise. Pour passer le cap des 400 salons de coiffure, le groupe niçois se prépare à ouvrir son capital, tout en réinventant la recette qui a fait son succès depuis 1997 pour pouvoir recruter en conséquence.

Pascal Coste a fondé son groupe de coiffure en 1997.
Pascal Coste a fondé son groupe de coiffure en 1997. — Photo : Olivia Oreggia

254 salons de coiffure portent son nom, moitié succursales, moitié franchises. Mais ce n’est pas suffisant pour Pascal Coste, coiffeur devenu entrepreneur dont la crise a accéléré le développement du groupe. "Nous avons eu peur et serré la vis comme tout le monde. Nous avons tout de même perdu 15 millions d’euros de chiffre d’affaires en deux ans mais d’un autre côté, cela nous a permis d’avancer très vite, explique-t-il. J’ai tout basé sur la relance économique. Nous, nous n’avons jamais autant acheté de salons et les franchisés n’ont jamais autant investi. Nous recevons des demandes de cession toutes les semaines. Beaucoup de coiffeurs sont inquiets en pensant au remboursement des prêts et le métier est vieillissant. Nous sommes solvables, nous avons les fonds, on en profite."

Pour multiplier ces acquisitions en 2022, Pascal Coste prépare la création d’une nouvelle holding financière. Le groupe avait déjà ouvert 11 % de son capital au CIC il y a dix ans, avant d’en racheter la participation il y a deux ans. "Lorsque la banque est entrée, nous réalisions 19 millions de chiffres d’affaires, à sa sortie, nous étions à 45 millions d’euros. Aujourd’hui, nous réalisons 51 millions d’euros et notre objectif est d’arriver à 100 millions d’euros en 2024. On passera alors le cap des 400 salons minimum. Et cet objectif, c’est hors Dessange." Jacques Dessange, le grand nom de la coiffure française avec ses 1 600 salons implantés dans 43 pays du monde, dont Pascal Coste est candidat à la reprise. Ses ambitions demeurent mais le dossier est aujourd’hui en suspens. "Dessange a posé les stylos de la vente et s’est donné un délai supplémentaire. Nous sommes prêts, nous attendons, patients."

"Comment être recrutés par nos salariés ?"

D’ici là, Pascal Coste n’est pas homme à se reposer. Car si les voyants de la reprise sont au vert, il en est un, né de la crise, qui reste rouge écarlate : la gestion des ressources humaines. "Nous avons eu des démissions de salariés. Beaucoup ne voulaient plus travailler, avaient découvert une autre vie chez eux, en famille. J’ai convoqué tout mon staff et je leur ai dit d’oublier le modèle économique, social et de management que j’avais créé et qui avait fait le succès de cette entreprise. Je leur ai demandé de dessiner un nouveau modèle à partir d’une feuille blanche. Désormais, nous n’avons de cesse de dire : comment faire pour être recrutés par nos salariés ?"

La réponse est évidemment multiple : les salariés peuvent désormais prendre un samedi par mois - une petite révolution dans la coiffure - ils peuvent prendre leur mercredi après-midi en le rattrapant plus tard ; leur fidélité, et donc leur ancienneté, est récompensée par une nouvelle grille de salaires ; un comité d’entreprise a été créé dont même les franchisés bénéficient…

Pour attirer du sang neuf, Pascal Coste est allé bien plus loin encore. "Je me suis rendu dans des ambassades de pays de l’Est comme la Bulgarie ou la Lituanie. J’ai aussi passé un partenariat avec le CFA de Nice pour recevoir une quinzaine de jeunes Américains de Seattle. Il faudra attirer certains, les faire rester.et je suis en train de mettre un deal en place avec les États-Unis. Comme la gastronomie, la coiffure française est une référence mondiale. Nous allons ainsi aller dans les écoles de coiffure de ces pays à fort potentiel, qui ont une culture du travail et de la productivité. Nous allons former ces jeunes dans notre académie basée ici, au siège à Nice, garder les meilleurs dans nos salons, nous allons les loger. Quand ils retourneront dans leur pays, ils deviendront peut-être des franchisés Pascal Coste. J’ai déjà sélectionné plusieurs jeunes."

Au moins six films par an

Pour attirer encore et toujours, Pascal Coste a aussi choisi de "remettre des étoiles au-dessus du groupe", en s’appuyant sur une étoile du métier en particulier, celle du coiffeur niçois Éric Zemmour (homonyme sans lien avec le polémiste), ambassadeur de L’Oréal Professionnel sur les podiums du monde entier, devenu le directeur artistique de Pascal Coste. "J’ai toujours admiré en lui l’artiste que je ne suis pas. Quand on le voit avec un séchoir et une paire de ciseaux, tous les jeunes ont envie de faire comme lui. C’est ça l’idée."

Et il est une autre voie plus originale encore qu’emprunte Pascal Coste pour faire rêver et se faire connaître : le cinéma. Le dirigeant a ainsi tourné dans le film Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu 3. "Je ne veux pas devenir acteur, plaide-t-il, je veux du placement de produit, que la marque apparaisse. Je voudrais tourner dans six films au moins en 2022. L’enseigne est trop petite aujourd’hui. On est là pour avancer mais il nous faut gagner en notoriété."

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