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Interview Olivier Bret (CEC Provence Corse) : "La Convention pour le climat veut emmener les décideurs à changer de modèle"

Entretien avec Olivier Bret, membre de l’équipe organisatrice de la Convention des entreprises pour le climat Provence Corse

Propos recueillis par Hélène Lascols - 18 novembre 2022

La Convention des entreprises pour le climat (CEC) est partie en quête de 60 dirigeantes et dirigeants du territoire, qui participeront à la CEC Provence Corse de janvier à octobre 2023. Ils suivront un parcours au terme duquel ils remettront 60 feuilles de route de transformation de leur modèle d’affaires compatible avec les limites planétaires et les objectifs européens de réduction des émissions carbone.

Olivier Bret, entrepreneur et membre de l’équipe organisatrice de la Convention des entreprises pour le climat Provence Corse
Olivier Bret, entrepreneur et membre de l’équipe organisatrice de la Convention des entreprises pour le climat Provence Corse — Photo : DR

Pour quelles raisons avez-vous souhaité créer une déclinaison régionale de la Convention des entreprises pour le climat ?

Le premier parcours national de la Convention des entreprises pour le climat a réuni 150 entreprises entre septembre 2021 et juillet 2022. Ensemble, ces dirigeants ont participé à l’accélération de la définition d’une nouvelle économie et remis leurs 150 feuilles de route et voté 10 propositions en faveur de la transition écologique.
Parmi les participants de la CEC figuraient 15 entreprises de la Région Sud (Kaporal, Banque Populaire Méditerranée, Brasserie Pietra, Cybernetix, E + P, Odalys Vacances, Redman, Terre d’Oc…) qui se sont alliées à une équipe d’organisation (4 copilotes et 15 bénévoles) pour faire bénéficier le territoire de ce parcours.
Dupliquer l’expérience en région a beaucoup de sens parce que cela permet d’interroger des entreprises qui vont contribuer à créer de la résilience sur un territoire, à créer des filières locales, à insuffler de la coopération entre acteurs, à favoriser le partage des investissements et des compétences. En outre, je pense que demander de préserver un territoire est un bon levier d’action, car cela parle davantage, car les personnes vivent au quotidien sur ce territoire.

Combien d’organisations sont aujourd’hui réunies au sein de la CEC Provence Corse ?

Aujourd’hui, la CEC Provence Corse réunit 40 entreprises qui totalisent 100 540 collaborateurs et près de 6,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Parmi les premiers à nous avoir rejoints figurent l’opérateur touristique Les Villages Clubs du Soleil, le groupe de services Onet, la start-up Mao Boa qui facilite l’engagement des collaborateurs, l’entreprise cosmétique Aroma Zone, mais aussi la CCI Marseille Provence ou encore Provence Tourisme. L’association est présidée par Nicolas Chabert, qui a participé à la convention nationale, qui dirige l’agence de conseil en communication E + P, née en 2020 de la fusion des deux agences Perfeo et Nextia.
Notre objectif est de réunir 60 organisations participantes, chaque organisation étant représentée par deux personnes : le dirigeant et un "planet champion". En misant sur un binôme, c’est plus facile de capter toute la richesse du parcours proposé, mais aussi d’embarquer toute une entreprise.

Existe-t-il des critères à respecter pour intégrer la CEC Provence Corse ?

Les critères sont très subjectifs. Les entreprises doivent d’abord se porter candidates et nous recherchons des dirigeants dans une posture de collaboration, d’humilité, qui ont la volonté d’échanger avec leurs pairs. Nous espérons, à travers les 60 organisations parties prenantes, représenter la diversité régionale, d’un point de vue géographique, mais aussi d’un point de vue sectoriel. Cette diversité sera source de richesse.

Quel parcours vont suivre ces 60 binômes ?

Le parcours va démarrer le 19 janvier 2023 et un "embarquement" est prévu le 25 novembre 2022.
Ce parcours représente un investissement important pour les entrepreneurs et entrepreneuses. Ils, elles ont tous la tête dans le guidon et nous allons les amener à prendre du recul pour qu’ils se projettent à l’horizon 2030 et qu’ils s’y préparent. La transition écologique crée des opportunités et des risques, qui auront des conséquences sur la capacité des organisations à se financer, à recruter, à répondre à des appels d’offres. Nous ne voulons pas leur faire peur, mais les aider à anticiper. La Convention des entreprises pour le climat est là pour leur ouvrir les yeux, pour les pousser à se demander s’ils pourront encore exercer leur activité demain. À travers ce parcours, qui repose sur une méthode, ils vont changer leur regard sur le monde, repenser leurs modèles d’affaires dans le cadre des limites planétaires. Ils seront entourés d’experts et de garants, comme Bpifrance, l’Ademe, le Medef Sud, l’Office français de la Biodiversité ou encore The Shift Project.
L’objectif final pour chaque entreprise d’ici au mois d’octobre 2023 est de se doter d’une feuille de route individuelle. C’est aussi de créer une vague sur le territoire, de travailler sur des projets territoriaux liés à la transition.

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