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Industrie

A-NSE gonfle ses capacités de production de ballons captifs

Par Hélène Lascols, le 14 octobre 2022

Après dix ans consacrés au développement de ballons captifs pour la surveillance aérienne, l’entreprise varoise A-NSE achève un programme d’investissement d’1,5 million d’euros pour doubler ses capacités de production. La PME adresse principalement les marchés de la sécurité et de la Défense.

Équipé d’une caméra 360 degrés à 600 mètres d’altitude, un ballon captif A-NSE a surveillé les Calanques de Marseille pour aider le Bataillon des Marins Pompiers dans la lutte contre les incendies.
Équipé d’une caméra 360 degrés à 600 mètres d’altitude, un ballon captif A-NSE a surveillé les Calanques de Marseille pour aider le Bataillon des Marins Pompiers dans la lutte contre les incendies. — Photo : DR

Après avoir un temps imaginé produire des ballons dirigeables, l’entreprise A-NSE (Aero-Nautic Services & Engineering), qui a son siège social à Ollioules, près de Toulon (Var), une usine de production à La Ciotat (Bouches-du-Rhône) et un centre d’essai à Pourrières (Var), développe depuis dix ans des ballons captifs. À savoir des ballons gonflés à l’hélium et reliés au sol par un câble. Des sortes de grands cerfs-volants équipés de capteurs dernière génération, radars ou caméras longue portée pour mener des opérations de surveillance et de sécurité.

1,5 million d’euros investis

Concentrés de technologies, les trois modèles de ballons captifs d'A-NSE mesurent jusqu’à 60 mètres de long, peuvent monter jusqu’à une altitude de 9 000 pieds, disposer de 40 jours d’autonomie de vol et transporter un tiers de masse supplémentaire. Ils résistent à des vents de 120 km/h et des conditions météorologiques dégradées. Grâce à toutes ces caractéristiques et à leur faible coût opérationnel, ils parsèment ponctuellement le ciel français : à Marseille, durant l’été 2021, pour soutenir les actions des Marins Pompiers dans la détection des feux de forêt, aux côtés des Douanes françaises ou de la gendarmerie, ou pour surveiller des "fan zones" (espaces sécurisés lors d'événements). L’entreprise a aussi séduit l’Armée allemande déployée au Niger pour repérer tout mouvement potentiellement hostile à une distance de plusieurs dizaines de kilomètres.

Aujourd’hui, c’est principalement à l’étranger que l’entreprise déploie ses produits. "Nous réalisons 95 % de notre chiffre d’affaires à l’export", confie le président, Baptiste Regas. Pour répondre rapidement à ces marchés internationaux, essentiellement au Moyen-Orient et en Afrique de l’Ouest pour la surveillance de frontières et de sites critiques, l’entreprise a engagé un plan d’investissement d’1,5 million d’euros, soutenu à hauteur de 10 % par la Région Sud. "Nous avons investi dans de nouvelles machines pour renforcer et moderniser notre outil de production. Nous avons aussi créé une capacité d’essai en vol et édifié un hangar de 24 mètres de large, 36 mètres de long et 16 mètres de haut à Pourrières", détaille l’entrepreneur.

Évangéliser le ballon captif

Cet investissement est assorti de créations d’emplois : huit en direct d’ici la fin de l’année, portant à 25 l'effectif total et une vingtaine d’emplois indirects supplémentaires d’ici à 2025. "Ces nouvelles capacités, qui vont nous permettre de passer de deux à quatre ballons captifs produits par mois, accompagneront notre croissance organique, de l’ordre de 25 %. Nous prévoyons ensuite de doubler notre chiffre d’affaires d’ici 2025", confie Baptiste Regas, sans préciser toutefois le montant exact de son chiffre d’affaires, pour ne pas se dévoiler auprès de ses concurrents russes, israéliens ou américains.

Le marché de la sécurité est indéniablement porteur pour l’entrepreneur, mais cela reste tout de même une niche : "tout le monde ne pense pas forcément à un ballon captif. Tout l’enjeu, aujourd’hui, est de gagner en notoriété, de montrer aux clients toutes les potentialités offertes par ce produit. Il faut évangéliser, mais le temps nous aide et nous offre des références."

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