Région Sud

Agriculture

Mycophyto veut prendre racine dans l’agriculture avec ses champignons mycorhiziens

Par Matthias Galante, le 20 septembre 2022

La start-up deep-tech, basée à Sophia-Antipolis, est la seule représentante de la Région Sud à avoir intégré, cet été, le programme French Tech Agri20. Pour tenter de répondre aux immenses défis alimentaires et agricoles qui s’annoncent, sur fond de dérèglement climatique, elle va lever de nouveaux fonds, embaucher et pousser.

Mycophyto élève et propose des champignons qui poussent en harmonie avec les racines des plantes et leur apportent un "boost naturel".
Mycophyto élève et propose des champignons qui poussent en harmonie avec les racines des plantes et leur apportent un "boost naturel". — Photo : Mycophyto

Peut-on concilier environnement et productivité accrue en matière agricole ? Mycophyto pense tenir une solution pour réconcilier ces deux notions a priori peu compatibles. Depuis son incubation en 2016, cette start-up, "intègre les dernières connaissances des sciences de la vie et des innovations technologies" pour élever des champignons mycorhiziens qu’elle implémente dans des cultures.

Rien de magique là-dedans. Ces substances vivantes, ni animales, ni végétales, existent depuis des centaines de millions d’années. Elles ont, en fait, la capacité de pousser en synergie avec les racines des plantes pour leur apporter des éléments nutritifs supplémentaires et multiplier la surface d’échange dans le sous-sol… "C’est un boost naturel. Les végétaux vont produire plus de fleurs, de fruits et avoir une meilleure immunité. Ils vont même s’adapter au changement climatique puisque le champignon forme une sorte d’éponge en gardant l’eau", détaille Justine Lipuma, cofondatrice et présidente de la SAS Mycophyto. Miracle de la nature, 85 % des plantes terrestres sont compatibles avec ces champignons qui comptent environ 300 espèces.

Objectif : diffuser à un maximum d’agriculteurs

Concrètement, l’entreprise propose des cocktails de champignons sous forme liquide ou en poudre, avec un accompagnement et un support pour un client qui n’a donc pas besoin de produits chimiques.

L’originalité du concept consiste à tenter de remettre en selle, dans le système agricole, une recette naturelle vieille comme le monde nécessitant cependant beaucoup de recherches pointues et de savoir-faire. Actuellement, Mycophyto fournit, entre autres, les collectivités locales, des industriels transformateurs de plantes et des domaines viticoles. "Notre objectif avec l’industrialisation, c’est de pouvoir vendre directement à un maximum d’agriculteurs en 2025-206", ajoute la responsable.

Pour cela, l’entreprise, spin-off de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) et de l’Université Côte d’Azur (UCA), va devoir continuer de grandir. Son chiffre d’affaires d’un peu moins de 250 000 euros en 2021 doublera en cette fin d’année "avec l’objectif d’un million l’an prochain". Les effectifs passeront de moins de dix personnes en 2021 à 25 dans les prochaines semaines.

Entre 3,5 et 4 millions d’euros de levée en 2022

En intégrant le programme French Tech Agri20, Mycophyto bénéficiera aussi d’une visibilité accrue et d’un accompagnement sur différentes problématiques. Après avoir levé 1,4 million d’euros en 2019, elle remet ça en 2022 pour obtenir "entre 3,5 et 4 millions d’ici à l’automne" explique Justine Lipuma. Un déménagement est prévu à Grasse "afin d’avoir plus de 150 m² de laboratoire".

Cette start-up prometteuse peut compter sur des investisseurs de renom. Comme Dominique Gaillard, l’ex-président de France Invest et d’Ardian France ainsi que l’écrivain Erik Orsenna, membre de l’Académie française qui met donc son talent de plume au service de la potentielle agriculture de demain.

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