Marseille

Restauration

Multi Restauration Méditerranée : La PME passe à la vitesse supérieure

Par Alexandre Léoty, le 04 janvier 2013

Après le récent rachat de l'activité du Niçois Tehires, la société marseillaise de restauration collective Multi Restauration Méditerranée prévoit de nouveaux développements ambitieux.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

L'annonce avait fait l'effet d'une petite bombe dans le milieu patronal des Bouches-du-Rhône. Pierre Allary, qui préside la CGPME 13 depuis fin 2010, a décidé de ne pas poursuivre l'aventure syndicale, ouvrant ainsi la voie à une complexe campagne de succession. Mais loin de toute considération partisane, l'homme l'assure: sa décision n'est due qu'à une seule et unique raison, et la meilleure qui soit puisqu'il s'agit de se consacrer à 100% à son entreprise, Multi Restauration Méditerranée. « Mon mandat à la CGPME me prenait environ deux jours par semaine, rappelle-t-il. Peu à peu, je m'étais éloigné de mon entreprise. Or, au cours de ces dernières années, la société a connu une très forte croissance. Et c'est encore plus vrai depuis quelques mois, puisque nous avons repris l'été dernier les activités de restauration collective de la société niçoise Tehires. Le moment était venu pour moi de revenir pleinement aux manettes de mon entreprise et de relever de nouveaux challenges de développement... »

Mettre l'Homme au coeur

Fondée en 1989, la société Multi Restauration Méditerranée a été reprise en 2005 par Pierre Allary et son épouse, tous deux transfuges du groupe Elior. « Nous souhaitions relever un challenge différent, confie Pierre Allary. Ainsi, pendant trois ans, nous avons restructuré l'entreprise. Nous l'avons relookée, afin de lui donner une nouvelle image et une nouvelle notoriété, tout en nous appuyant sur son histoire et ses valeurs. Notre objectif était de positionner la société comme l'alternative régionale aux grands groupes de restauration collective ». Une alternative basée sur des valeurs humaines.  « Notre métier, ce n'est pas la finance, martèle Pierre Allary. C'est la restauration. Nous avons par conséquent voulu remettre les cuisiniers au centre de toutes nos actions. Nous leur laissons la possibilité de s'exprimer. Ce sont des créatifs, il faut qu'ils puissent le montrer. Et nous faisons de la cuisine avec des produits frais, de saison, et, le plus possible, avec des produits locaux. Tout le monde le dit, bien sûr, mais nous... on le fait ! ». D'autre part, la société a très vite choisi d'axer son positionnement sur la valeur de l'innocuité. « Nous évoluons sur un marché hyper-contrôlé, rappelle Pierre Allary. Nous nous devons de présenter les meilleurs résultats en terme d'hygiène alimentaire. A toutes les strates de notre entreprise, qui est certifiée Iso 9001, nous sommes concernés par le challenge de la qualité ». Enfin, l'entreprise, qui a reçu en 2008 le Trophée "coup de coeur" RSE Paca, et qui vient d'obtenir le label Empl'itude, se veut résolument respectueuse du dialogue avec ses collaborateurs.

Ecoles, entreprises, santé

Ses valeurs, Multi Restauration Méditerranée en a rapidement fait un atout commercial, au service de quatre grands types de clients, répartis sur un territoire s'étendant de Nîmes à Nice. « Environ 30% de notre chiffre d'affaires proviennent du monde scolaire, public et privé, dévoile Pierre Allary. Par ailleurs, 30% concernent l'univers de l'entreprise et 30% sont liés aux maisons de retraite et aux centres post-médicaux. Les 10% restants proviennent de contrats d'approvisionnement, sans personnel, mais cette fois-ci, en France entière ». Au total, la société marseillaise gère soixante restaurants. « Je suis un acteur régional et je veux le rester, assure Pierre Allary. Mon entreprise doit toujours rester à moins de deux heures de mes clients ». Ainsi, c'est une société niçoise, Tehires, que Multi Restauration Méditerranée a choisi cet été pour sa première opération de croissance externe. « Nous n'avons pas racheté l'entreprise - qui, depuis, n'existe plus - mais ses contrats, précise Pierre Allary. Cela représente environ 1 million d'euros de chiffre d'affaires ». Une opération que la société a pu réaliser grâce à un timing relativement heureux. « La fin du remboursement de notre LBO tombait cette année », glisse Pierre Allary.

Nouvelles opérations de croissance externe ?

La société marseillaise doit désormais apprendre à gérer sa nouvelle envergure. « Notre développement doit nous amener à prendre du recul par rapport au quotidien, estime Pierre Allary. Nous nous structurons davantage, tout en préservant nos valeurs, qui font notre force. Nous nous sommes entourés de collaborateurs intermédiaires, nous avons renforcé notre pôle de contrôle de gestion et nous recrutons un "conseiller culinaire". Notre back-office est plus costaud. Nous avons désormais l'assise d'une grosse PME ». Aujourd'hui, l'entreprise se tourne vers le Gard. Et imagine déjà d'autres opérations de croissance externe. « Je guette toutes les opportunités de rapprochement avec d'autres PME du secteur, confie Pierre Allary. Pas obligatoirement pour les racheter, mais pour mettre, pourquoi pas, notre back-office en commun ». L'objectif de la société est en effet ambitieux : peser d'ici à cinq ans jusqu'à 20 millions d'euros de chiffre d'affaires.

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