Alpes-Maritimes

Spatial

Mission ExoMars : les défis relevés à Cannes par Thales Alenia Space

Par Gaëlle Cloarec, le 18 octobre 2016

Ce mercredi 19 octobre, la conquête spatiale européenne ouvre un nouveau chapitre de son histoire avec l'arrivée de l'atterrisseur Schiaparelli sur la Planète Rouge programmée à 16h48 dans le cadre de la mission ExoMars. Une mission pour laquelle Thales Alenia Space, son maître d'œuvre, a dû relever plusieurs défis technologiques.

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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Le voyage depuis la Terre a duré sept mois. Pas moins de 496 millions de kilomètres ont ainsi été parcourus par le module d'atterrissage Schiaparelli à bord de la sonde TGO pour une arrivée programmée sur Mars ce mercredi 19 octobre à 16h48. Une première pour l'Agence Spatiale Européenne qui avec la mission ExoMars entend elle aussi contribuer à la recherche de la vie sur la Planète Rouge. Et c'est à Cannes, dans les salles blanches du leader européen des satellites Thales Alenia Space (TAS), maître d'œuvre de la mission, qu'ont été conçus, assemblés et testés la sonde et les éléments du module de descente.

Premières technologiques

Si l'entreprise franco-italienne a déjà effectué un atterrissage dans le système solaire en 2005 sur Titan, elle a dû relever nombre de défis technologiques pour remplir la mission ExoMars. Parmi eux, l'aérofreinage, technique qui consiste à frotter les couches supérieures de l'atmosphère de Mars avec les panneaux solaires de la sonde, mise en orbite ce mercredi, pour la ralentir et la placer d'ici à février 2018 à 400 kilomètres au-dessus du sol martien. « Des revêtements particuliers ont également été mis au point afin de protéger la sonde des cycles de températures extrêmes auxquelles elle sera soumise pendant sa descente », explique Frédéric Béziat, responsable de la mission ExoMars pour Thales Alenia Space.

Un atterrissage entièrement autonome

Auparavant, si tout ce passe comme prévu, l'atterrisseur Schiaparelli aura foulé le sol de Mars, sur le site de Meridiani Planum, et ce "en mode autonome" pour cause de décalage temporel. « La séquence de rentrée dans l’atmosphère, de descente et d’atterrissage est tout simplement incompatible avec une interaction depuis la Terre, car celle-ci durera un peu moins de six minutes quand il faut à nos opérateurs au minimum 10 minutes pour transmettre une commande ». Dont acte.

Cap sur 2020

Mais ExoMars ne se limite pas à cette première mission. Une seconde est programmée pour 2020. Baptisée ExoMars Rover, elle consistera cette fois à y poser un robot d'exploration qui réalisera des forages jusqu'à deux mètres de profondeur. Une première ! « Le module Schiaparelli est en quelque sorte un démonstrateur, dont les enseignements nous permettront de bâtir l'atterrisseur de 2020. » La sonde, elle, a vocation à rester en orbite jusqu'en 2022, et servira de relais de communication pour les prochaines missions.

1,5 milliard d'euros de budget

Doté d'un budget de 1,5 milliard d'euros, ExoMars implique douze pays membres de l'Agence Spatiale Européenne, et bénéficie également de la participation des agences américaine (NASA) et russe (Roscosmos). « C'est un parfait exemple de collaboration internationale », reprend Frédéric Béziat, qui réfute "tout esprit de compétition" dans ce programme. Il n'empêche  ! Avec ExoMars, TAS marque inévitablement des points sur le marché de l'Observation de la Terre et Exploration de l'univers, segment d'activité qui représente 55% de son chiffre d'affaires (2,1 milliards d'euros en 2015). L'entreprise emploie 7.500 personnes réparties dans treize pays.

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