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Interview Michel Manago (Atica) : « Nous devons rassembler nos forces technologiques et industrielles »

Entretien avec Michel Manago, président d'ATICA

Propos recueillis par Olivia Oreggia - 25 février 2020

L’industrie génère 25 % du PIB de la Côte d’Azur et soutient 98 000 emplois. Pour coller au mieux à cette filière, l’APPIM, l’Association des Partenaires pour la Promotion de l’Industrie Méditerranéenne, change de nom et devient Atica, Alliance des Techs et des Industries Côte d’Azur. Et comme l’explique son président, il ne s’agit pas d’un simple ravalement de façade.

Michel Manago a été réélu pour un nouveau mandat à la tête de l'APPIM, devenu l'ATICA, l'Alliance des Techs et Industries de la Côte d'Azur
Président fondateur de Valiance, éditeur de progiciels à Sophia Antipolis, Michel Manago a été réélu pour un nouveau mandat à la tête de l'APPIM, devenu l'Atica, l'Alliance des Techs et Industries de la Côte d'Azur. — Photo : O. Oreggia

Quel est le rôle de l’APPIM, Association des partenaires pour la promotion de l’industrie méditerranéenne ?

Michel Manago : En 1996, l’APPIM a été créée pour promouvoir les métiers et les savoir-faire de toutes les entreprises industrielles des Alpes-Maritimes. Il y avait un rapprochement sous jacent indispensable entre les gros donneurs d’ordre et le tissu de sous-traitance. Ces deux objectifs ont perduré mais nous les avons étoffés d’autres priorités que sont le rassemblement, la formation, la promotion au-delà de notre territoire, et la sensibilisation des entreprises aux dispositifs d’accompagnement de la Région, du Département ou de la CCI.

Pourquoi supprimer l’APPIM au profit d’Atica (Alliance des Techs et des Industries Côte d’Azur) ?

Ce qui était une nécessité est devenu une opportunité ! Le monde économique, la structure industrielle et les technologies sont en train de changer, il nous fallait adapter notre modèle. Nous avons ainsi ajouté le terme « Techs » à notre nom, plus moderne qu’industrie.

Une industrie dont l’image est toujours difficile à changer…

Oui, même si nous avons fait évoluer les choses. Mais en restant sur nos positions, nous n’évoluons que trop lentement. Je l’ai dit d’une façon un peu provocatrice : soit l’APPIM était capable de se réinventer soit elle ne serait plus. Il nous faut gagner en représentativité, élargir les partenariats, aller chercher les clubs d’entreprises, les branches, les associations d’entreprises, clusters, les prestataires… et aller dénicher les TPE qui ne sortent jamais le nez de leur guidon.
Si le caractère technologique de certaines entreprises n’a pas forcément une vocation industrielle, nous avons besoin d’elles. Faire entrer dans notre portefeuille des bureaux d’études qui développent de nouvelles technologies, va permettre d’alimenter les industriels. Ils vont mieux se connaître, mieux collaborer.

Un de nos adhérents, l’IMRA, est un centre de recherche avancée. Designer de concept-car, Link2Concept à Sophia Antipolis, est un centre de R & D qui fait du produit multi-unitaire, c’est-à-dire quil ne fait aucune série. C’est un savoir-faire dont beaucoup peuvent s’inspirer. Ce sont ces entreprises que nous souhaitons capter. Aux côtés notamment de Daniel Sfecci, président de l’UIMM Côte d’Azur, nous devons rassembler nos forces technologiques et industrielles.

Pourquoi semble-t-il si difficile de rassembler sur ce territoire des Alpes-Maritimes ?

Les dirigeants de TPE, qui constituent la majorité de notre tissu économique, font souvent preuve d’une grande indépendance, d’un individualisme exacerbé. Cela cache peut-être une forme de « timidité industrielle », qui les amène à penser qu’ils sont trop petits. C’est ce complexe d’infériorité que nous voulons véritablement briser.

Vous regroupez 138 adhérents, vous êtes-vous fixé un objectif ?

Nous avons gagné cinq adhérents cette année. Si nous arrivons à dépasser la barre des 200, des 300 peut-être, ce sera déjà pas mal. Après, ce n’est qu’un effet boule de neige. Le monde attire le monde. Notre premier objectif est de bien faire fonctionner Atica.

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