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Les Ateliers Perez Prado jettent les bases d'une nouvelle architecture

Par Didier Gazanhes, le 29 avril 2022

Sélectionné pour réaliser le Pavillon France de l'exposition universelle de Dubaï qui a fermé ses portes fin mars, les Ateliers Perez Prado, cabinet d'architecture marseillais né en 1992, a travaillé avec l'ambition de jeter les bases d'une architecture nouvelle, avec une forte cohérence environnementale.

Le bâtiment du Pavillon France, de 5 100 m², a été orienté de façon à créer sa propre ombre.
Le bâtiment du Pavillon France, de 5 100 m², a été orienté de façon à créer sa propre ombre. — Photo : D.Gz

Alors que l’Exposition Universelle de Dubaï s’est achevée le 31 mars, les Ateliers Perez Prado, basés à Marseille, sur la Canebière, dans le bâtiment construit en 1952 par les architectes Fernand Pouillon et René Egger sur les cendres de Nouvelles Galeries, surveillent la déconstruction du Pavillon France, conçu par ses équipes. Rien ne prédestinait pourtant l’agence d’architectes, née en 1992, à réaliser un Pavillon France pour une Exposition universelle. "En 2018, comme beaucoup, nous étions en interrogation sur le développement durable, sur la protection de la planète", rappelle Jean-Luc Pérez, qui dirige la société d’une vingtaine de salariés. "Dans l’histoire de l’architecture, il n’y a pas souvent de grandes révolutions. La révolution climatique en est une qui impacte l’ensemble de l’acte de construire. Il faut aujourd’hui que les attitudes deviennent formes", ajoute-t-il avec conviction. Ainsi, en 2018, quand tombe l’appel à candidatures pour la réalisation du Pavillon France de l’Exposition Universelle de Dubaï, les Ateliers Perez Prado candidatent. Ils sont retenus avec deux autres confrères, puis après une année de travail, sont finalement lauréats du projet avec le cabinet parisien Celnikier & Grabli Architectes et le bureau d’études OTE Ingénierie. "Nos deux principales contraintes étaient, bien sûr de rendre le bâtiment dans les délais et de pouvoir rendre le terrain comme nous l’avions trouvé à l’issue de l’Exposition". Le CNES (Centre national d’études spatiales) a finalement racheté le Pavillon qui est actuellement démonté pour trouver une seconde vie en étant reconstruit sur le campus du CNES, à Toulouse. "Pour notre premier projet de cette envergure à l’international, nous avons voulu porter les valeurs du développement durable et construire un bâtiment vertueux. Le Pavillon est ainsi à 85 % autonome en énergie grâce aux 2 500 m² de tuiles photovoltaïques colorées mises en place en partenariat avec la société Akuo Energy, et dont les leds donnent une nuance de couleurs qui évoque Les Nymphéas de Claude Monet. "Le thème de notre Pavillon étant "La lumière, Les Lumières", nous avons naturellement songé aux impressionnistes, si soucieux justement de rendre les émotions de la lumière". Le bâtiment de 5 100 m², orienté de façon à créer sa propre ombre, qui a représenté un chantier de 15 millions d’euros, a été visité par plus de 2,2 millions de personnes.

"Les gesticulations architecturales vont petit à petit avoir moins de succès"

"Nous avons posé les bases d’une architecture à cheval entre le monde d’avant et celui de demain. Les grands bâtiments qui en jettent plein la vue, qui font des gesticulations pour séduire, vont petit à petit avoir moins de succès. La sobriété de notre projet et sa cohérence environnementale ont joué en notre faveur".

Les Ateliers Perez Prado enregistrent un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros et travaillent à 75 % sur des projets publics. Historiquement, l’entreprise dispose d’un important savoir-faire auprès des centres hospitaliers qui représentent près de la moitié de son chiffre d’affaires. Elle intervient actuellement notamment sur la modernisation de la Timone. L’entreprise livre également 120 logements au 67 avenue du Prado, dans les anciens locaux d’Axa, une opération de près de 15 millions d’euros de travaux, menée avec une démarche vertueuse de recyclage des déchets. "Sur 90 tonnes de matériel retiré de l’immeuble, 50 tonnes ont pu être revendues".

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