Toulon

Maritime

Le port de Toulon passe à l’offensive commerciale

Par Nathalie Bureau du Colombier, le 02 décembre 2022

Dans le cadre de sa nouvelle feuille de route stratégique visant à développer des trafics maritimes sur le terminal fret de Brégaillon, à Toulon, la CCI du Var présentait fin novembre son offre multimodale à 70 chargeurs logisticiens et prescripteurs. La nouvelle gouvernance consulaire et la métropole varoise ont annoncé être prêtes à s’engager financièrement pour accompagner l’installation de potentiels clients.

Brégaillon
Brégaillon — Photo : NBC

Pas de train à l’horizon depuis la rénovation, en 2019, des 400 mètres de voies ferrées bord à quai de Brégaillon connectées, via la gare de La Seyne, à la ligne Marseille-Vintimille. L’investissement de 10 millions d’euros réalisé par la CCI du Var et les collectivités locales, qui était destiné à accompagner la montée en puissance des flux de remorques arrivant par la mer, pourrait bien aujourd’hui trouver des débouchés notamment dans la filière automobile.

Ce rappel fait fin novembre lors de la présentation du port et de son offre multimodale à 70 chargeurs logisticiens, élus et prescripteurs par la CCI, a permis de redire combien, depuis ces deux dernières années, le secteur de l’automobile s’est ancré sur le terminal de Brégaillon, du port de Toulon, avec deux lignes régulières, non seulement de l’import depuis Constantza, mais également de l’export sur l’Algérie. "Nous traitons les véhicules Renault fabriqués en Roumanie et en Espagne. Les flux sont réguliers à raison d’une escale d’un car-carrier tous les dix jours et nous exportons des véhicules neufs sur Alger", explique Maxime Hamer, directeur qualité de Terminal Automobile Service (TAS), le manutentionnaire et affréteur de navires occupant 12 des 30 hectares pour le stationnement des véhicules.

Aller plus loin

Afin de soutenir l’arrivée de nouvelles filières, Alexis Villemin, directeur général adjoint de la direction mobilité et des ports de Toulon Provence Méditerranée, souhaite engager des investissements complémentaires à ceux déjà réalisés dans le ferroviaire, notamment dans l’arrivée du courant de quai et dans la sécurisation des accès aux terminaux. Des investissements de près de 20 millions d’euros, menés par la CCI du Var, la Région et des collectivités locales. Afin de soutenir de nouvelles filières, la direction du port de Toulon est prête à aller encore plus loin.

"Ce terminal ouvre un accès aux marchés euro-méditerranéens et à l’axe Nord-Sud. Toulon est complémentaire au Grand port maritime de Marseille (GPMM), avec la capacité de proposer du sur-mesure avec une offre modulable. Nous possédons deux lignes maritimes et nous allons doubler la part des trafics de vracs", commente de son côté le nouveau président de la CCI du Var Basil Gertis.

Premier port scientifique

Christine Rosso, directrice des ports de la rade, a présenté sa feuille de route avec une stratégie commerciale reposant sur une présence renforcée dans les salons professionnels et des rendez-vous d’affaires. "Toulon se positionne comme l’alternative fiable, nous allons renforcer la cybersécurité. Depuis octobre 2022, nous assurons le tracking des poids lourds à l’entrée des terminaux de Brégaillon et de TCA", détaille la directrice des cinq ports de plaisance et des trois terminaux de commerce. "En 2023, nous allons déployer pour la première fois en France la démarche "ports propres" au port de commerce de Toulon, après l’avoir appliquée avec succès à la plaisance", précise-t-elle, tout en attendant les résultats du renouvellement des concessions de la plaisance.

Le site industrialo-portuaire est adossé également à une zone industrielle et technologique comme l’a souligné la maire de la Seyne-Sur-mer, Nathalie Bicais : "Nous sommes le premier port scientifique d’Europe avec la présence de Naval Groupe, de la CNIM, d’Océanide, de l’Ifremer, d’Endel, de Navibord, d’Orange Marine, de First et du CNRS qui va débuter en 2023 la construction de son futur campus scientifique dédié à la recherche". Le Mediterranean Eurocentre for Underwater Sciences and Technologies (MEUST) regroupera l’Institut méditerranéen d’océanographie, le Centre physique des particules de Marseille et la division technique de l’Institut national des scientifiques du CNRS.

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