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Cosmétique

Le groupe L'Occitane dévoile sa stratégie en faveur de la biodiversité

Par Hélène Lascols, le 07 septembre 2021

Présent au Congrès mondial de la nature de l’Union internationale de la conservation de la nature 2021 à Marseille, le groupe de cosmétiques L’Occitane, né dans les Alpes-de-Haute-Provence, a dévoilé les grandes lignes de sa stratégie en faveur de la biodiversité.

Jean-Charles Lhommet, directeur du département biodiversité et ingrédients durables, Raphaëlle Archambeaud-Sicot, directrice du développement durable, Denis Geffroy, directeur des affaires publiques et Adrien Geiger, directeur du développement durable du groupe L’Occitane.
Jean-Charles Lhommet, directeur du département biodiversité et ingrédients durables, Raphaëlle Archambeaud-Sicot, directrice du développement durable, Denis Geffroy, directeur des affaires publiques et Adrien Geiger, directeur du développement durable du groupe L’Occitane. — Photo : Hélène Lascols

Le groupe L’Occitane (9 000 salariés, 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires 2021), fabricant de produits cosmétiques à travers six marques, dont sa marque historique L’Occitane en Provence, fondée en 1976 et implantée à Manosque dans les Alpes-de-Haute-Provence, a profité du Congrès mondial de la nature 2021 de l'Union internationale de la conservation de la nature, organisé à Marseille du 3 au 11 septembre, pour dévoiler sa nouvelle stratégie en faveur de la préservation de la biodiversité.

L’ambition du groupe, qui a son siège opérationnel en Suisse, est de "passer de la conception à la régénération de la nature", résume Adrien Geiger, responsable du développement durable du groupe et directeur international de L’Occitane en Provence. Partant du constat que la lutte contre la perte de biodiversité est à un tournant, le groupe, qui veut devenir leader des cosmétiques naturels, appelle à passer à l’échelle supérieure et à se donner les moyens d’agir afin d’évoluer vers un monde "nature positif".

Renforcer un engagement de longue date

La préservation de la nature n’est pas un enjeu nouveau pour le groupe puisque la création d’un département dédié à la biodiversité remonte à 2008 et "les premières écorecharges ont été proposées à nos clients en 2009", rappelle Yves Blouin, directeur général du groupe. Dès 1977, le fondateur de L’Occitane en Provence, Olivier Bossan, et ses équipes réalisent les premières récoltes de plantes cultivées de manière durable. En 1980, il rencontre des producteurs de beurre de karité au Burkina Faso et, en 2004, un programme de plantation d’immortelle biologique à grande échelle est lancé en partenariat avec des agriculteurs corses.

Dès lors, cette nouvelle feuille de route vise à "renforcer le sens d’un engagement de longue date" à travers quatre domaines d’intervention : éviter, réduire, restaurer et régénérer et transformer. Toutes ces actions sont l’héritage d’un diagnostic réalisé en 2016, qui avait alors montré que l’essentiel de l’impact sur la biodiversité de L’Occitane est lié à ses approvisionnements en matières premières et à ses emballages.

Le groupe aux 3 000 boutiques, dont 1 500 en propre, présentes dans 90 pays,  compte près de 9 000 salariés, qui seront tous des ambassadeurs de cette politique en faveur de la biodiversité, assortie d’objectifs chiffrés. Parmi ces objectifs, le groupe a notamment pris l’engagement que toutes ses matières premières végétales proviennent de cultures engagées dans des démarches positives pour la biodiversité à l’horizon 2025.

Alors que les sites de production en France (Lagorce en Ardèche et Manosque) ont atteint leur objectif "zéro déchet" en 2018, L’Occitane souhaite par ailleurs engager une transformation globale de son outil industriel en mettant en place un projet d’usine "sèche" (site de production où l'eau consommée est entièrement dédiée à la composition des produits ou à la consommation humaine, NDLR). Sur le front du plastique, la marque L’Occitane en Provence, qui représente près de 80 % des ventes nettes du groupe, prévoit de réduire d’un tiers son utilisation de plastique vierge et de 10 % son volume total de plastique utilisé pour ses emballages d’ici à 2025.

Accompagner la transformation de l’agriculture

L’un des points forts de cette stratégie en faveur de la biodiversité tient surtout aux partenariats noués avec les agriculteurs. "Aujourd’hui, les nouveaux enjeux de l’agriculture et les changements induits représentent un coût. Mais ce tournant vers l’agroécologie n’est pas forcément coûteux sur le long terme et nous avons la conviction que l’agriculture ne peut porter toute seule ce changement. L’enjeu est très fort et nous devons tous nous y mettre", indique Adrien Geiger. Le groupe collabore ainsi avec 250 agriculteurs et 17 000 cueilleurs pour promouvoir une agriculture biologique et 98 % des volumes de matières premières clés sont certifiés biologiques. Le groupe est aussi membre de France Amande, dont l’objectif est de replanter 2 000 hectares d’amandiers en France. À l’horizon 2025, l’ambition affichée est que l’ensemble des principales matières premières soient cultivées dans le respect des principes de l’agriculture durable, sur la base de certifications agroécologiques, biologiques, équitables et durables.

À travers ces différents engagements, associés à des objectifs climatiques et de développement humain, le groupe L’Occitane espère atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2030. Il démontre aussi sa volonté d’aller de l’avant, alors que la crise sanitaire du Covid-19, qui ne l’a pas épargné, n’est pas encore terminée et fait encore planer un certain nombre d’incertitudes. "En début d’année 2020, du jour au lendemain, plus de 50 % de notre réseau de boutiques (qui pèse alors pour 75 % de notre chiffre d’affaires) s’est retrouvé fermé pendant plusieurs mois. Sans horizon dégagé, il était difficile de se projeter", se souvient Yves Blouin. Un plan social est alors engagé pour passer la vague (300 suppressions d’emplois) et, en fin d’année 2020, grâce à la reprise économique des pays asiatiques, le groupe présente des "résultats financiers solides" tout en conservant des "ambitions fortes pour 2022". Soutenu par la vente en ligne (+69,2 %), le chiffre d’affaires 2021 (clôture des comptes au 31 mars 2021, NDLR) est ainsi en repli de 6,5 % à plus de 1,5 milliard d’euros.

Jean-Charles Lhommet, directeur du département biodiversité et ingrédients durables, Raphaëlle Archambeaud-Sicot, directrice du développement durable, Denis Geffroy, directeur des affaires publiques et Adrien Geiger, directeur du développement durable du groupe L’Occitane.
Jean-Charles Lhommet, directeur du département biodiversité et ingrédients durables, Raphaëlle Archambeaud-Sicot, directrice du développement durable, Denis Geffroy, directeur des affaires publiques et Adrien Geiger, directeur du développement durable du groupe L’Occitane. — Photo : Hélène Lascols

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