Marseille

Chimie

Le Fer à Cheval poursuit sa stratégie de marque en misant sur le savon 100 % huile d'olive

Par Didier Gazanhes, le 10 décembre 2021

La marque Fer à cheval vient de sortir un savon de Marseille entièrement fabriqué à base d’huile d’olive. Une innovation qui met l’accent sur la tradition et qui conforte la volonté de la NCDSM (Nouvelle compagnie des détergents et du savon de Marseille) de mettre l’accent sur sa marque.

La cuisson à chaud, dite technique du savon au chaudron, reste fidèle à la tradition, incarnée par l’Edit de Colbert de 1688.
La cuisson à chaud, dite technique du savon au chaudron, reste fidèle à la tradition, incarnée par l’Edit de Colbert de 1688. — Photo : D.R.

Innover pour être davantage conforme à la tradition. La société marseillaise NCDSM (Nouvelle compagnie des détergents et du savon de Marseille), la plus ancienne savonnerie de Marseille encore en activité, qui fabrique notamment sous la marque Fer à Cheval, vient d’annoncer avoir sorti "le seul savon de Marseille entièrement réalisé à base d’huile d’olive, selon la méthode ancestrale à chaud, dite au chaudron". L’Édit de Colbert de 1688 est en effet clair : le savon de Marseille doit être fabriqué avec de l’huile d’olive. Mais, depuis Jean-Baptiste Colbert et Louis XIV, les savonniers, même les plus ancrés dans le respect de la tradition, ont incorporé d’autres huiles à leur savon : huile de palme, de coco et de coprah. Si la première a été récemment abandonnée par la plupart des fabricants, l’huile de noix de coco, elle, demeure. "Ces huiles additionnelles viennent de loin. En termes de RSE (Responsabilité sociétale des entreprises), c’est une hérésie", commente Raphaël Seghin, qui dirige NCDSM depuis son rachat en 2013. "Nous avons fait des tests sur la formulation, sur le séchage et nous sommes parvenus à une solution qui nous permet de n’utiliser que de l’huile d’olive. C’est un retour aux sources…", ajoute-t-il. Ainsi, sur la trentaine de références du Fer à cheval, qui incluaient huile d’olive et huile de coco, la savonnerie propose désormais des savons constitués à 100 % d’huile d’olive. "Depuis cinq ou six ans, les consommateurs sont très au courant de l’histoire et des déboires du savon de Marseille. Nous avons des clients très militants. Ce sont eux qui nous font des remarques, nous parlent d’empreinte carbone, d’impact sur l’environnement… Avec notre savon à l’huile d’olive, nous sommes aujourd’hui totalement cohérents par rapport à notre démarche".

Plus de 50 % du chiffre d’affaires réalisé par la marque Fer à cheval

Depuis le rachat de NCDSM en 2013, Raphaël Seghin, conscient que l’entreprise était trop dépendante du travail à façon, a misé sur le développement de la marque Fer à cheval. Tant et si bien que la savonnerie, qui réalisait encore, en 2016, 50 % de son chiffre d’affaires avec la fabrication de lessives et de détergents, a finalement scindé ces deux activités en 2019, en deux sociétés distinctes. D’une part NCDSM (43 salariés ; CA : 7,8 millions d’euros) qui fabrique les savons (la marque Fer à Cheval et du travail à façon) et Innoclean (13 salariés ; CA : 4,2 millions d’euros) qui s’occupe de la partie détergent. "La marque Fer à Cheval génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros, une véritable performance pour l’entreprise, sans compter que nous ouvrons régulièrement de nouveaux points de vente". Au total, l’entreprise dispose actuellement de 800 points de vente en France : boutiques spécialisées, épicerie fine, grands magasins… "Nous visons de réaliser 75 % du chiffre d’affaires sur notre propre marque d’ici à 2023.

Malgré la crise sanitaire, 2020 a été une bonne année. Nous avons pu répondre à une demande en hausse de production de savons pour la grande distribution et cela a largement compensé la fermeture des boutiques pendant les périodes de confinement. La vente sur internet a également connu une forte croissance", commente le dirigeant, qui désormais songe à développer le Fer à cheval sur les marchés étrangers. Actuellement, 20 % du chiffre d’affaires est réalisé à l’export, vers l’Europe, les États-Unis, le Canada mais également l’Asie (Corée, Chine, Taïwan, Singapour, Vietnam, Malaisie).

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