Grasse

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L'absolue Pays de Grasse, nouvelle indication géographique homologuée

Par Olivia Oreggia, le 12 novembre 2020

Après l’inscription par l’Unesco, des parfums du pays de Grasse au patrimoine de l’humanité, c’est un nouveau label de poids pour les parfumeurs grassois. L’INPI, l’Institut national de la propriété industrielle, vient d'homologuer une nouvelle indication géographique : « l’absolue Pays de Grasse », signe officiel de qualité et d’origine.

Déchargement de matière végétale épuisée, après extraction de l'absolue.
Déchargement de matière végétale épuisée, après extraction de l'absolue. — Photo : Firmenich

Après la tapisserie d’Aubusson, le Granit de Bretagne ou la porcelaine de Limoges, "l’absolue pays de Grasse" est à son tour officiellement couronnée par l’INPI. Il s’agit de la dixième indication géographique depuis l’entrée en vigueur du dispositif en 2015, et la première en région Sud. Sept entreprises sont concernées (Firmenich, Jean Gazignaire SAS, IFF-LMR, Mane, Payan Bertrand SA, Robertet et Sotraflor) qui représentent 90 % des transformateurs de plantes à parfum de la zone géographique concernée.
« La labélisation de l’Unesco est culturelle, celle de l’INPI est commerciale », précise Armelle Janody, présidente de l’association Fleurs d’Exceptions qui regroupe 32 membres, représentant une vingtaine d’exploitations, et qui porte ce projet aux côtés des industriels. « C’est un jalon de plus dans la valorisation locale. Nous espérons que ce sera une vraie valeur ajoutée sur les salons professionnels mondiaux et que cela aura pour effet d’accroître la demande en absolue et ainsi, les surfaces à planter. »

"Nous sommes hors concurrence"

Pour confectionner des fragrances, les transformateurs de plantes extraient un concentré appelé « absolue », obtenu grâce à l’extraction par solvants volatils, notamment l’hexane. Ce procédé permet le traitement de quantité importante de plantes, tout en préservant la qualité des fleurs. Il a été inventé à Grasse, au tournant du XIXe siècle, faisant de ce territoire, le berceau mondial du parfum. « Si par la suite, les parfumeurs grassois ont été fragilisés, c’est parce qu’on nous a mis en concurrence avec l’étranger. Or, avec notre foncier et le prix de la main-d’œuvre, nous sommes bloqués. L’idée est de bien identifier notre place. Nous sommes un marché de niche, notre place est celle de l’excellence. Nous sommes hors concurrence. »

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