Alpes-Maritimes

Artisanat

La Verrerie de Biot place son salut dans le e-commerce

Par Olivia Oreggia, le 09 novembre 2020

Avec 580 000 visiteurs, la Verrerie de Biot était en 2019 l’entreprise la plus visitée de France. Le deuxième confinement l’a contrainte à fermer ses portes et mettre sa quinzaine de salariés au chômage. Pour espérer une reprise d’activité, l’entreprise se concentre sur le développement de son site internet.

Atelier de fabrication de la Verrerie de Biot
La Verrerie de Biot (15 salariés, CA 2019 : 3 M€) est aujourd'hui fermée pour cause de reconfinement. — Photo : Olivia Oreggia / Le JDE

À combien estime-t-elle les pertes cumulées en 2020 pour la Verrerie de Biot ? Anne Lechaczynski ne veut plus faire le calcul. « Pendant le premier confinement, nous avons perdu 93 % de notre chiffre d’affaires qui s’élevait à 3 millions d’euros en 2019, précise la dirigeante de la verrerie de 15 salariés située à Biot (Alpes-Maritimes). Le jeudi de l’Ascension, nous avons travaillé dix fois moins que l’an dernier ! C’est impossible de regarder ces chiffres tous les jours. »

Impossible aussi d’imaginer un reconfinement, surtout après une saison estivale positive, avec forcément moins de touristes mais des dépenses moyennes plus élevées. « Je pensais à un couvre-feu plus rigoureux, le soir, peut-être aussi le week-end, mais je n’ai jamais cru à une nouvelle fermeture administrative de mon entreprise », témoigne-t-elle.

Le e-commerce, un passage obligé

Alors comme tant d’autres PME aujourd’hui, la Verrerie de Biot doit, selon le terme désormais consacré, se « réinventer ». Mais comment faire sans les touristes, dont son activité dépendant à 80 % ? Pour l’entreprise d’artisanat d’art qui a accueilli 580 000 visiteurs en 2019 (selon l'association Entreprise et Découverte), labellisée "Entreprise du Patrimoine Vivant", la suite doit s’écrire sur internet. Créer un site marchand digne de ce nom était un projet à moyen terme, il est devenu une urgence et devrait être opérationnel dans les semaines à venir. « C’est un véritable investissement pour nous », souligne Anne Lechaczynski.

« Nous prévoyions déjà de refaire notre site actuel en 2016 mais nous n’avions pas pu faire à cause des inondations (qui ont touché les Alpes-Maritimes en 2015 et ravagé la Verrerie, NDLR). Actuellement, le commerce en ligne ne représente que 5 % de notre chiffre d’affaires. C’est un passage obligé, un autre moyen de commercialisation. Ce n’est pas notre métier mais ça le deviendra », se résout-elle. Pour ses clients locaux, la Verrerie de Biot a déjà mis en place un service de retrait en magasin.

En attente du PGE spécial tourisme

Depuis le début de la crise, la Verrerie de Biot a vécu sur sa trésorerie, sans solliciter de prêt garanti par l'Etat (PGE). Elle attendait de pouvoir bénéficier d’un « PGE saison », dédié aux professionnels du secteur touristique et plus intéressant que sa version généraliste. Alors que le prêt garanti par l’État est plafonné à 25 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, le plafond du « PGE saison » peut aller jusqu’à 80 % pour une entreprise très saisonnière. Mais intégrée tardivement au Plan Tourisme en tant que « métier d’art », la Verrerie de Biot ne parvient toujours pas à en bénéficier en l'absence de publications des décrets d'application.

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