Marseille

Vin

La marque We Wine vinifie sur le Vieux-Port de Marseille

Par Didier Gazanhes, le 19 mai 2022

L'entreprise marseillaise The French Urban Winery sort les premières cuvées de sa marque We Wine, issues des vendanges 2021. Des vins désormais vinifiés dans un chai sur le Vieux-Port de Marseille. Laurent Boillot, qui dirige l’entreprise, veut aller plus loin et souhaite planter du raisin dans la Cité phocéenne.

Laurent Boillot (notre photo) et Michel Assadourian sont les deux associés fondateurs de la société The French Urban Winery et de la marque We Wine.
Laurent Boillot (notre photo) et Michel Assadourian sont les deux associés fondateurs de la société The French Urban Winery et de la marque We Wine. — Photo : D.R.

Créer le tout premier vin marseillais. L’objectif un peu fou de Lionel Boillot, lancé en 2019 avec la création de la société The French Urban Winery et la marque We Wine (à l’origine dédiée à l’exportation de vins bio en Asie), est en passe de devenir réalité. Dans un local d’une 50 m2, situé Quai de Rive-Neuve, sur le Vieux-Port de Marseille, à quelques pas du théâtre de La Criée, des cuves en inox et des jarres en grès ont ainsi accueilli les dernières vendanges de septembre 2021 (3 tonnes de raisin) pour une série de vins bio de mars : "La Baie des Singes" (3 000 bouteilles) et "On Grain Dégun" (60 000 bouteilles).

En 2021, l’entreprise n’a réalisé que 125 000 euros de chiffre d’affaires mais, pour 2022, le dirigeant mise d’ores et déjà sur 600 000 euros. Les bouteilles sont distribuées via le réseau des cavistes et au sein des hôtels et restaurants, soit au total près de 90 points de vente. Courant mai, va être lancée une nouvelle cuvée, baptisée Sainte Cigale et destinée quant à elle aux magasins bio. "Sainte-Cigale va notamment permettre d’élargir notre couverture géographique - pour l’instant principalement limitée aux Bouches-du-Rhône, au Gard, au Var et au Vaucluse - à l’Occitanie et à l’export", précise Lionel Boillot.

Du vin bio de la Drôme et du Vaucluse

Après avoir passé vingt ans en Chine, Lionel Boillot, diplômé de l’école de commerce aixoise Imade, a choisi de revenir en Provence et s’est installé, en 2017, à Villeneuve-les-Avignon. "En Chine, j’importais du vin à Shanghai. Avec l’arrivée du président Xi Jinping la donne a changé et le marché est devenu compliqué. Je me suis alors concentré sur l’importation de vins issus de l’agriculture biologique afin de maintenir nos marges", rappelle le dirigeant, qui est alors le premier importateur de vins bio en Chine. Après avoir quitté la Chine, Lionel Boillot décide alors avec un ancien camarade de l’Imade, Michel Assadourian, fondateur de la marque de téléphone mobile Wiko, d’acquérir un domaine, mais la pandémie frappe. "Nous ne pouvions plus rien visiter et, finalement, plutôt que de racheter une exploitation, nous avons décidé d’acheter à différents vignerons, du Vaucluse et de la Drôme, ce qu’ils avaient en cuve avec l’ambition de créer un vin marseillais bio, avec un bon rapport qualité/prix."

Des cépages adaptés à la région

Mais le dirigeant ne veut pas en rester là. Maintenant que We Wine réalise le premier vin vinifié dans un chai installé à Marseille, Lionel Boillot souhaite disposer de raisins marseillais. "Nous sommes en négociation avec un agriculteur sur les hauteurs d’Allauch où nous pourrions avoir entre 1 et 3 hectares de vignes en fermage. Nous attendons les autorisations pour pouvoir planter…" Le dirigeant envisage de planter des cépages originaux, comme le Roussin, adaptés à des climats plus chauds. "Pourquoi ne pas concevoir un vin adapté au réchauffement climatique ?", s’interroge Laurent Boillot.

Le dirigeant est en discussions avec la mairie de Marseille et la Métropole Aix-Marseille-Provence dans le cadre du plan Agricole, qui prévoit de mettre ou remettre en culture plus 40 hectares de terres sur le territoire de Marseille. "Nous pourrions disposer de 5 à 10 hectares de vignes, dont une partie serait destinée à produire du raisin et le reste, du vin". Seul handicap : pour pouvoir produire du vin bio, quatre années doivent s’écouler avant de pouvoir commercialiser une récolte. "Mais la volonté est là. D’ici cinq à six ans, nous pourrons effectivement proposer un vin 100 % marseillais", conclut le dirigeant.

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