Bouches-du-Rhône

Agroalimentaire

La croissance de Cepasco épicée par les confinements

Par Didier Gazanhes, le 26 avril 2022

Le distributeur d’épices Cepasco, basé à Gémenos dans les Bouches-du-Rhône, poursuit sa croissance grâce à la crise sanitaire. La PME vient de lancer un kit en collaboration avec l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille afin d’aider à guérir les pertes d’odorat causés par les Covid longs.

Chaque année, Cepasco transforme 2 500 tonnes de produits bruts, provenant en direct d'industriels ou de coopératives, en épices. 
Chaque année, Cepasco transforme 2 500 tonnes de produits bruts, provenant en direct d'industriels ou de coopératives, en épices.  — Photo : Robert Poulain

Quand on entre dans les bâtiments de la PME Cepasco s'étirant sur plus de 9 000 m², les senteurs attirent l'attention. Les odeurs de curry, de cumin, de cannelle et de badiane embaument l'usine en permanence. Ce sont les épices qui ont porté la croissance de l’entreprise, depuis son origine en 1876, en Algérie, et le fameux Spigol (mélange d’épices spécifiques) inventé par son fondateur, Antoine Espig, d’origine espagnole.

Dopée par les différents confinements, la PME (80 salariés, 23 millions d’euros de chiffre d'affaires), installée depuis 1992 à Gémenos (Bouches-du-Rhône), se positionne sur un marché naturellement en croissance de 1 à 2 % par an. "Durant la crise sanitaire, nous avons enregistré une croissance de 8 %. Le confinement a, en quelque sorte, démystifié les épices pour beaucoup de consommateurs qui, jusque-là, hésitaient à s’en servir", confie Bertrand Cossé, ancien cadre de Danone, qui, depuis 2017, dirige l’entreprise. Cepasco est principalement positionnée sur un créneau particulier, celui du commerce dit ethnique. "Sur ce marché qui représente 45 % de nos ventes et dans lequel nous détenons près de 47 % de parts, nous nous adressons à des spécialistes, des experts des épices. Les consommateurs cherchent la qualité, la couleur. C’est un marché très exigeant."

Un kit pour rééduquer l’odorat

Afin de maintenir sa croissance, l'entreprise innove en permanence et propose chaque année une dizaine de nouveaux produits, qui viennent s'ajouter à ses 1 500 références. "Nous devons rester dans la tradition, mais également proposer des produits qui répondent aux nouvelles attentes des consommateurs", plaide le dirigeant. Parmi ses dernières innovations : un kit de rééducation de l'odorat destiné aux patients du Covid. "Plusieurs salariés de l'entreprise ont perdu l'odorat suite à un Covid et ont engagé des démarches auprès des professionnels de santé pour démarrer leur rééducation", décrit Bertrand Cossé. Un peu par hasard, au détour de conversations liées à cette pathologie, une collaboration est née entre Cepasco, l'Assistance publique – Hôpitaux de Marseille et l'orthophoniste Emmanuelle Albert. "Notre kit, constitué d'épices, propose des exercices d'entraînement pensés pour favoriser la stimulation de l'odorat. Quand les malades du Covid retrouvent goût et odeur, souvent tout est un peu déformé. Nous n'accélérons pas la rééducation, mais nous l'accompagnons". Depuis le 15 mars 2022, le kit, dont une partie des recettes va être reversée à Phocéo, le fonds de dotation des hôpitaux universitaires de Marseille, est en vente sur Amazon. "Dans un premier temps, nous visons principalement les orthophonistes qui accompagnent la rééducation de leurs patients", confie le dirigeant.

2 500 tonnes de produits bruts transformés

Chaque année, Cepasco transforme 2 500 tonnes de produits bruts, provenant en direct d'industriels ou de coopératives. La grande distribution et la restauration hors foyer représentent environ 25 % du chiffre d'affaires. Le reste est réalisé par l'export et quelques marques de distributeurs, dont Reflets de France (Carrefour).

Le site de Cepasco à Gémenos constitue également le siège social du groupe Spigol (son capital est détenu par deux fonds d'investissement, dont le fonds suisse Evoco, NDLR), qui comprend par ailleurs deux autres entreprises : Dulfrance (15 salariés, 4 millions d'euros de chiffre d'affaires), basée près de Lille et qui produit des soupes sous marques de distributeur, et, plus récemment, la société belge Flavori (3 salariés), spécialisée dans les aromates.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition