Alpes-Maritimes

Cosmétique

La Compagnie du Midi mise sur le Royaume-Uni pour tirer sa croissance

Par Didier Gazanhes, le 11 janvier 2021

La Compagnie du Midi, basée dans les Alpes-Maritimes et à Marseille, a développé en 2020 son courant d’affaires avec l’Angleterre. Le Brexit ne devrait toutefois pas freiner la stratégie de l’entreprise.

Pierre Buillas, directeur export de la Compagnie du Midi.
Pierre Buillas, directeur export de la Compagnie du Midi. — Photo : Compagnie du Midi

Basée à Carros (Alpes-Maritimes) et à Marseille, la Compagnie du Midi, spécialisée dans les produits d’hygiène, de cosmétique et d’entretien, réalise près de 20 % de ses 14 millions d’euros de chiffre d’affaires sur les marchés étrangers. « Nous vendons bien sûr à l’export non seulement le savon de Marseille de la Savonnerie du Midi (La Corvette et Maître savon de Marseille), mais également des produits d’entretien, comme le savon noir », confie Pierre Buillas, directeur export de la Compagnie du Midi, rachetée en 2013 par le groupe familial francilien Prodef.

Les Anglais friands de savons de Marseille

Une reprise qui a permis à l’entreprise de renouer avec la croissance et notamment de se développer à l’international. La Compagnie du Midi compte aujourd’hui 60 salariés, dont 40 basés à Marseille et 20 à Carros, où est notamment produite la Nénette, un accessoire culte de 70 ans d’âge, né à Lyon et destiné au nettoyage des carrosseries.

« À l’export, nous sommes notamment positionnés en Asie, en Amérique du Nord et dans certains pays de l’Union Européenne, comme la Belgique, la Suisse ou l’Espagne. Le Royaume Uni a toujours été un marché compliqué pour nous mais, en 2020, nous avons vu nos ventes s’y développer, notamment sous l’effet de la crise sanitaire liée au coronavirus », confie le directeur export. Les savons de Marseille produits par la Savonnerie du Midi ont ainsi notamment eu le vent en poupe l'an dernier et ont permis à la PME de réaliser près de 50 000 euros de chiffre d’affaires sur le seul Royaume-Uni, via deux marchés distincts : le réseau des magasins bio pour les savons et le réseau des concessionnaires automobile pour la lustreuse Nénette. « Nous avons eu de la chance car nous sommes positionnés sur ces deux marchés dont les magasins sont restés ouverts durant le confinement », ajoute-t-il.

"L’absence d’accord aurait été bien plus dommageable"

En 2020, la Compagnie du Midi a également simplifié son entrée au Royaume-Uni en s’associant avec un importateur-distributeur. « Cela faisait plusieurs années que nous cherchions un partenaire dans ce pays. Nous n’avons désormais qu’un seul point d’entrée et notre distributeur se charge ensuite de commercialiser nos produits. Dans la situation actuelle du Brexit, cela rend les échanges encore plus simples. Dans tous les cas, le Brexit ne va pas changer beaucoup de choses, même si certains détails sont encore incertains. Une absence d’accord aurait été bien plus dommageable », poursuit Pierre Buillas.

La taxe à l’importation appliquée sur les produits vendus par la Compagnie du Midi n’est que de 5 %. En revanche, le travail administratif est accru. « Il y a beaucoup de paperasse en plus. Mais nous travaillons avec des transitaires qui ont l’habitude. Au fond, les échanges avec l’Angleterre vont être très similaires de ceux avec la Suisse. » Le Brexit ne freine ainsi pas les objectifs de développement de l’entreprise sur le marché anglais. « Nous envisageons toujours de doubler notre chiffre d’affaires sur ce marché. Ce n’est pas tant le Brexit qui nous inquiète que la crise sanitaire et économique sous-jacente qui risque de suivre», conclut Pierre Buillas.

Pierre Buillas, directeur export de la Compagnie du Midi.
Pierre Buillas, directeur export de la Compagnie du Midi. — Photo : Compagnie du Midi

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