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Tourisme

Interview Jérôme Pasquet : « Les objectifs des Villages Clubs du Soleil ne sont pas purement financiers »

Entretien avec Jérôme Pasquet, président du directoire et directeur général des Villages Clubs du Soleil

Propos recueillis par Nathalie Bureau du Colombier - 11 avril 2019

En juin 2018, Jérôme Pasquet, 43 ans, succédait à Alex Nicola à la présidence du directoire des Villages Clubs du Soleil (650 salariés) et prenait également, en février dernier, la direction générale de l’entreprise marseillaise spécialisée dans les séjours tout compris. Réputé pour être direct, souvent pressé et apprécié pour son sens analytique, il lève un coin de voile sur son parcours professionnel et livre sa feuille de route pour les deux prochaines années.

Jérôme Pasquet, président du Directoire des Villages Clubs du Soleil.
Jérôme Pasquet, président du directoire des Villages Clubs du Soleil. — Photo : NBC

Le Journal des Entreprises : Quel a été votre parcours professionnel ?

Jérôme Pasquet : Diplômé de l’ESC à Chambéry, j’ai rejoint l’univers des télécoms en 1999, monde dans lequel j’ai évolué durant une dizaine d’années. J’ai commencé ma carrière chez Matra, puis j’ai été recruté comme contrôleur de gestion chez Completel, à Marseille, ma ville natale. J’avais la possibilité d’intégrer Numéricable, à Paris, ou de trouver un groupe marseillais avec des projets de développement. C’était le cas des Villages Clubs du Soleil, que j’ai rejoints en 2008, comme contrôleur de gestion. Puis je suis devenu directeur financier et directeur du Pôle Ressources.

À la différence d’une entreprise cotée en Bourse, les objectifs de Villages Clubs du Soleil, qui appartient à une association, ne sont pas purement financiers mais qualitatifs. Nous formons les jeunes employés, nous leur apprenons le métier. Il s’agit de donner du sens à l’entreprise. Nous commençons à développer le télétravail et proposons une garderie, dans nos clubs, aux enfants de nos employés. À la différence des télécoms, c’est quand même sympa de voir des gens heureux et en vacances !

Vous succédez à Alex Nicola, patron historique de l’entreprise. Quelle est votre feuille de route ?

J.P. : Nous sommes sur une transmission que nous avions préparée, et non une rupture. Malgré ses 60 ans, Villages Clubs du Soleil restent à l’état de projet. Ma feuille de route pour les deux prochaines années est claire. Après avoir investi 45 M€ ces cinq dernières années, dont 13 M€ en 2017 dans le Village de Marseille, qui abrite notre siège social, nous entendons renforcer notre exploitation. Il s’agit de coller aux attentes des clients, en termes de confort et de services, de poursuivre notre déploiement à la montagne, sur le littoral et dans des villes.

Nous comptons aujourd’hui 18 clubs et accueillons annuellement près de 120 000 vacanciers. Ces deux prochaines années, nous allons partir à la conquête de la clientèle étrangère, 85 % de nos clients étant français. En novembre dernier, nous avons réorganisé le marketing et la vente, en créant trois directions distinctes pour aller vers plus de digital - et passer de 10 à 25 % de nos ventes pas ce canal - et nous tourner davantage vers le grand public. Nous allons déployer, en septembre prochain, un outil CRM pour mieux cibler nos clients, lancer un « pricing » dynamique et un nouveau positionnement de marque.

Cet hiver, les conditions climatiques ont été au rendez-vous. Comment s’est déroulée la saison ?

J.P. : Les sports d’hiver représentent 70 % des 70 M€ de chiffre d’affaires de l’entreprise. Grâce à l’enneigement et au soleil, nous avons enregistré plus de 500 000 journées vacances cet hiver, soit plus de 80 000 vacanciers. Nous avons connu des pics de fréquentation à Noël et au Jour de l’An, avec des taux d’occupation de 90 %. L’activité grand public, qui représente 75 % de notre clientèle, a progressé de 10 %. Les gens réservent soit en direct, soit via les comités d’entreprise. Le chiffre d’affaires progresse de 8 %, quand la capacité a augmenté de 5 %. Nous avons ouvert en décembre un Village de 233 chambres aux Deux-Alpes, issu de la reprise d’un Club Méditerranée. Nous avons investi 900 000 € dans sa rénovation et nous tablons sur un chiffre d’affaires prévisionnel de 6 M€. A l’été 2018, nous avons rénové le village club de Beg Meil, en Bretagne. Nous sommes surpris des bons résultats sur la côte Atlantique, c’est une vraie performance.

Vous lancez cette année un produit « Business Event » tourné vers l’activité séminaire. Quelle est votre stratégie sur cet axe ?

J.P. : Six Villages Clubs du Soleil sur 18 sont concernés par l’offre « Business Event » (La Baule, Val Louron, Arc 1800, Orcières, Le Reverdi et Marseille). En 2018, le club de Marseille était en retrait, après un bon lancement en 2017. Nous avons constaté qu’il marchait bien d’avril à octobre mais connaissait des taux de remplissage faible de novembre à mars. Cet établissement s’adresse à un public diversifié, tourné vers une clientèle loisirs, locale et professionnelle. Nous avons relooké certains espaces, créé un business corner, installé une conciergerie. Si l’attractivité de Marseille est acquise, le site manque de notoriété. Or notre bâtiment se trouve dans l’ancienne maternité de la Belle de Mai, qui a vu naître de nombreux Marseillais et qui bénéficie d’un capital sympathie.

Où partez-vous en vacances ?

J.P. : L’hiver, depuis dix ans, je pars en famille et avec mes amis aux Villages Clubs du Soleil à Montgenèvre ou aux Menuires. Marié et père de deux enfants, je peux vous dire que suis vraiment le cœur de cible. Mes enfants me permettent de déconnecter complètement. Et l’été, nous allons à la plage ou partons en bateau.

Jérôme Pasquet, président du Directoire des Villages Clubs du Soleil.
Jérôme Pasquet, président du directoire des Villages Clubs du Soleil. — Photo : NBC

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