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Assurance

Interview Jean-Marc Pouly (Emoa) : "Nous voulons nous développer dans un contexte de concentration du marché"

Entretien avec Jean-Marc Pouly, directeur opérationnel d’Emoa Mutuelle du Var

Propos recueillis par Hélène Lascols - 07 avril 2022

Après 20 années passées chez Groupama en Auvergne-Rhône-Alpes, Jean-Marc Pouly a pris la direction d’Emoa, Mutuelle du Var, avec l’envie de relever un nouveau challenge. Endossant le costume de chef d’orchestre de cette PME, qui fête ses 85 ans cette année, il veut continuer de la développer, dans le Var et au-delà en misant sur les outils numériques et des valeurs mutualistes.

Jean-Marc Pouly, directeur opérationnel d’Emoa Mutuelle du Var.
Jean-Marc Pouly, directeur opérationnel d’Emoa Mutuelle du Var. — Photo : Emoa

Vous venez de prendre la direction d’Emoa, Mutuelle du Var, quels sont vos projets et ambitions ?

J’ai choisi de rejoindre Emoa, une PME de 96 collaborateurs, implantée depuis 85 ans dans le Var, avec l’envie de relever un challenge : diriger une entreprise, au sein de laquelle je vais toucher à tous les sujets.

Depuis deux ans, notre chiffre d’affaires s’est stabilisé à 40 millions d’euros, nous prévoyons une légère croissance de 3 % cette année et ma feuille de route est de faire grandir encore cette mutuelle, car une entreprise comme la nôtre, même si elle est mutualiste, doit toujours se développer pour pouvoir continuer d’investir dans son réseau d’agences, dans ses infrastructures, dans la conquête de nouveaux marchés.

Ce développement doit aussi nous permettre d’exister dans un paysage qui se concentre de plus en plus : il existait plus de 1 500 mutuelles il y a encore 15 ans, contre 300 aujourd’hui. Nous voulons continuer de diffuser une approche de la santé différente de celle d’un acteur capitalistique, mais aussi des convictions et des valeurs, qui font que notre mutuelle est solidaire, humaine, dynamique et performante. Aujourd’hui, sur 40 millions d’euros de chiffre d’affaires, 30 millions d’euros sont reversés sous forme de prestations, 10 millions d’euros servent à payer les salaires, les outils informatiques, les frais de fonctionnement, les investissements.

Outre un réseau de neuf agences physiques, misez-vous également sur les outils numériques pour gagner des parts de marché ?

Contrairement à d’autres acteurs, nous ne voulons abandonner aucun de ces deux marchés. Sur le marché des particuliers, une personne sur quatre se déplace encore dans l’une de nos neuf agences varoises pour se renseigner sur un contrat, puis 97 % des souscriptions se font par téléphone ou en agence.

Nous n’étions pas en avance sur le volet numérique, tout l’enjeu est désormais d’accélérer. Nous nous sommes ainsi dotés d’outils et proposons par exemple des pages web dédiées (ma ville, ma santé) aux communes, qui nous font confiance pour leurs mutuelles communales. Nous proposons aussi un espace adhérent, assez classique, et un espace pour les professionnels de santé, ce qui est plus rare.

"Nous faisons le pari de nous appuyer sur les outils numériques pour gagner des parts de marché."

Demain, nous allons continuer d’investir dans le numérique, pour être plus visibles, dans le Var, mais aussi auprès des habitants des Alpes-Maritimes et des Bouches-du-Rhône. Nous n’avons pas d’agences en dehors du Var et faisons le pari de nous appuyer sur les outils numériques pour gagner des parts de marché. Nous sommes aussi en train de finaliser un accord de courtage avec un courtier national, dont le nom reste confidentiel, pour gagner des clients hors de la région Paca.

Emoa Mutuelle du Var compte neuf agences dans le Var, à Sanary-sur-Mer, Six-Fours-les-Plages, La Seyne-sur-Mer, Toulon, La Valette-du-Var, Hyères, Brignoles, Draguignan et Fréjus.
Emoa Mutuelle du Var compte neuf agences dans le Var, à Sanary-sur-Mer, Six-Fours-les-Plages, La Seyne-sur-Mer, Toulon, La Valette-du-Var, Hyères, Brignoles, Draguignan et Fréjus. - Photo : Emoa

Pour renforcer le service rendu à nos adhérents, une application sera disponible dès le mois de juin : elle proposera tous les services classiques d’un espace adhérent, mais aussi un service de géolocalisation des prestataires de santé, un pilulier et un espace recensant les notices des médicaments.

Qu’en est-il du marché "entreprise", qui représente 40 % de votre chiffre d’affaires ?

Sur un total de 65 000 clients, dont 5 000 sont éligibles à la complémentaire santé solidaire, nous comptons 4 000 entreprises et travailleurs non salariés adhérents, représentant un total de 24 000 salariés. Nous sommes bien implantés auprès de cette clientèle professionnelle dans le Var. Nous avons commencé à nous étendre au-delà de nos frontières avec le recrutement de quatre commerciaux, deux dans les Bouches-du-Rhône, deux dans les Alpes-Maritimes.

"Il n’y a pas de raisons que nous n’arrivions pas à travailler avec des entreprises situées hors du Var."

Le Var représente notre marché historique, mais il est aussi le plus petit département en termes de potentiel. C’est un peu notre "village gaulois" et il n’y a pas de raisons que nous n’arrivions pas à travailler avec des entreprises situées hors du Var.

Comment comptez-vous faire grandir votre portefeuille d’entreprises clientes ?

Nous allons renforcer notre offre. Ainsi, grâce à un partenariat noué avec Axa, nous pouvons désormais proposer un contrat de prévoyance, en plus de la santé.

Par ailleurs, nous allons nous investir davantage dans les réseaux. J’ai intégré le Cercle varois, mais aussi le réseau BNI, puis sachant que nos premières vitrines sont nos agences, nous voulons impulser une dynamique à partir de ces neuf points d’ancrage pour participer à la vie locale, être un acteur engagé au niveau social et sociétal sur chaque territoire.

Enfin, notre modèle mutualiste s’appuie sur une gouvernance, incarnée par un président, Emeric Guillermou, des élus (11 administrateurs, bientôt 12 et 74 délégués), des salariés et des adhérents auxquels nous rendons des comptes. Le modèle mutualiste est l’ancêtre du réseau social de proximité. Nous voulons aller au bout de ce modèle en faisant partie intégrante de la société, en participant à la vie de la cité, en prenant notre place dans l’écosystème, en allant à la rencontre des associations, des collectivités. C’est ainsi qu’Emoa est partenaire d’associations sociales (Un fauteuil à la mer, Attrap’rêves…) ou sportives (US Seynoise en rugby, Rugby Club Hyères Carqueiranne La Crau, Cercle des nageurs d’Antibes).

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