Aix-en-Provence

Aéronautique

Guimbal envisage la construction d’une nouvelle usine d’hélicoptères en 2023

Par Didier Gazanhes, le 17 mai 2022

Sur le marché difficile des petits hélicoptères à pistons, l’entreprise aixoise Guimbal tire son épingle du jeu. Un marché récent lié au Ministère de la Défense amène l’entreprise à envisager la construction d’une nouvelle usine en 2023.

En 2020, l’entreprise Guimbal a livré une vingtaine d’hélicoptères.
En 2020, l’entreprise Guimbal a livré une vingtaine d’hélicoptères. — Photo : Didier Gazanhes

La crise du Covid, qui a frappé durement l’industrie aéronautique en 2020, n’a finalement que peu touché la filière de construction des hélicoptères déjà affaiblie par l’arrêt de différentes plateformes pétrolières et gazières dans le monde. "De 2016 à 2019, suite à la crise dans le secteur Oil and Gaz, le marché des hélicoptères a été divisé par trois. Quand le Covid est arrivé, notre carnet de commandes était au plus bas", rappelle Bruno Guimbal, ancien ingénieur de chez Eurocopter (aujourd’hui Airbus Helicopters), qui dirige le constructeur aixois Guimbal, qu’il a créé en 2000.

En 2020, la petite entreprise (70 salariés - 15 M€ de chiffre d’affaires), qui fabrique des hélicoptères biplaces civils et militaires dotés de moteur à pistons destinés aux écoles de pilotage, a livré vingt appareils. "Il y a actuellement 3 000 hélicoptères de formation en activité dans le monde. Nous avons des commandes d’écoles en Europe et en Amérique du Nord mais c’est un marché de niche", précise le dirigeant, qui détient 80 % du capital de l’entreprise. En 2019, il s’est vendu 160 hélicoptères à pistons dans le monde, contre 1 000 en 2008. "Nous sommes le seul fabricant européen de ce type d’aéronefs. L’entreprise américaine Robinson détient environ 90 % du marché".

Un nouveau site de 5 000 m²

En 2020, Guimbal a décroché 1,2 million d’euros de commandes du Ministère de la Défense en tant que fournisseur d’Airbus Helicopters pour son drone, le VSR 700, destiné à la Marine Nationale. Dans le cadre de ce contrat, qui va entrer dans sa phase industrielle, la société Guimbal envisage de créer une nouvelle usine et de déménager, tout en restant dans la zone de l’aérodrome d’Aix-les-Milles. "Nous repoussons ce projet depuis cinq ans. Notre usine actuelle fait 2 800 m² répartis en trois sections. Nous ne pouvons pas séparer les différentes productions, militaires et civiles. Les normes sont de plus en plus rigoureuses et nous ne sommes plus totalement adaptés pour travailler sur un programme militaire", explique Bruno Guimbal. Le projet est de construire une usine plus grande, de l’ordre de 5 000 m², plus moderne, plus adaptée et plus respectueuse de l’environnement.

L’entrepreneur souhaite positionner l’usine le long des pistes de l’aérodrome, tout en disposant d’un accès indépendant. "J’aimerais également que nous ayons la possibilité de faire voler des hélicoptères même quand l’aérodrome est fermé", détaille-t-il. Guimbal envisage le lancement des travaux en 2023, pour un montant d’investissement de 5 millions d’euros.

Des marges plus faibles

La hausse du prix des matières premières pénalise actuellement l’entreprise. "Le moteur représente environ 15 % du prix de nos hélicoptères. Or, en tout juste trois mois, nous avons enregistré autant de hausses de prix qu’en quinze ans. Prix des matières premières, mais également prix des transports. Pour traverser l’Atlantique, le prix du fret a triplé. Notre carnet de commandes étant plein, nous ne pouvons pas répercuter ces hausses sur nos prix de vente. Nous prenons donc sur nos marges", regrette Bruno Guimbal.

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