Var

Énergie

Green GT roule à 300 km/h à l’hydrogène

Par Hélène Lascols, le 01 mars 2020

Depuis 2012, le bureau d'étude suisse Green GT mène ses activités de R&D dans le Var et adapte sa technologie au monde de la course automobile, comme à celui des poids lourds. 

Le prototype électrique hydrogène LMPH2G, mis au point par Green GT en partenariat avec l'Automobile club de l'ouest, participait en octobre dernier aux essais libres de la Michelin Le Mans Cup, avec 26 concurrents en piste, dans le cadre du meeting des 4 heures de Portimao.
Le prototype électrique hydrogène LMPH2G, mis au point par Green GT en partenariat avec l'Automobile club de l'ouest, participait en octobre dernier aux essais libres de la Michelin Le Mans Cup, avec 26 concurrents en piste, dans le cadre du meeting des 4 heures de Portimao. — Photo : MissionH24-Charles Guénant-Alcyon Media Groupe

Le plateau de Signes abrite une entreprise qui a très tôt fait le pari de l’hydrogène. Il s’agit du bureau d’étude suisse Green GT (18 personnes), qui a choisi en 2012 d’implanter ses activités de R & D (6 salariés) dans le Var, à proximité du Circuit Paul Ricard. Sa spécialité ? « La recherche, le développement et l’implémentation dans l’univers de la mobilité de systèmes de propulsion électrique-hydrogène de haute puissance (pile à combustible) », explique Jean-Michel Bouresche, l’un des quatre fondateurs.

En 2012, Green GT dévoile la H2, premier prototype de compétition électrique-hydrogène dans le monde. En 2016, la H2 Speed est capable d’atteindre 300 km/h en ne libérant dans l’atmosphère que de la vapeur d’eau. « Nous nous sommes appuyés sur la course automobile parce qu’elle offre une visibilité inégalée », précise le dirigeant. En 2019, la société signe une première mondiale en partenariat avec l’Automobile club de l’Ouest, son prototype de course LMPH2G participe à la procédure de départ des 24 heures du Mans et devient le seul prototype électrique hydrogène au monde à être capable de rouler sur le circuit des 24 heures du Mans à une cadence de course. « Cette voiture fait en quelque sorte office de laboratoire pour définir les règlements techniques et sportifs et les normes d’homologation en vue de la création d’une catégorie dédiée aux prototypes hydrogènes aux 24 heures du Mans 2024 », détaille Jean-Michel Bouresche.

Parce que Green GT s’intéresse à différentes formes de mobilité, la société décline sa technologie à d’autres véhicules et notamment aux poids lourds. Après avoir dévoilé le camion Maxity H2 en 2015, qui dispose d’une autonomie de 200 kilomètres et d’une batterie qui se recharge en 6 heures, l’entreprise est en train de développer deux nouveaux prototypes, l’un avec Carrefour en France, l’autre avec Migros en Suisse, qui seront présentés cet été. « Grâce à un groupe moto propulseur hybride électrique/hydrogène propre, de forte puissance et de grande autonomie, nous offrons la même autonomie qu’un véhicule thermique tout en supprimant les émissions polluantes et sonores. » Pour le dirigeant, la technologie désormais maîtrisée, la prochaine étape sera l’industrialisation, à condition toutefois que son développement bénéficie d’un appui politique… Il se félicite d’ailleurs des projets menés en région et à l’échelle du Var, qui, il l’espère, pourrait lui permettre d’accélérer le développement de ses activités en France.

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