Région Sud

Agroalimentaire

François Doucet Confiseur cultive sa fibre provençale

Par Hélène Lascols, le 04 octobre 2022

La confiserie François Doucet, fondée à Oraison dans les Alpes-de-Haute-Provence en 1969, investit dans la culture de l’amande et dans son outil de production. Une manière de diversifier ses approvisionnements, d’accompagner sa croissance tout en préservant une culture provençale et un savoir-faire de renommée internationale.

Une vingtaine de salariés de François Doucet Confiseurs ont récolté les premières amandes de l’entreprise en septembre 2022.
Une vingtaine de salariés de François Doucet Confiseurs ont récolté les premières amandes de l’entreprise en septembre 2022. — Photo : DR

Au cours du mois de septembre, une vingtaine de salariés de l’entreprise François Doucet Confiseur (70 collaborateurs au total), située à Oraison dans les Alpes-de-Haute-Provence, ont troqué leurs habits habituels pour se retrouver dans les champs et récolter les premières amandes de la société. À cause du gel du printemps 2022, la récolte est maigre (15 % d’une production normale), mais elle est tout un symbole pour cette entreprise plus que cinquantenaire, qui a décidé en 2019 de planter ses premiers amandiers pour "soutenir la culture de l’amande en Provence et se garantir un approvisionnement local", explique Ronan Autret, arrivé dans cette société familiale il y a six ans, avant d’en prendre la direction générale en 2020.

Un investissement qui fait sens

La société labellisée "Entreprise du patrimoine vivant" a notamment placé au cœur de sa raison d’être la préservation des terroirs. François Doucet Confiseur est ainsi le premier acheteur d’amandes d’origine française, soit 30 à 40 tonnes par an. "Avec les 10 hectares déjà plantés, nous couvrons 10 % de nos besoins. Nous prévoyons de planter jusqu’à 30 hectares et de générer, à terme, 800 kg par hectare pour diversifier nos approvisionnements", confie le dirigeant, qui entend ainsi ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier et prévoit de poursuivre les partenariats noués avec les agriculteurs locaux de fruits et amandes.

Ronan Autret, directeur général de François Doucet Confiseur
Ronan Autret, directeur général de François Doucet Confiseur - Photo : DR

L’investissement s’élève à 20 000 euros par hectare planté. L’entreprise n’est pas propriétaire des terres, mais investit dans le matériel végétal et la culture. "Ce n’est pas neutre, mais cela a du sens, parce que nous participons ainsi à la préservation d’une culture provençale, parce que nous garantissons aussi le Made In France d’un bout à l’autre de notre chaîne. C’est un vrai choix de société, car économiquement, le coût d’approvisionnement varie du simple au double", confie Ronan Autret, ardent défenseur des circuits courts, qui pense déjà à planter d’autres arbres fruitiers dans un futur proche pour sa production de pâtes de fruits.

Un outil de production agrandi

De quoi nourrir ses ateliers, qui produisent 300 références (pâtes de fruits, amandes, noisettes, chocolats) et seront prochainement agrandis pour accompagner la croissance de l’entreprise, qui a réalisé 10,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021 et ne compte pas s’arrêter là. D’ici un an, une nouvelle unité de production de 3 500 m², pour un investissement total de 6 millions d’euros (bâtiment et machines) devrait entrer en service, avec à la clé, la création de 10 emplois. Depuis l’année dernière, la société propose aussi trois marques : Confiserie de Manon pour les grandes et moyennes surfaces, François Doucet Confiseur et la petite dernière, Ateliers Doucet qui cible les jardineries, magasins de décoration et magasins bio.

Mais c’est à l’export que l’entreprise, fondée par Maggy et François Doucet, tient son plus important relais de croissance, de 5 à 10 % par an, grâce à une fabrication française et une image provençale. Aujourd’hui, l’international représente 12 à 13 % du chiffre d’affaires, soit un portefeuille de 150 clients dans une quarantaine de pays, des États-Unis au Japon, en passant par les Émirats arabes unis.

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