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Interview Élections CCI du Var : pour Basil Gertis, "la CCI doit devenir un pont entre le public et le privé"

Entretien avec Basil Gertis, tête de la liste d’union "Agir ensemble 83" pour les élections à la CCI du Var

Propos recueillis par Hélène Lascols - 26 octobre 2021

Après un premier mandat d’élu à la CCI du Var, Basil Gertis brigue la présidence de l’institution consulaire. Tête de liste d’une liste d’union réunissant 22 syndicats varois, dont la CPME et le Medef, le dirigeant de l’entreprise Yack veut moderniser la chambre consulaire et lui permettre de jouer les premiers rôles dans la relance de l’économie.

Basil Gertis, tête de liste de la liste d’union "Agir ensemble 83", entouré de Véronique Maurel, présidente de la CPME du Var, et de Gérard Cerruti, président de l’Union patronale du Var.
Basil Gertis, tête de liste de la liste d’union "Agir ensemble 83", entouré de Véronique Maurel, présidente de la CPME du Var, et de Gérard Cerruti, président de l’Union patronale du Var. — Photo : DR

Vous briguez la présidence de la CCI du Var. Quel est votre projet pour l’institution ?

Il faut la moderniser autour de deux axes, la gouvernance et l’exemplarité. Dans le détail, trois sujets me tiennent à cœur. Le premier volet concerne les organes de décision de la chambre, au sein desquels je m’attacherai à respecter la parité, même si cela relèvera de temps en temps d’un jeu d’équilibriste puisque la liste compte 14 candidates, sur un total de 50. Je souhaite aussi que les élus aient un réel pouvoir et que la CCI adopte, pour cela, un mode de fonctionnement représentatif du tissu économique varois. Je veux du débat, de la contradiction pour susciter de nouvelles idées. Enfin, alors que plus de 70 % des entreprises varoises ne sont pas à Toulon, je souhaite que nos élus représentent les différents territoires. Ainsi, 66 % de mes colistiers sont issus du secteur hors de la métropole toulonnaise.

Un deuxième volet porte sur la modernisation qui doit déboucher sur une moindre dépendance à la taxe pour frais de chambre (l'une des principales ressources financières des CCI, NDLR), qui a baissé de plus de 60 % en cinq ans.

Enfin, la CCI doit être tournée à 100 % vers l’économie : la défense des territoires, des entreprises. Je veux bâtir une chambre au service de l’intérêt général, assise sur une gouvernance participative et des objectifs clairement déterminés.

"La définition de nouveaux services fera l’objet d’un plan stratégique que j’espère pour la fin de l’année."

Comment comptez-vous dégager de nouveaux revenus ?

Certaines CCI, à l’image de celle de Brest, nous montrent la voie. Selon moi, il faut mettre l’économie au centre de nos préoccupations et la CCI doit devenir un pont entre le public et le privé. La CCI ne doit plus se cantonner à un rôle institutionnel.

Tout l’enjeu est de trouver de nouvelles ressources et de créer de nouveaux services, sans concurrencer le privé. La définition de ces nouveaux services fera l’objet d’un plan stratégique en quatre étapes, que j’espère pour la fin de l’année : la définition d’objectifs à court et moyen termes, notamment en termes de chiffre d’affaires, les moyens à disposition, l’organisation mise en place, que je veux décentraliser, et un calendrier. L’économie circulaire, la numérisation des entreprises, l’export, la mise en relation des entreprises sont autant de sujets pour lesquels nous pouvons apporter une expertise à valeur ajoutée.

Quelles sont vos ambitions pour l’économie varoise ?

Que le Var devienne la Californie de la France ! Le Var est un territoire d’avenir, bénéficiant d’une démographie dynamique et d’une qualité de vie élevée, entre mer et montagne, entre vie urbaine et vie en pleine nature. Nous cochons toutes les cases pour attirer de nouveaux actifs et de nouvelles entreprises, qui permettront à tout le département de poursuivre sa progression, en termes de richesses produites, de compétences, de formations proposées.

Alors qu’une seule liste concurrente, "Professions libérales unies", se présente face à vous, quel est l’enjeu de ces élections dans le Var ?

La démocratie, c’est le choix de s’unir et c’est ce que nous avons privilégié. Notre liste d’union réunit 22 syndicats, dont la CPME et le Medef Var, et est donc tout à fait légitime. J’ai par ailleurs été élu à l’unanimité par les 77 administrateurs de l’Union patronale du Var (UPV) pour prendre la tête de cette liste.

Deux difficultés se présentent tout de même à nous. La première, nous l’avons vue avec les élections à la Chambre de métiers, la participation est faible et a même tendance à décroître. Mais cela est vrai pour toutes les élections, quelles qu’elles soient. Une autre difficulté est celle du vote électronique généralisé. À l’occasion des élections artisanales, les électeurs, qui avaient le choix entre le vote par courrier ou le vote par internet, ont utilisé le vote électronique pour moins de la moitié des votes exprimés.

Enfin, la CCI a une image élitiste, une image d’institution réservée aux grandes entreprises. Ce n’est pas vrai, notre panel d’élus étant représentatif de l’économie varoise, dominée par des TPE et PME.

"La démocratie, c’est aussi le choix de s’unir et c’est ce que nous avons privilégié."

Quelle est votre expérience à la CCI du Var et quel est votre parcours d’entrepreneur ?

J’ai été élu à la CCI du Var pour la première fois lors des dernières élections, en 2016. J’ai tout de suite participé à la commission des finances et, depuis quatre ans et demi, je suis également conseiller territorial pour l’Ouest-Var, un territoire de 14 communes allant de Saint-Cyr-sur-Mer à La Seyne-sur-Mer en passant par Signes. J’ai pu participer à tous les bureaux, l’instance qui analyse et établit des propositions pour les grands dossiers avant de les soumettre au vote de l’assemblée générale.

J’ai créé ma première entreprise à l’âge de 25 ans à Saint-Cyr-sur-Mer, en 1997. Installée dans une grange agricole, cette entreprise importait et distribuait du matériel de sport. À l’âge de 28 ans, j’ai fondé, dans la même grange, l’entreprise Yack que je dirige toujours. L’entreprise, qui comptait trois salariés à l’époque, emploie aujourd’hui une soixantaine de personnes et réalise 35 millions d’euros de chiffre d’affaires. Fabricant et importateur de matériel de climatisation, de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire, nous sommes devenus le premier acteur dans le domaine de la climatisation en Région Paca.

Basil Gertis, tête de liste de la liste d’union "Agir ensemble 83", entouré de Véronique Maurel, présidente de la CPME du Var, et de Gérard Cerruti, président de l’Union patronale du Var.
Basil Gertis, tête de liste de la liste d’union "Agir ensemble 83", entouré de Véronique Maurel, présidente de la CPME du Var, et de Gérard Cerruti, président de l’Union patronale du Var. — Photo : DR

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