Sophia Antipolis

Santé

Elaiapharm investit pour aider 7 millions de malades

Par Olivia Oreggia, le 22 décembre 2020

Malgré le contexte sanitaire mondial, Elaiapharm n’a jamais arrêté son activité. L’usine implantée à Sophia Antipolis continue sa production de médicaments dédiés aux maladies du cerveau, et poursuit pour son développement grâce aux investissements constants de sa maison-mère, le groupe pharmaceutique danois, Lundbeck.

Vincent Mermet-Lyaudoz dirige le laboratoire pharmaceutique Elaiapharm au sein de Sophia Antipolis, site industriel le plus important du groupe danois Lundbeck.
Vincent Mermet-Lyaudoz dirige le laboratoire pharmaceutique Elaiapharm au sein de Sophia Antipolis, site industriel le plus important du groupe danois Lundbeck. — Photo : DR

Comme en mars dernier, ce nouveau confinement n’a ni arrêté ni même ralenti l’activité d’Elaiapharm, implanté à Sophia Antipolis. Racheté en 2009 par le groupe danois Lundbeck, ce site produit des médicaments destinés aux maladies du système nerveux central, principalement la schizophrénie, Alzheimer, Parkinson et la dépression mais aussi le traitement de l’alcoolisme, des troubles du sommeil ou de la migraine. « Du fait du Covid, nous n’avons jamais arrêté notre activité », confirme Vincent Mermet-Lyaudoz, directeur du site. « Nous avons bien sûr adapté nos méthodes pour assurer la sécurité du personnel. Mais étant un site de production, l’usage du télétravail est forcément limité. Et puis, il nous fallait être en capacité de produire les traitements dont nos patients ont besoin : nous permettons chaque jour à 7 millions de personnes dans le monde, dont 2 millions en Chine, de prendre leur traitement pour leur maladie du système nerveux central. Si une personne soignée pour une dépression arrête son traitement, ne serait-ce que 10 jours dans l’année, cela augmente de 50 % ses risques de retourner en hôpital psychiatrique. Notre responsabilité est donc immense. »

8 millions d'euros investis chaque année

L’usine a été construite en 1986 par Wellcome (devenu GlaxoSmithKline, l’un des géants de l’industrie pharmaceutique mondiale) qui l’a ensuite cédée. Baptisée Elaiapharm, le site repris par des cadres devient un CDMO, comprendre un sous-traitant de l’industrie pharmaceutique. Lorsqu’un de ses clients, Lundbeck, rachète l’entreprise en 2009, sa situation financière est moribonde. Le groupe danois (6 000 collaborateurs) spécialisé dans les maladies du cerveau a besoin d’augmenter sa capacité de production et de sécuriser son modèle industriel. Il compte alors deux usines pour la production des principes actifs implantés au Danemark et en Italie, ainsi qu’une unité pharmaceutique, à Copenhague, et donc désormais une quatrième en France, à Sophia Antipolis. 

Le site d'Elaiapharm-Lundbeck à Sophia Antipolis
Le site d'Elaiapharm-Lundbeck à Sophia Antipolis - Photo : O. Oreggia

Elaiapharm (CA 2019 : 27 M€) est devenu depuis le plus important site industriel de Lundbeck en Europe. « Nous fabriquons ici plus de la moitié de ce que Lundbeck met sur le marché mondial en termes de conditionnement, dont trois des produits clés de son portfolio des produits du traitement de la schizophrénie et de la dépression. Le groupe a joué le jeu dans le rachat de notre site et rempli son rôle en le modernisant, investissant près de 8 millions d’euros chaque année. Nous avons par exemple reçu une nouvelle ligne de conditionnement de 2,5 millions d’euros et dans six mois nous en recevrons une autre, ce sera la huitième. Les investissements ne s’arrêtent jamais. »

60 % d’activité interne, 40 % en sous-traitance

De 130 collaborateurs il y a dix ans, Elaiapharm est passé à 200 aujourd’hui et doit encore recruter en 2021. Au-delà de l’augmentation de ses volumes, il lui faut conserver un savoir-faire et un niveau d’exigence maximal. Car en plus de son activité interne auprès de Lundbeck, le site a conservé pour 40 % un rôle de sous-traitant pour d’autres laboratoires pharmaceutiques. À l’image de cette biotech française pour laquelle il développe un produit destiné à soigner une maladie orpheline. « Nous sommes sur des années clés car nous arrivons en fin de développement, en phase d’industrialisation. Ça promet de belles choses. Nous devrons le vendre sur le marché américain. Il nous faudra donc obtenir la certification FDA, Food and Drug Administration, d’ici fin 2022. Nous sommes déjà en pleine adaptation du site pour cela. »

Vincent Mermet-Lyaudoz dirige le laboratoire pharmaceutique Elaiapharm au sein de Sophia Antipolis, site industriel le plus important du groupe danois Lundbeck.
Vincent Mermet-Lyaudoz dirige le laboratoire pharmaceutique Elaiapharm au sein de Sophia Antipolis, site industriel le plus important du groupe danois Lundbeck. — Photo : DR

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