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Interview Edouard Cailleau : « Au Centre des Jeunes dirigeants, le maître mot, c’est l’implication »

Entretien avec Edouard Cailleau, président du Centre des Jeunes dirigeants d'entreprise de Marseille

Propos recueillis par Didier Gazanhes - 18 juillet 2019

À l’occasion des 80 ans de l'antenne marseillaise du Centre des Jeunes dirigeants d'entreprise, Edouard Cailleau, son président, revient sur la philosophie du réseau et les notions d’engagement. Une expérience qui l'a conduit à renouer lui-même avec la création d'entreprise il y a deux ans.

Edouard Cailleau, président du Centre des Jeunes Dirigeants d'entreprise de Marseille
Edouard Cailleau, président du Centre des Jeunes Dirigeants d'entreprise de Marseille — Photo : DR

Le Centre des Jeunes dirigeants d’entreprise (CJD) Marseille vient de fêter ses 80 ans. Quels sont le poids et la philosophie du réseau phocéen ?

Édouard Cailleau : Le CJD Marseille, constitué en 1939, a été le deuxième CJD de France. Nous comptons aujourd’hui 80 adhérents, ce qui fait de nous l’une des plus importantes structures CJD de France. Quelques-unes ont plus de 100 adhérents, comme Nantes, Lille ou Lyon, mais nous n’avons pas la volonté de faire du volume. Notre objectif est plutôt axé sur la qualité des personnes qui intègrent le réseau. Nous souhaitons conserver une juste répartition entre dirigeants salariés ou non, entre grandes et petites entreprises. Le mélange est important. La petite entreprise peut être aussi inspirante que la grande. La question est de savoir ce que chacun va pouvoir apporter au réseau et si le réseau peut également leur apporter quelque chose. Au CJD, le maître mot, c’est l’implication. Plus tu t’impliques, plus tu reçois. Et l’essentiel repose sur la formation au sens large. Certains dirigeants sont des experts métiers mais ne sont pas compétents en termes de management ou de gestion d’entreprise. Le réseau peut leur apporter des réponses, non seulement grâce aux échanges avec les autres membres, mais également par des sessions de formation classiques, sur le management ou la finance. J’ai moi-même intégré le réseau au travers d’une session de formation de deux jours sur le développement personnel qui a véritablement changé ma vie. Je suis réellement revenu à l’entreprenariat grâce au CJD.

Quel a été votre parcours jusque-là ?

E.D. : Mon parcours professionnel a en quelque sorte commencé au collège, à mes 14 ans. C’était en 2000 et j’ai découvert la plongée sous-marine. Un de mes amis avait fait un site internet et j’ai décidé de faire de même pour parler de ma passion. J’ai créé Passion-plongée.com et, petit à petit, il a grossi, devenant un forum, un véritable site communautaire. Cela a attiré de la publicité. Alors que j’étais en fac d’économie, je crée l’entreprise Passion Plongée. Je fais mon master en alternance dans ma propre entreprise et, durant cette année, je suis contacté par un fonds d’investissement dans le monde de la plongée qui souhaite racheter mon site pour se développer dans le digital. Il s’agissait du fonds Geophyle, depuis devenu Genairgy, rattaché à Decathlon. Ils m’ont proposé un CDI et, ainsi, dès la fin de mon master, j’ai intégré leur équipe à Lille, où j'ai continué à développer mon site. Après deux années, mon expérience dans le digital m’a conduit à m’occuper d’AMV Subocea, un tour-opérateur spécialisé dans le monde de la plongée basé à Marseille. J’y suis arrivé comme responsable commercial et marketing pour le digital et j’ai notamment travaillé à la fusion de plusieurs tour-opérateurs. Nous souhaitions élargir notre activité et je me suis lancé sur le snorkeling (exploration en mer avec palmes, masque et tuba, NDLR). J’ai relancé le site Passion.snorkeling, j’ai eu l’idée de créer un tour-opérateur spécialisé dans cette activité (qui n’a pas marché) et j’ai créé la base de snorkeling Dune à Marseille. La première année, le centre a accompagné 1 000 personnes et, au bout de quatre ans, nous sommes parvenus à 4 000 utilisateurs. Nous sommes devenus la deuxième base de snorkeling en Europe.

Malgré tous ces succès, vous avez quitté votre poste pour créer un cabinet de conseil en transformation digitale, Coockpit, il y a deux ans...

E.D. : On m’avait conseillé d’intégrer le CJD et cela m’a donné envie de me lancer dans une véritable création d’entreprise. Travailler avec un fonds c’est très bien, car vous disposez de moyens pour lancer vos projets. Mais au bout de quatorze ans dans la plongée je voulais découvrir d’autres horizons. J’adore le processus de digitalisation et, fort de mon expérience, j’ai décidé de créer Coockpit afin d’accompagner des entreprises à monter leurs projets de digitalisation. Le centre Dune est aujourd’hui encore un de mes clients, mais je travaille aussi pour le BTP, l’industrie ou le tourisme.

Vous êtes président du CJD marseillais depuis un an. Quels sont vos dossiers pour votre deuxième année de mandat ?

E.D. : J’ai été élu en juillet 2018. Pour la première année, j’ai travaillé à remobiliser la section autour du projet de l’événement des 80 ans. Nous avons rayonné sur le territoire avec un bilan financier à l’équilibre. Pour l’année qui vient, nous allons travailler les relations avec le national. Le congrès biennal du CJD se déroulera en mai 2020 à Toulouse. C’est un événement important au cours duquel la section marseillaise doit être particulièrement présente.

Edouard Cailleau, président du Centre des Jeunes Dirigeants d'entreprise de Marseille
Edouard Cailleau, président du Centre des Jeunes Dirigeants d'entreprise de Marseille — Photo : DR

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