Région Sud

Emploi

Des tensions toujours fortes dans le recrutement des cadres en Paca

Par Matthias Galante, le 08 novembre 2022

L’Association pour l’emploi de cadres (Apec) dévoile les dernières tendances sur un marché de l’emploi très dynamique dans la Région Sud et en Corse, mais qui comporte des paradoxes.

Anthony Fumard, délégué régional de l'APEC Paca.
Anthony Fumard, délégué régional de l'APEC Paca. — Photo : Apec

Les niveaux records de 2019 sont retrouvés mais les recruteurs ont la vie dure. C’est, en substance, l’un des enseignements des études menées par l’association pour l’emploi de cadres (Apec), qui vient de présenter des chiffres plutôt parlants.

Au niveau national, 282 000 cadres devraient être recrutés en 2022 (+5 % par rapport à 2021) selon les prévisions, contre 281 300 en 2019. Même tendance en Paca et Corse : ils devraient être 18 100 à être embauchés cette année, soit 3 % de plus que l’an dernier (17 530). "Il y a un rattrapage rapide du Covid et une attractivité du territoire", estime Anthony Fumard, délégué régional de l’Apec.

Bien sûr, l’épée de Damoclès des effets du conflit ukrainien, de l’inflation et d’une récession économique déjà constatée dans certains pays, plane très fortement sur un tableau actuellement préservé. À terme, une dégradation est-elle inéluctable ? "Nous n’avons pas vu de conséquences à notre niveau et nous espérons ne pas en voir", ajoute, prudemment, l’expert.

Des difficultés pour attirer

Si la dynamique est avérée et les besoins des entreprises toujours aussi marqués, les difficultés pour attirer des cadres demeurent très élevées dans la région. Selon les patrons provençaux et corses interrogés par l’Apec, 57 % des recrutements seront difficiles à réaliser, soit six points de plus que la moyenne nationale. Les statistiques atteignent même des sommets du côté des cadres informaticiens, avec 80 % des embauches qui présenteraient des difficultés. "Si l’ensemble des acteurs économiques sont peu ou prou concernés par ces tensions, les entreprises de services du numérique (ESN), présentes en nombre sur les zones d’Aix-en-Provence et d’Antibes, sont particulièrement exposées", indique l’Apec.

"Les tensions devraient être également élevées pour les métiers de la production industrielle et des chantiers, avec près de sept recrutements prévus sur dix pouvant s’avérer difficiles", ajoute l’association.
D’une manière générale, la difficulté de se loger, en particulier sur la Côte d’Azur, n’arrange pas les choses, "freinant probablement l’implantation de nouvelles compétences".

Les cadres peu confiants dans le changement

Les embauches prévues en 2022 se concentrent principalement dans l’informatique (19 %) et le secteur commercial - marketing (19 %). Les demandes de matière grise sont fortes en matière d’études et de R & D (17 %) ainsi que pour la production industrielle - chantier (12 %) alors que l’on est dans "une économie (régionale) qui n’a pas un grand passé industriel". "C’est un développement nouveau, ajoute Anthony Fumard, entre service à valeur ajoutée et production à haut niveau".

Le recrutement des cadres n’est pas à un paradoxe près dans la Région Sud et Corse. Alors que les besoins sont élevés et que les employeurs sont angoissés à l’idée de ne pas dénicher les perles rares, seulement 48 % des cadres interrogés par l’Apec "ont confiance dans le fait de retrouver un emploi au moins équivalent à leur poste actuel en cas de changement d’entreprise". Ce chiffre est inférieur de 5 % à la moyenne nationale. Les cadres de la fonction administration, RH, communication, droit sont, quant à eux, seulement 40 % à estimer pouvoir retrouver facilement un poste.

Une dichotomie, très marquée donc, entre l’intention des recruteurs et l’état d’esprit des salariés, analyse le délégué régional Apec : "Nous avons l’impression que les salariés en poste ne sont pas conscients de cette nouvelle dynamique, soit en ne s’engageant pas à se former, à progresser en changeant d’entreprise, soit tout simplement parce qu’ils sont bien dans leur fonction actuelle."

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