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BTP

Dans le Var, le BTP s'attend à un « trou d’air vertigineux »

Par Hélène Lascols, le 16 novembre 2020

Le premier confinement, les élections municipales du 15 mars au 28 juin, suivis maintenant d'une deuxième phase de confinement, certes allégée, font craindre une baisse brutale d'activité aux entreprises de BTP du Var. 

Chantier
La commande publique a enregistré une baisse de 39% des appels d’offres de travaux à fin août 2020 comparé à fin août 2019. — Photo : Pixabay

Tirant un bilan en demi-teinte du premier semestre 2020, le président de la délégation varoise de l’Observatoire immobilier de Provence, Pierre-Alexandre Pernot demande aux pouvoirs publics « des réponses exceptionnelles et inédites » pour permettre aux professionnels de l’immobilier et de l’acte de bâtir de traverser une crise sans précédent. « Nous attendons du plan gouvernemental des mesures destinées à relancer la construction de logements neufs, via l’accélération des procédures d’instruction des permis de construire, l’amélioration des dispositifs fiscaux incitatifs existants, l’abandon de la mesure de baisse des APL… », précise celui qui est par ailleurs directeur général du promoteur Segeprim. Un appel auquel le BTP varois souscrit à 100 %. 

« La crise que nous traversons actuellement appelle de la part des pouvoirs publics des réponses exceptionnelles et inédites. »

Dans cette crise à deux vitesses, « année grise pour l’ancien » mais « année noire pour les logements neufs », le secteur du BTP a tourné la page de la première phase de la crise sanitaire, au cours de laquelle il avait été érigé au rang d’activité essentielle à la vie de la nation. Toutefois, le président de la Fédération du BTP du Var, Jean-Jacques Castillon, remarque qu’il reste de cette crise « des surcoûts liés aux mesures sanitaires laissés à la seule charge des entreprises et un arrêt de la commande publique et de l’instruction des permis de construire. » Résultat : il s’attend à une chute prochaine de l’activité dans tous les secteurs de la construction.

Le BTP dans l’attente d’une relance rapide

À ce jour, la crise sanitaire n’a pas eu de conséquences économiques significatives : « nous ne déplorons pas de défaillances d’entreprises en masse, ni vagues de licenciements et les entreprises réalisent actuellement les carnets de commandes enregistrées pendant le confinement », détaille Jean-Jacques Castillon. Néanmoins, pour lui, « la relance reste à faire » et il dit attendre « un renvoi d’ascenseur de la part des gouvernants pour avoir été parmi les premiers à reprendre le travail en pleine crise sanitaire. »  

Si le BTP, qui compte, dans le Var, près de 5 000 entreprises et emploie 22 000 salariés, ainsi que 8 000 artisans seuls, n’a pas été oublié du plan France Relance présenté en septembre, le syndicat demande maintenant une application rapide et d’ampleur, deux conditions qu’il juge indispensables pour « conserver l’emploi et l’appareil productifs, intacts. » Il demande aussi un mode d’emploi précis qui permette de mobiliser rapidement tous les acteurs économiques du territoire, à commencer par les collectivités, autour de projets structurants, ambitieux et finançables par France Relance.

« Nous attendons le renvoi d’ascenseur de la part de nos gouvernants pour avoir été parmi les premiers à reprendre le travail en pleine crise sanitaire. »

Pour la profession, il y va de la survie économique d’un secteur qui s’attend, malgré toutes les mesures, à un « trou d’air vertigineux. » Et les indicateurs de la construction parlent d’eux-mêmes : les mises en chantiers de logements neufs ont enregistré un recul de 30 % à fin juillet 2020 par rapport à fin juillet 2019. Sur la même période, le non résidentiel accuse un recul de 28 %. Quant aux logements neufs et locaux neufs autorisés, ils sont respectivement en recul de 36 % et 28 % à fin juillet 2020. Enfin, la commande publique, qui représente environ 40 % de l’activité du bâtiment et près de 70 % pour les entreprises de travaux publics, n’est pas épargnée avec une baisse de 39 % des appels d’offres de travaux à fin août 2020 comparé à fin août 2019.

Le BTP, premier touché par l’arrêt des collectivités

Dès le début de l'année, les professionnels varois des travaux publics avaient interpellé les candidats aux élections municipales, en leur demandant de maintenir un certain niveau d'investissement. Depuis, le calendrier a été largement bouleversé. « La longue parenthèse administrative liée au confinement puis aux élections municipales inédites avec 15 semaines d’écart entre les deux tours et enfin la mise en place des exécutifs locaux avec les structures intercommunales a mis à l’arrêt les collectivités pendant 4 mois de mi-mars à mi-juillet. Quatre mois durant lesquels les permis de construire n’ont pas été instruits et les marchés de travaux n’ont pas été lancés, ou si peu… », déplore le président de la fédération varoise.

« Pendant quatre mois, les permis de construire n’ont pas été instruits et les marchés de travaux n’ont pas été lancés. »

Dans ce contexte, le deuxième confinement, même s’il autorise le maintien de l’activité pour les entreprises du BTP, ne sera pas sans conséquence pour la relance, tant espérée. Jean-Jacques Castillon espère d’ailleurs qu'il ne s’inscrira pas dans la durée, « car les conséquences d’une société et de son administration confinées autour des chantiers ouverts et quelques autres îlots d’activités essentielles n’annoncent aucune perspective favorable pour l’économie. »

Chantier
La commande publique a enregistré une baisse de 39% des appels d’offres de travaux à fin août 2020 comparé à fin août 2019. — Photo : Pixabay

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