Alpes-Maritimes

Tourisme

Côte d'Azur : un bilan touristique dans le rouge avec 2,5 milliards de pertes

Par Olivia Oreggia, le 26 octobre 2020

Malgré le contexte sanitaire, la Côte d’Azur aura réussi à vivre une saison estivale 2020 à nulle autre pareille. Mais cela ne suffit pas à compenser les lourdes pertes de chiffres d’affaires de l’ensemble de l’année, estimées à plus de 2,5 milliards d’euros dont 600 millions d'euros pour les seuls mois de juillet et août.

Plage de Nice en été
Avec 600 millions d'euros de pertes estimées pour les mois de juillet et d'août, le tourisme sur la Côte d'Azur n'enregistre pas de bonnes perspectives pour la fin de l'année. — Photo : Olivia Oreggia / Le JDE

Selon le président du Comité du Tourisme Côte d’Azur David Lisnard, la saison estivale 2020 s'est avérée « particulièrement courte et éprouvante pour l’ensemble des professionnels du secteur touristique azuréen ».

600 millions d’euros de pertes pour l’été

Dans son bilan, le CRT établit le taux d’occupation à 56 % en juillet et 81 % en août, avec un pic à 95 % le week-end du 15 août. Les hôtels ont ainsi pu limiter les heurts, mais ont dû pour ce faire, multiplier les offres tarifaires entraînant une chute du RevPar (« revenu par chambre disponible », indicateur de performance hôtelière) de 40 %. Si la saison a globalement été sauvée, elle ne suffit pas à compenser les lourdes pertes de chiffres d’affaires cumulées sur l’année 2020 évaluées à plus de 2,5 milliards d’euros dont 600 millions d’euros sur juillet et août (-45 %). En cause, l’absence d’une grande partie de la clientèle internationale, une baisse des dépenses moyennes des visiteurs (-16 % à 63 € par jour) et une rechute rapide de l’activité touristique sitôt le mois d’août terminé due au retour des tensions sanitaires en Europe (annonces gouvernementales et quatorzaines imposées par les pays européens).

Un hiver "difficile et même douloureux"

« La crise actuelle est de loin la plus grave jamais vécue par la Côte d’Azur », pointe le CRT. « La fréquentation 2020 devrait subir un recul de 46 % pour le volume annuel de visiteurs français et étrangers, alors que les crises précédentes les plus graves n’avaient entraîné qu’une perte inférieure à 8 %. » Et l’arrière-saison espérée par les professionnels du secteur n’aura pas lieu. Pour le mois de novembre, le taux de réservation a baissé de 9 % à seulement 6 % des réservations de chambres maintenues, relevé à fin septembre. « La saison d’hiver sera difficile et même douloureuse », affirme David Lisnard, « en raison notamment des conséquences dramatiques de la tempête Alex pour nos vallées de la Vésubie, de la Roya et de la Tinée, et en zones urbaines du littoral, de l’effondrement du tourisme d’affaires et de l’évènementiel. Il est essentiel de poursuivre nos efforts. L’enjeu est désormais de retrouver des points de stabilité dans un contexte si incertain et de continuer à donner des perspectives, de rassurer nos clientèles touristiques, de loisirs, comme d’affaires. »

Selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, la chute du nombre de touristes internationaux sur 2020 devait s’établir entre – 58 % et – 78 %. Les différents scenarii prévoient un rebond pour 2021. Sous conditions bien sûr d’une épidémie en régression et de la levée des restrictions imposées en matière de voyages d’ici le printemps prochain.

Plage de Nice en été
Avec 600 millions d'euros de pertes estimées pour les mois de juillet et d'août, le tourisme sur la Côte d'Azur n'enregistre pas de bonnes perspectives pour la fin de l'année. — Photo : Olivia Oreggia / Le JDE

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