Bouches-du-Rhône

Textile

Témoignage Coronavirus : pour le fabricant textile Garella, « les effets de la crise ne seront pas effacés avant un an »

Par Didier Gazanhes, le 20 mars 2020

Le groupe de textile Garella, basé à Gardanne (Bouches-du-Rhône), va être à l’arrêt en cette deuxième semaine de confinement. Témoignage…

Jean-Brice Garella, dirigeant du groupe de fabrication textile Garella.
Jean-Brice Garella, dirigeant du groupe de fabrication textile Garella. — Photo : D.R.

Le groupe Garella, implanté depuis 1970 à Gardanne (Bouches-du-Rhône), compte 80 salariés et réalise ses 18 millions d’euros de chiffre d’affaires dans le textile avec trois marques de prêt-à-porter féminin haut de gamme et, dans une moindre mesure, dans l’hôtellerie. L'entreprise a dû s'organiser pour faire face au confinement généralisé dû à l'épidémie de coronavirus Covid-19. « Pour notre activité textile, nous sommes en télétravail depuis maintenant une semaine. Nous avons fini le travail en cours, mais maintenant pour poursuivre notre activité il nous faut des tissus, différents produits. Nos fournisseurs sont notamment en Italie et tout est à l’arrêt. Nous fabriquons des vêtements, nous ne pouvons pas avoir une activité que virtuelle. Nous allons donc être à l’arrêt en cette deuxième semaine de confinement », explique le dirigeant Jean-Brice Garella.

Impossible de lancer la fabrication de la collection hiver et impossible de créer celle de l’été suivant. « L’ensemble de la chaîne est à l’arrêt. Nos boutiques (plus d’un millier dans le monde dont 23 en propre, NDLR) le sont ainsi depuis maintenant quinze jours, tout comme l’ensemble des détaillants qui distribuent nos marques. Cette crise va frapper durement l’ensemble de la distribution. L'épidémie de coronavirus va entraîner une importante destruction de la chaîne de distribution », poursuit-il.

L’hôtellerie également à l’arrêt

Chômage partiel et arrêts maladie vont permettre aux salariés de pouvoir rester chez eux. L’entreprise avoue pouvoir tenir de deux à trois mois dans cette situation. « Les crédits ont été reportés par les banques, nous n’achetons plus de matières premières. Quand l’activité va reprendre, la situation sera plus compliquée. Il faudra non seulement payer les salaires, mais également financer le redémarrage de la production. Est-ce que Bpifrance va mettre en place des solutions de prêts ? Les assureurs ne prennent pas en charge la perte d’exploitation en cas de guerre ou de pandémie. Cette crise va-t-elle être qualifiée d’épidémie ou de pandémie ? Beaucoup de questions se posent… », confie Jean-Brice Garella.

L’activité hôtelière est bien évidemment à l’arrêt. « Dans ce secteur-là, le redémarrage sera plus facile, mais, pour cet été, au lieu des 60 collaborateurs, nous allons repartir pour l’instant avec 30 personnes. C’est tout cela qui va avoir des effets en chaîne sur la consommation et sur l’économie. Les effets ne seront pas effacés avant un an, même dans le cadre de notre hôtel, nous n’aurons pas retrouvé une activité normale avant l’été 2021 », déplore le dirigeant.

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