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Coronavirus : Pour la CPME Sud, deux entrepreneurs sur trois craignent la faillite

Par Didier Gazanhes, le 06 mai 2020

La CPME Sud a mené une enquête auprès de ses adhérents. Sur 1 450 entrepreneurs ayant répondu au questionnaire, 61 % disent craindre une fermeture de l’activité. Inquiétudes sur le déconfinement à venir...

Alain Gargani, président de la CPME Sud.
Alain Gargani, président de la CPME Sud. — Photo : D.R.

61 % des 1 450 entrepreneurs interrogés par la CPME Sud, dans le cadre d’une enquête qu’elle vient de mener sur la situation de crise actuelle, annoncent envisager une fermeture de leur activité. À quelques jours de la réouverture de la plupart des commerces et des entreprises, le pourcentage traduit bien l’inquiétude du monde économique. « Nous avons voulu faire une photographie de l’activité régionale pour faire ressortir des chiffres clés », précise en préambule Alain Gargani, président de la CPME Sud. À ce chiffre, s’ajoutent les 34 % de dirigeants qui envisagent de poursuivre leur activité mais de façon restreinte. « Le prêt garanti par l’État représente d’ores et déjà 4 milliards d’euros en Paca et 80 % des bénéficiaires sont des TPE, ce qui est logique par rapport à notre tissu économique, mais beaucoup d’entreprises essuient des refus. Des banques ne jouent pas le jeu et beaucoup de sociétés n’ont pas la trésorerie nécessaire pour franchir ce moment difficile », poursuit Alain Gargani. Selon l’enquête, seules 44 % des entreprises interrogées disposent d’une trésorerie leur permettant de couvrir entre un et trois mois d’exploitation.
Si une annulation pure et simple des charges a été annoncée pour les commerçants, la CPME souhaiterait voir élargie cette mesure à l’ensemble des TPE et des PME. Pour Bernard Bergier, président de la CPME du Vaucluse, les entreprises doivent désormais faire face à des coûts supplémentaires de reprise de travail liés au matériel nécessaire pour mettre en place les mesures sanitaires : masques, gants, gel, marquage au sol, panneau de protection… « Après deux mois de perte de chiffre d’affaires, tout cela est parfois très difficile à mettre en œuvre », souligne-t-il.
Autre chiffre clé de l’enquête : 93,5 % des dirigeants interrogés observent une baisse de leur chiffre d’affaires et pour 65 % d’entre eux, ce repli est supérieur à 50 %.

Une box a pris coûtant pour les entreprises

Pour Denis Vogade, dirigeant du fabricant de parfums Lothantique basé à Peyruis (04) et né en 1920, la situation est difficile et l’avenir incertain. « Avec mon épouse, nous avons repris en 1987 l’entreprise créée par ma grand-mère au début du XXe siècle. Le 13 mars j’avais encore près d’1 M€ de chiffre d’affaires en portefeuille et le 15, je n’avais plus rien. Tout s’était arrêté de tourner », confie Denis Vogade, dont l’entreprise compte une trentaine de salariés pour un chiffre d’affaires 2019 de 6 M€. « Nous avons alors mis en place des solutions. Nous avons réduit les frais, demandé et obtenu en un temps record le prêt garanti par l’État pour 1,50 M€ et nous avons mis en place une petite production de gel hydroalcoolique avec deux de nos salariés. Mais désormais, les choses sont claires, la saison touristique est morte et le retour du business n’aura pas lieu. J’ai fait une simulation sur 2020. Nous allons avoir sur l’année une perte de chiffre d’affaires de près de 30 %. Nous finirons sans doute 2020 avec 4 M€ de CA au lieu de 6 M€. Et ensuite, il nous faudra commencer à rembourser le prêt… Nous ne pourrons pas passer au travers de licenciements… », explique le dirigeant.
À l’issue de cette enquête, afin d’accompagner les entreprises, la CPME Sud a décidé de mener une réflexion pour pouvoir d’ici à trois semaines faire une vingtaine de propositions directement applicables atour de thèmes comme le consommer/produire local. À quelques jours du déconfinement, la CPME Sud a également réalisé une box comprenant lingettes, gel, masques qu’elle commercialise à prix coûtant (16 euros) auprès des entreprises. 10 000 box vont ainsi être distribuées sur le territoire. Enfin, le Groupement de prévention agréé (GPA) mis en place depuis 2019 au sein des Alpes-Maritimes par la CPME locale devrait être élargi à l’ensemble de la région. « Le GPA est une association dont la vocation est de détecter les difficultés des entreprises et de leur apporter l’aide nécessaire. Nous l’avons mis en place à l’été 2019 et nous sommes prêts à généraliser cette action sur l’ensemble de la région », confie Honoré Ghetti, président de la CPME 06.

Alain Gargani, président de la CPME Sud.
Alain Gargani, président de la CPME Sud. — Photo : D.R.

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