Bouches-du-Rhône

Naval

Coronavirus : La Ciotat Shipyards coordonne la fabrication de masques pour ses entreprises

Par Hélène Lascols, le 14 avril 2020

Pour faciliter la reprise des entreprises du yachting installées sur le port de La Ciotat (Bouches-du-Rhône) et participer à l’effort national, la société publique locale La Ciotat Shipyards s’est lancée dans la fabrication de masques, avec le soutien de deux entreprises installées sur le site. Depuis, une troisième entreprise les a rejointes.

Les Toiles du Large à La Ciotat se lance dans la production de masques.
Les Toiles du Large, à La Ciotat, se lance dans la production de masques de protection. — Photo : Les Toiles du Large

Le 2 avril, La Ciotat Shipyards, société publique locale qui gère le port de La Ciotat spécialisé dans la réparation, l’entretien et la maintenance de grands yachts, répondait à l’appel du gouvernement lancé pour la fabrication de masques barrières alternatifs. « Nous voulions faire un geste pour soutenir le tissu économique local et notamment les entreprises du chantier, pour lesquelles la disponibilité de masques conditionne leur reprise », explique Jean-Yves Saussol, dirigeant de La Ciotat Shipyards.

En s’appuyant sur un référentiel Afnor disponible en ligne et sur deux entreprises, l’Atelier d’Isabelle (société ID Yachting) et Tilcara, installées sur le site des chantiers, 2 000 premiers masques barrières de protection alternatifs ont été réalisés. Ils ont été principalement distribués aux forces de l’ordre, aux agents du service public en charge de missions de soutien (portage des repas aux personnes âgées, travailleurs en Ehpad etc.) et aux salariés qui assurent le maintien de l’activité des chantiers navals. Près de 80 % de ces masques ont été donnés, mais « nous devons aussi pouvoir payer le tissu et rémunérer les entreprises qui fabriquent et que nous ne pouvons pas faire travailler à perte », ajoute Jean-Yves Saussol.

Des masques pour relancer l’activité sur les chantiers

La ville de La Ciotat ayant lancé en parallèle une grande initiative qui réunit 400 bénévoles, La Ciotat Shipyards se concentre depuis le 10 avril sur la fabrication de masques qui permettront à sa trentaine d’entreprises industrielles et leurs 700 salariés, dont MB92 La Ciotat, Monaco Marine ou iXblue, de reprendre le travail. « Certaines, comme iXblue, qui développent des équipements de haute technologie pour les secteurs maritime civil et militaire ainsi que le spatial, ont maintenu leur activité. D’autres, comme MB92 et Monaco Marine ont arrêté toutes les opérations non essentielles tandis que le tissu de sous-traitants continue de recevoir des commandes pour les bateaux sur site. L’activité a considérablement ralenti », détaille Jean-Yves Saussol.

Pour reprendre l'activité, les entreprises ont des besoins qui varient d’une dizaine à une centaine de masques par semaine. « Notre production est dès lors tout à fait adaptée et prend même tout son sens dans la mesure où certaines d’entre elles envisagent une reprise dès cette semaine (13 avril, NDLR) », confie le dirigeant.

Trois entreprises mobilisées pour la production

800 premiers masques lavables devraient ainsi être livrés au cours de la semaine du 13 avril. Isabelle Dimech et Thomas Ratier, patrons de l’Atelier d’Isabelle et de Tilcara, qui emploient chacun quatre salariés, ont pris dès le départ l’engagement de produire « le plus possible, tant qu’on pourra nous fournir de la matière première. » Néanmoins, ces deux entreprises, la première spécialisée dans les tissus utilisés pour l’aménagement et la décoration d’intérieurs de luxe, la seconde proposant tous travaux de sellerie extérieure ou intérieure (réalisation, pose et réparation) à destination des yachts, ont aussi des commandes à honorer.

Dès lors, pour répondre à la demande mais aussi rémunérer de manière juste les entreprises qui fabriquent les masques tout en les proposant à un prix coûtant attractif, La Ciotat Shipyards s’est tourné vers une troisième entreprise, située à quelques mètres des chantiers, la société Les Toiles du Large, qui devrait devenir « le maillon principal de cette production », selon Jean-Yves Saussol.

Dès le début du confinement, cette entreprise ciotadenne, qui recycle les voiles de bateau depuis 2005 en les transformant en sacs, accessoires et objets de décoration, avait mis ses trois salariés en chômage partiel tandis que Stéphane et Anne Couderc, les dirigeants, ont continué de produire pour répondre aux commandes en ligne et ont réalisé leurs premiers masques à partir de voiles recyclées, qu’ils ont donnés localement. « Approchés par La Ciotat Shipyards, notre bailleur, pour produire des masques barrières alternatifs, nous avons pu réintégrer une salariée depuis vendredi (10 avril, NDLR) et l’Esat avec lequel nous avons l’habitude de travailler nous a fourni des adaptateurs nécessaires au bon fonctionnement de nos machines, puisque les matières et techniques utilisées sont différentes », explique Anne Couderc. L’entrepreneuse table sur un rythme de croisière avoisinant les 400 masques par jour, vendus à prix coûtant. « C’est modeste, mais nous avons ainsi l’impression de participer à quelque chose, d’apporter notre part à la lutte contre l’épidémie », ajoute la dirigeante.

Les Toiles du Large à La Ciotat se lance dans la production de masques.
Les Toiles du Large, à La Ciotat, se lance dans la production de masques de protection. — Photo : Les Toiles du Large

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