Bouches-du-Rhône

Aéronautique

Témoignage Coronavirus - Deshons Hydraulique : « Nous ressentirons le creux de la vague vers la fin 2020 »

Par Didier Gazanhes, le 10 avril 2020

Sous-traitant de l'aéronautique, la société Deshons Hydraulique, créée en 1948 et basée à Saint-Chamas, est dirigée par Sophie Deshons Dossetto. Elle poursuit sa production mais craint une baisse de l’activité en décalé, vers la fin 2020.

Sophie Deshons Dossetto dirige l'entreprise créée en 1948 par son grand-père.
Sophie Deshons Dossetto dirige l'entreprise créée en 1948 par son grand-père. — Photo : D.Gz.

La société Deshons Hydraulique, basée à Saint-Chamas et positionnée sur le secteur de l’aéronautique, n’a pas interrompu son activité depuis le début de la crise liée au coronavirus. Forte d’un carnet de commandes conséquent allant jusqu’en 2021, l’entreprise poursuit sa production. « Nos clients ne se sont pas arrêtés. Certains sont fermés mais ont conservé la réception des commandes. Nous sommes par ailleurs sur des délais et des temps de production assez longs et nous avions un stock de matières premières qui nous permet de travailler jusqu’à la fin juin », confie Sophie Deshons Dossatto qui dirige la petite entreprise industrielle de 45 salariés. Une partie de l’effectif de l’entreprise s’est ainsi mise en télétravail et le reste, soit une trentaine de personnes, a aménagé l’atelier de 2 500 m² afin de pouvoir y poursuivre la production tout en respectant les règles de distanciation sociale nécessaires.

Dans les premiers jours, la peur

La dirigeante ne décolère pas contre le slogan « Sauvez des vies, restez chez vous ». « Je comprends bien que l’on a dit cela afin de discipliner les Français, mais en contrepartie, les salariés ont peur de venir travailler. J’ai environ cinq salariés qui ont abandonné et sont en congés. Et ce, malgré toute notre pédagogie. Mais nous ne sommes pas médecins. Et, dans ces conditions, les salariés se demandent comment faire confiance au dirigeant ? J’ai hésité à rester ouvert, mais l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) et le Gifas (Groupement des industries françaises aéronautiques) nous ont largement soutenus en matière de communication, d’organisation et mes équipes ont participé à l’aménagement de l’atelier. Mais les premiers jours la crainte était dans les esprits. Pour la partie chaudronnerie, la mise en place de la distanciation est facile car les postes de travail sont éloignés les uns des autres. Là où nous avons un peu plus de difficulté c’est lors du montage des pièces », explique-t-elle.
Côté télétravail, Deshons Hydraulique a choisi de travailler avec des outils comme les applications de communication Discord ou Zoom, qui permettent la visio-conférence. « Nous menons des réunions quotidiennes par équipe. Pour la partie bureau d’études, la difficulté est de faire travailler ensemble des personnes qui sont maintenant dispersées. C’est un vrai travail de management. Nous vivons une période sans précédent, nous devons donc innover tous les jours ». Si, pour l’heure, la petite entreprise a su maintenir son activité, Sophie Deshons Dossetto s’inquiète pour la fin d’année. « En fonction de l’approvisionnement (certaines pièces proviennent de l’étranger et notamment de l’Italie), en fonction de notre main-d’œuvre, nous risquons peut-être de prendre du retard sur certaines commandes. Par ailleurs, nos clients vont sûrement décaler certains de leurs investissements. Nous ressentirons plutôt le creux de la vague vers la fin 2020 », estime la dirigeante. Deshons Hydraulique enregistre un chiffre d’affaires de plus de 5 millions d’euros.

Sophie Deshons Dossetto dirige l'entreprise créée en 1948 par son grand-père.
Sophie Deshons Dossetto dirige l'entreprise créée en 1948 par son grand-père. — Photo : D.Gz.

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