Alpes-Maritimes

Industrie

Comment One-Too se prépare au déclin de la voiture thermique

Par Olivia Oreggia, le 14 septembre 2021

La PME One-Too, basée à Carros, près de Nice, conçoit et fabrique des solutions sur mesure pour l’industrie 4.0, principalement pour l’automobile. En tant que fournisseur de la filière, elle se doit d'anticiper les réglementations à venir sur la voiture thermique et l'essor de la voiture électrique.

Michelle Cimelli dirige la PME One-Too, implantée à Carros.
Michelle Cimelli dirige la PME One-Too, implantée à Carros. — Photo : Olivia Oreggia

L'Union européenne a annoncé cet été douze propositions législatives pour lutter contre le réchauffement climatique, parmi lesquelles la fin de la commercialisation des voitures essence et diesel en 2035. Si cette proposition devra encore faire l’objet d’un accord entre les États membres et le Parlement européen, les grands constructeurs automobiles amorcent déjà le virage vers plus d'électrique.

La donne n’est évidemment pas la même pour les sous-traitants de la filière. Implantée à Carros (Alpes-Maritimes), la société One-Too (30 collaborateurs, 5 M€ de CA) conçoit et fabrique des outils de mesure et de contrôle pour le transport. Si elle s’est notamment ouverte ces dernières années à l’aéronautique, elle conserve 70 % de son activité auprès des Renault, Stellantis (ex-PSA), Ford et autres Daimler. La PME cinquantenaire se présente comme "le leader mondial dans la tension de courroie de distribution". Autant dire que la fin annoncée du moteur thermique la concerne au premier plan car, dans les voitures électriques, pas de courroies de distribution, de boîtes de vitesse ou de joints de culasse.

Un chercheur pour l'aiguiller

"Nos outils ne sont pas embarqués sur le véhicule, ils permettent de contrôler et mesurer, avant ou après la construction du véhicule", précise Michelle Cimelli, directrice générale de One-Too. "Nous faisons des outils pour réparer les voitures. Des outils qui n'auront pas d'utilité pour réparer les voitures électriques", pose-t-elle. Pour tenter d’y voir un peu plus clair, la PME a fait appel au dispositif RUE (Rapprochement Université/Laboratoires-Entreprises). Pendant six mois, elle accueille un chercheur de l’IUT de Toulon qui doit, à terme, l’aiguiller dans ses orientations. "Notamment sur la batterie des voitures électriques : comment la tester, la recharger, la recycler ? Il va falloir qu’on travaille sur ce sujet. Est-ce encore notre domaine ? On ne sait pas vraiment où on va, personne ne sait, mais on sera obligés d’y aller."

"Le thermique n’est pas mort"

Pour autant, Michelle Cimelli dit ne pas être particulièrement inquiète face à cette mutation à marche forcée vers l'électrique. "C’est un grand retournement mais la richesse de One-Too est d’apporter des idées autour du véhicule. Mais je ne fais pas travailler tous mes collaborateurs sur la voiture électrique, c'est surtout de la R & D pour les quatre ou cinq années à venir", décrit la dirigeante. Je demande à mes collaborateurs de s’imprégner, de sortir de leur zone de confort. C’est comme avec la fabrication additive que nous avons adoptée dans le cadre de l’industrie 4.0, les métiers évoluent et les collaborateurs doivent travailler autrement."

Pour Michelle Cimelli, une chose est sûre, le thermique n’est pas mort. La patronne de One-Too table sur 25 % de ses personnels qui seront guidés par les évolutions de l'automobile, vers l'électrique ou l’hydrogène. "Selon moi, la voiture électrique vivra dans les flottes de société sur de petits parcours urbains, de la livraison, pas au-delà", plaide-t-elle.

Michelle Cimelli dirige la PME One-Too, implantée à Carros.
Michelle Cimelli dirige la PME One-Too, implantée à Carros. — Photo : Olivia Oreggia

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