Marseille

Chimie

Certifié par les Américains, le laboratoire Provepharm poursuit sa maîtrise de sa fabrication

Par Didier Gazanhes, le 24 janvier 2022

Le laboratoire pharmaceutique Provepharm Life Solutions, basé à Château-Gombert, à Marseille, vient de voir son atelier de production certifié par la FDA (Food and Drug Administration) qui valide la possibilité pour l’entreprise de produire ses propres principes actifs pour les médicaments destinés aux États-Unis.

Michel Feraud, dans l’atelier de production de Provepharm Life Solutions.
Michel Feraud, dans l’atelier de production de Provepharm Life Solutions. — Photo : D.R.

La société Provepharm Life Solutions, dont l’origine remonte à 2007, a inauguré voici deux ans son atelier de production au sein de ses locaux, à Château-Gombert. Un investissement de 9 millions d’euros pour un laboratoire de 500 m² doté de réacteurs de 600 litres, qui permettent à l’entreprise de fabriquer ses propres principes actifs. Après avoir obtenu en 2019 le certificat BPF (Bonnes pratiques de fabrication) dédié à l’industrie pharmaceutique, l’entreprise, dirigée par Michel Feraud, vient de se voir agréer par la FDA (Food and Drug Administration) américaine. "Notre fabrication de principes actifs a ainsi reçu le certificat de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) et de la FDA. Nous pouvons produire en interne des molécules qui vont être intégrées à nos médicaments pour l’Europe et les États-Unis, qui représentent notre marché le plus important ", précise le PDG de Provepharm, qui se positionne sur le créneau de la réhabilitation de molécules "oubliées", de produits délaissés, comme le bleu de méthylène. Une troisième voie, qui trace son chemin entre le groupe pharmaceutique travaillant sur des médicaments génériques, et la biotech partant de zéro pour parvenir après de longues années à un nouveau médicament.

Maîtriser la production

"Nous avons toutefois une approche résolument industrielle. Nous sommes partis de zéro avec une sous-traitance à 100 % et, petit à petit, nous intégrons la fabrication. La maîtrise de la production est la clé de tout. La pandémie a démontré la fragilité des entreprises qui dépendent de tiers pour leur fabrication. La plupart des principes actifs sont fabriqués en Asie ou en Inde. En intégrant la production, nous allons gagner en temps". Actuellement, les principes actifs de Provepharm sont fabriqués chez un sous-traitant, puis la mise en ampoules et en flacons est sous-traitée au sein d’une autre entreprise. "Il est trop risqué de ne travailler qu’avec un seul site de production. Si ce dernier se retrouve dans l’incapacité de fabriquer, il faut qu’un second prenne le relais immédiatement. Il faut 18 mois pour avoir une autorisation. Nous sommes sur un métier extrêmement réglementé avec des délais incompressibles. Pour l’instant, pour le bleu de méthylène, à Château-Gombert nous sommes soutien de notre sous-traitant. Pour nos futurs produits, ce sera l’inverse", détaille le dirigeant.

Une levée de fonds de 120 M€

Ayant intégré la fabrication de ses principes actifs, Provepharm envisage désormais de dupliquer cette même logique au produit fini, au médicament. Un terrain, mitoyen à celui du siège, devrait prochainement accueillir les travaux de construction de 3 000 m² de superficie dédiés à la production. " Nous devrions être opérationnels d’ici deux à trois ans ".

L’entreprise (90 salariés), qui a un chiffre d’affaires de 65 millions d’euros, pour la quasi-totalité réalisé à l’export, et qui a enregistré une croissance de 30 % l’an dernier, ambitionne de doubler son chiffre d’affaires à court terme. "Nous venons de lever 120 millions d’euros en anticipation afin de pouvoir nous positionner au plus vite sur des opportunités d’acquisition, pour compléter notre gamme de produit et notre réseau de distribution. Nous cherchons plutôt une entreprise européenne qui nous permettra de conforter la maîtrise de notre distribution". Provepharm s’est en effet également dotée ces dernières années d’une force de vente en propre qui démarche les hôpitaux en direct. "Nous voulons être en contact avec l’utilisateur final afin de mieux connaître ses besoins et ses attentes. À terme, nous voulons être un véritable laboratoire pharmaceutique indépendant…" conclut Michel Feraud.

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