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Bioriginal donne un goût durable à l'événementiel

Par Olivia Oreggia, le 16 mai 2022

Elroy Stend a créé Bioriginal, traiteur événementiel, il y a dix ans. Son positionnement sur la réduction des déchets et le développement durable n’était alors pas très tendance. Depuis, les consciences écologiques et la nécessité d’une image "green" parmi sa clientèle professionnelle, lui ont donné raison.

Elroy Stend a fondé Bioriginal, traiteur événementiel durable, en 2012.
Elroy Stend a fondé Bioriginal, traiteur événementiel durable, en 2012. — Photo : Bioriginal

En recherche d’un sens qu’il ne trouvait pas dans son emploi de serveur, et pour des raisons familiales, Elroy Stend se lance il y a dix ans dans le traiteur événementiel sur la Côte d’Azur. "Je n’avais pas de client, pas d’argent, je n’avais même pas mon permis de conduire, et le développement durable n’était pas ce qu’il est aujourd’hui, surtout en tant que traiteur événementiel. On n’aurait pas parié sur moi !", s’amuse-t-il aujourd’hui. Boulanger-pâtissier de formation, il monte sa petite affaire autour d’une question qui en restera la colonne vertébrale : comment mener son activité de façon écologique ? "Dès le départ, je voulais réduire mon impact sur l’environnement, explique-t-il. Cela impliquait de travailler des produits bio, locaux, de saison. Cela passe aussi par du tri sélectif évidemment, du compost de nos déchets, du transport en véhicule électrique, des décorations naturelles, des vestes et des nappes en coton biologique… toute une démarche poussée au maximum." Tout cela ayant un coût, les marges sont moindres. Le dirigeant assume son choix. Et son positionnement initial semble bien lui donner raison.

Une prime au sourire

Depuis la reprise post-Covid du secteur événementiel, la petite entreprise (5 collaborateurs) enchaîne les prestations. Jusqu’à neuf par semaine, "du jamais vu". Installé dans la zone industrielle de Carros, son laboratoire de 120 m2 qui lui "paraissait gigantesque" à ses débuts est aujourd’hui bien trop étroit.

Longtemps le bouche-à-oreille lui a fourni sa clientèle. Attirant les adeptes du bio mais surtout des entreprises qui voulaient du bon, pas forcément du bio. "J’ai donc beaucoup orienté mon travail sur la qualité des produits et du service. En plus de leur salaire, je verse ainsi une prime de 2 euros de l’heure à mes serveurs pour qu’ils sourient ! Je me suis ainsi fait connaître comme le traiteur sympa et bon."

Avec la pandémie, les choses ont ostensiblement changé. Nombre d’entreprises font appel à Bioriginal précisément pour sa démarche orientée développement durable. À l’instar de ce client allemand au cours du Mipim, le marché international des professionnels de l’immobilier qui s’est tenu à Cannes en mars dernier. "Les grandes entreprises ont besoin de travailler leur image écolo. Les plus petites ont souvent une véritable conviction portée par le dirigeant ou les responsables."

Un projet à 1,5 million d’euros

D’ici deux ans, Elroy Stend veut créer un vaste laboratoire de 400 à 500 m2 avec un terrain agricole attenant où il pourra aménager un potager en permaculture, installer des ruches… Un projet pour lequel il recherche les lieux adéquats et bien sûr les financements. Il estime l’investissement à près d’1,5 million d’euros. "Cette année, je vise les 250 000 à 300 000 euros de chiffre d’affaires. Peut-être davantage selon les effets du Grand Prix de Monaco. Fin 2023, je pourrai atteindre les 500 000 euros et ainsi aller taper à la porte d’organismes financiers pour leur montrer que mon projet est solide." Assez pour pouvoir alors être candidat à des appels d’offres et nourrir sainement et avec le moins d’impact possible sur l’environnement, les événements de la Côte d’Azur.

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