Sophia Antipolis

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Avec son intelligence artificielle, MyDataModels aide à prédire la toxicité des mélanges en cosmétique

Par Olivia Oreggia, le 26 août 2022

L’entreprise sophipolitaine MyDataModels s’est associée à la grassoise Immunosearch, au CNRS et à Université Côte d’Azur dans un projet visant à identifier et prédire la toxicité de certains mélanges à visée cosmétique. Sa technologie d’intelligence artificielle permettra notamment de réduire les tests pratiqués en laboratoire sur les animaux.

Félix-Eliott Kudelka, responsable du développement et des partenariats au sein de MyDataModels.
Félix-Eliott Kudelka, responsable du développement et des partenariats au sein de MyDataModels. — Photo : Olivia Oreggia

Spécialiste de l’analyse prédictive basée sur l’IA et la small data, la sophipolitaine MyDataModels (30 collaborateurs, CA : NC) s’est associé à l’entreprise grassoise ImmunoSearch, leader en recherche de toxicologie des molécules pour les produits cosmétiques et parfums, au CNRS et à Université Côte d’Azur et à certains de leurs laboratoires communs (lnstitut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire, Laboratoire Informatique Signaux et Système de Sophia Antipolis, Institut de Chimie de Nice) pour mener le projet baptisé New Generation Toxicology in vitro (NewGenToXiv). C’est ainsi l’excellence de tout un écosystème made in Côte d’Azur qui s’illustre à travers ce consortium dont les ambitions sont internationales.

Réduire les risques de cancers

Si l’intelligence artificielle est souvent très abstraite, son utilisation est particulièrement concrète dans ce projet. Il s’agit "à partir de peau de synthèse, de couvrir et tester des produits combinés et de prédire la potentielle toxicité des mélanges, explique Félix-Eliott Kudelka, responsable du développement et des partenariats au sein de MyDataModels. Cela peut se faire grâce à la technologie d’intelligence artificielle que nous avons développée. Il est en effet impossible humainement de tester toutes les combinaisons d’ingrédients et donc impossible d’en évaluer la toxicité. Il faudrait des siècles de calculs quand l’IA va mettre quelques heures ou jours." Les applications en matière de santé sont majeures : l’ambition étant de détecter et prévenir la carcinogénèse des produits, à savoir l’apparition de cancers, en particulier ceux du poumon et du foie. Autre intérêt de taille : remplacer les tests habituellement effectués sur les animaux. "Cela est devenu non seulement insupportable sur un plan éthique et cela prend souvent des années et coûte très cher. " L’expérimentation animale portant sur les produits cosmétiques est par ailleurs interdite par la réglementation européenne depuis 2013 mais dans les faits, elle est toujours pratiquée, à la demande notamment ces dernières années de l’Agence européenne des produits chimiques.

L’IA, de l’industrie à la recherche

Le projet est financé par BpiFrance à hauteur de 7 millions d’euros sur quatre ans dans le cadre du quatrième Programme d’investissements d’avenir (PIA4). Alors qu’il démarre, il s’étalera sur les quatre ans à venir.

Fondées en 2018, MydataModels et sa propre technologie d’IA adressent le monde industriel parmi lesquels Schneider Electric ou Thales avec lequel elle collabore sur la détection des menaces sous-marines. Parallèlement, l’entreprise intéresse de plus en plus la santé et la recherche, domaines pour lesquels elle développe actuellement de nouvelles solutions dédiées.

L’entreprise a été retenue cette année pour intégrer Confiance.ai, le plus gros programme de recherche technologique du plan AIforHumanity qui vise à faire de la France un des pays leader de l’intelligence artificielle. Le collectif a été bâti autour de grands groupes tels qu’Airbus, Air Liquide, Safran, Renault, Thales ou Naval Group.

Après une levée de fonds de 2,5 millions d’euros fin 2020 et une autre de trois millions d’euros en février dernier, MyDataModels devrait lancer une "série A d’importance" d’ici la fin de l’année.

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