Alpes-Maritimes

Environnement

Avec son filet anti-déchets, Pollustock accélère de manière fulgurante

Par Olivia Oreggia, le 10 septembre 2021

Spécialisé dans la dépollution, Pollustock créée et pose des filets qui retiennent les macrodéchets aux exutoires des réseaux d’eaux de pluie pour éviter leur dissémination dans les cours d’eau et les mers. La PME installée près de Cannes, connaît une forte accélération, à la mesure de la prise de conscience globale de l’urgence d’agir pour préserver la planète.

Stéphane Asikian a fondé Pollustock en 2009.
Stéphane Asikian a fondé Pollustock en 2009. — Photo : Olivia Oreggia

Si l’équipe de Pollustock est restée au sein du parc d’activité de la Siagne à Mandelieu près de Cannes, elle a dû l’an dernier emménager dans 300 m2. "Mais il faudrait le double !", assure Stéphane Asikian, dirigeant et cofondateur de l’entreprise. "Nous connaissons une accélération fulgurante. Les sollicitations viennent de partout, vraiment partout. Nous venons de remporter par exemple un appel d’offres à Mayotte." Depuis 2009, Pollustock développe des solutions de dépollution parmi lesquelles le filet HR1000 qui, installé en sorties d’exutoires, canalisations et avaloirs, retient les macro-déchets afin qu’ils ne finissent pas dans les mers et cours d’eau. Sans surprise, la pêche est toujours miraculeuse : mégots de cigarettes, lingettes, canettes, bouchons, bâtonnets de sucettes plastiques, masques chirurgicaux et même des chariots de supermarché.

Le filet de Pollustock capture toutes sortes de déchets.
Le filet de Pollustock capture toutes sortes de déchets. - Photo : Pollustock

Pollustock vient de boucler sa première levée de fonds, dont elle ne communique pas le montant, auprès de business angels locaux, afin de recruter cinq salariés et porter ainsi rapidement son effectif à 13 personnes. "Nous allons entrer dans une autre dimension car nous allons recruter des commerciaux, ce sera une première, mais aussi un responsable projet, un technicien opérationnel ainsi qu’un dessinateur en structure industrielle, car nous utilisons de plus en plus de pièces métalliques. Le filet de cesse d’évoluer."

200 sites en France

Dans le bureau de Stéphane Asikian est affichée une grande carte de France ponctuée de petites gommettes de couleurs marquant chaque zone équipée de ces filets. Et il y en a littéralement aux quatre coins du pays : de la Côte d’Azur bien sûr à Rouen, de Marseille à la région parisienne, en passant par la Bourgogne ou le Bordelais. Deux cents sites au total. "La crise sanitaire a vraiment fait naître une prise de conscience qui, désormais, se transforme en actes. Dans les collectivités territoriales, ça a déclenché quelque chose et c’est positif pour toutes les entreprises qui proposent comme nous des mesures correctives. Et elles ont une volonté d’aller vite. L’aspect péjoratif de la démarche, le fait que cela ait été un sujet tabou pendant des années, tout cela est terminé. Les collectivités s’organisent en conséquence pour créer des services afin d’aller récupérer la poubelle sur un réseau d’eau pluviale. Au-delà de la solution technique, pousser chacun à agir, c’est une vraie fierté. On peut agir, c’est ça le message. Il ne s’agit pas juste de signer un contrat et de prendre de l’argent. On sait que lorsqu’on prend du retard sur la pose d’un filet, ce sont des milliers de déchets qui partent dans l’environnement chaque minute. Nous avons une responsabilité."
Selon l’association WWF, la France contribue au rejet de 80 000 tonnes de plastiques dans la nature chaque année, dont plus de 10 000 entrent en mer Méditerranée.

Autres levées de fonds à venir

Après une année 2020 forcément compliquée par le Covid, Pollustock devrait enregistrer cette année un chiffre d’affaires légèrement supérieur à celui de 2019 qui était de 800 000 euros. L’entreprise prévoit d’autres levées de fonds, notamment pour financer ses ressources humaines. Mais Stéphane Asikian veut rester prudent et avancer par étapes. Il prévoit, idéalement d’ici la fin 2021, une implantation à Paris. Quant à l’international, si les sollicitations affluent, il reste trop d’incertitudes liées à la crise sanitaire. Mais in fine, pour Pollustock, "notre objectif, c’est le monde".

Stéphane Asikian a fondé Pollustock en 2009.
Stéphane Asikian a fondé Pollustock en 2009. — Photo : Olivia Oreggia

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