Bouches-du-Rhône

Chimie

Avec sa nouvelle usine, Technicoflor veut doubler son chiffre d'affaires d'ici à trois ans

Par Didier Gazanhes, le 13 octobre 2021

La PME Technicoflor, basée dans les Bouches-du-Rhône et spécialisée dans la création de parfums et arômes pour l'industrie, vient d’ouvrir sa toute nouvelle usine, entièrement automatisée. Un investissement qui va lui permettre de presque tripler sa production et de diviser par deux son temps de fabrication.

Au sein de la nouvelle usine de Technicoflor à Allauch, un automate disposant de trois lignes de production de plus de 40 mètres de long prépare les commandes à partir de 523 matières premières.
Au sein de la nouvelle usine de Technicoflor à Allauch, un automate disposant de trois lignes de production de plus de 40 mètres de long prépare les commandes à partir de 523 matières premières. — Photo : TechnicoFlor

Sur un terrain de deux hectares mitoyen du siège social historique dans lequel le créateur de compositions aromatiques pour l'industrie de la parfumerie, de la cosmétique et des arômes alimentaires Technicoflor est installé depuis 1982 à Allauch (Bouches-du-Rhône), vient de voir le jour un centre de production de 5 000 m², entièrement automatisé et digitalisé. "Notre nouvelle usine est l’une des plus automatisée de France et l’une des trois premières de rang mondial", confie Maxime Gransart, directeur général adjoint de l’entreprise, créée et dirigée par François-Patrick Sabater.

Si l’ancien site de Technicoflor était déjà doté d’un robot pour la production, le concept va bien plus loin au sein de la nouvelle usine, qui compte une vingtaine de salariés et a coûté de près de 14 millions d'euros. Au cœur du bâtiment, un automate disposant de trois lignes de production de plus de 40 mètres de long prépare ainsi en toute autonomie les commandes à partir de 523 matières premières (sur les 950 utilisées par Technicoflor), que ce soit dans des contenants de 5 litres ou de 1 000 litres. "Cet outil va permettre d’accroître notre production de 800 tonnes à 2 200 tonnes de parfums par an, tout en divisant notre temps de production par deux. Nos clients travaillent en flux tendu. L’idée est de pouvoir les livrer en moins de cinq jours", poursuit Maxime Gransart. Technicoflor travaille sur trois secteurs principaux : la parfumerie (dont parfums d’ambiance), l’hygiène et l’entretien.

Construction d’une usine en Chine

Le groupe Technicoflor (230 salariés), qui compte un chiffre d’affaires 2020 de 55 millions d’euros, envisage grâce à ce nouvel outil une croissance à 70 millions d’euros en 2022 et 100 millions d’euros d’ici à trois ans, au travers de ses trois entreprises : Technicoflor Parfums, IES (qui distribue des matières premières pour le monde de la parfumerie) et Fontarôme, spécialisée dans les arômes alimentaires.

Une usine similaire à celle d'Allauch devrait voir le jour en Chine sur un terrain de 10 000 m² à Beautéville, la nouvelle "cosmétique valley" chinoise. Elle lui permettra d’accroître sa capacité de production en Asie d’ici à 2022. Une zone que l’entreprise connaît bien puisqu’elle y réalise près du tiers de son chiffre d’affaires, par ailleurs orienté à plus de 70 % à l’international. Technicoflor s’est installé en 1987 à Pékin, puis à Hong Kong en 1991 et à Canton en 2004 avant de construire une première unité de production et un centre de recherche et développement à Shanghai. Le Moyen-Orient et l’Afrique (via Dubaï) représentent actuellement 17 % du chiffre d’affaires de l’entreprise. "Ce sont des marchés plus récents, qui ne datent que de trois ans, mais à très fort potentiel", estime Maxime Gransart. L’Amérique demeure pour l’instant le seul continent sur lequel Technicoflor n’a pas pris position. "Cela fait partie de nos souhaits. Nous visons l’Amérique du Nord avec une installation à New York ou dans le New Jersey", confie François-Patrick Sabater.

Démarche écoresponsable

Pour respecter la démarche écoresponsable chère à Technicoflor, le nouveau site de production d'Allauch prévoit la valorisation des déchets, l’optimisation des énergies, un système de nettoyage haute pression, des panneaux photovoltaïques pour recharger les véhicules hybrides et un bassin de rétention afin d’optimiser la gestion de l’eau. Depuis 2020, l’entreprise a notamment mis en place le programme Better tomorrow, qui a pour but de proposer aux marques clientes des formules composées de matières écoresponsables. "Au travers de ce programme, nous avons interrogé nos principaux fournisseurs sur les questions de responsabilité sociétale, de préservation de la biodiversité, l’utilisation de process propres et non polluants,et nous les avons évalués. Nous ne travaillons plus avec ceux qui ne nous ont pas répondu. Les clients n’exigent pas encore ces informations mais cela va venir", précise François-Patrick Sabater.

Par ailleurs, Technicoflor a lancé en 2021 un outil qui permet de fournir le pourcentage de biodégradabilité des parfums en se basant sur les normes officielles fournies par l’OCDE.  "Le monde de la parfumerie doit aller vers la transparence. Dans notre métier, il y a chez certains un culte du secret afin de préserver des formules. C’est ridicule, aujourd’hui rien ne peut résister à une analyse scientifique. Nous donnons nos formules à nos clients", conclut Maxime Gransart.

Au sein de la nouvelle usine de Technicoflor à Allauch, un automate disposant de trois lignes de production de plus de 40 mètres de long prépare les commandes à partir de 523 matières premières.
Au sein de la nouvelle usine de Technicoflor à Allauch, un automate disposant de trois lignes de production de plus de 40 mètres de long prépare les commandes à partir de 523 matières premières. — Photo : TechnicoFlor

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