Sophia Antipolis

Emploi

Avec le digital, Welljob veut révolutionner l'intérim

Par Olivia Oreggia, le 22 octobre 2019

Groupe familial spécialisé dans le travail temporaire, Welljob accélère une transition numérique déjà bien amorcée. Après des bornes interactives de recherche d’emploi installées dans les gares ou les centres commerciaux, l’entreprise basée à Sophia Antipolis prépare pour la fin de l’année le lancement d’une plateforme digitale de recrutement basée sur l’intelligence artificielle.

Stéphane Deroeux a cofondé Welljob en 1997, à Sophia Antipolis. Après les bornes interactives de recherche d'emploi, Huclink, le groupe familial d'interim se prépare à lancer Waype, une plateforme 100% digitale de recrutement basée sur l’intelligence artificielle.
Stéphane Deroeux a cofondé Welljob en 1997, à Sophia Antipolis. Après les bornes interactives de recherche d'emploi, le groupe familial se prépare à lancer une plateforme digitale de recrutement. — Photo : Welljob

« Le secteur du travail temporaire était, jusqu’à il y a deux ans, très immobile. Contrairement à d’autres services comme la banque ou l’assurance, la digitalisation n’avait pas touché notre métier. Mais aujourd’hui, il explose ! » Stéphane Deroeux le sait, l’entreprise qu’il a cofondée en 1997 doit aujourd’hui aller très vite pour garder sa place au sein d’un secteur très concurrentiel. Et donc, innover. Basé à Sophia Antipolis, Welljob (73 M€ de CA en 2018) compte 170 collaborateurs et 53 agences d’intérim à raison d’une nouvelle ouverte chaque mois en moyenne. « Et pas une seule fermée en 21 ans ! »

« 50 % de nos bénéfices investis dans le digital »

La matière première de l’entreprise demeure donc humaine. Pour autant, celle-ci a amorcé il y a plusieurs années déjà un grand virage numérique. « Plus de 50 % de nos bénéfices sont réinvestis dans le digital. » Avec sa start-up « maison », HucLink créée en 2017, Welljob a lancé des bornes interactives permettant de consulter des offres d’emploi géolocalisées et de postuler sans CV. Elle a signé un contrat avec la SNCF pour le déploiement d’une centaine d’entre elles dans les gares et séduit de nombreuses foncières, leur ayant fait une place dans leurs plus grands centres commerciaux (Terrasses du Port à Marseille, Euralille, Cap 3000 près de Nice…).

Recruter avec son smartphone

D’ici début 2020, l’entreprise lancera Waype, une plate-forme dématérialisée qui permettra d’embaucher à partir d’un smartphone « grâce à l’intelligence artificielle. Les missions seront géolocalisées. Les intérimaires pourront se noter disponibles selon les dates de la mission demandée. Ils seront classés grâce à un système de notation, un peu comme les chauffeurs Uber, les mieux notés apparaîtront en premier. Tout sera automatisé : contrats, déclaration à l’embauche, factures, fiches de paye… avec signature électronique. » Aucune intervention humaine donc.

Pour autant, « Waype ne viendra surtout pas en concurrence d’agences mais en complément », assure Stéphane Deroeux. « Elle ne s’adresse pas aux entreprises qui utilisent de gros volumes d’intérimaires à l’année et qui ont donc des besoins importants dans la gestion des contrats, mais aux artisans ou aux TPE qui n’ont que des besoins sporadiques. » Et s’adapter par là même à de jeunes générations qui ne font pas un pas sans smartphone.

Miser sur la marque employeur

Entre l’humain et la technologie, Welljob a donc décidé de ne pas choisir. « Le nerf de la guerre, c’est la marque employeur », assure le dirigeant. « Nous avons mis en place des petites choses qui créent cette marque employeur : nous avons une hiérarchie à plat, nous n’avons aucun directeur régional ; chaque nouvelle recrue à un parrain ou une marraine d’une autre ville ou agence, pour créer du lien ; nous faisons des rapports d’étonnement trois mois après l’entrée dans l’entreprise, un questionnaire anonyme dont on se sert pour travailler sur nos points faibles mais aussi conforter nos points forts ; on fait des jeux internes… » Pour Stéphane Deroeux, le bien-être de ses salariés est aussi garanti par la croissance organique de l’entreprise. Une croissance maîtrisée qui lui permet de rester indépendante. Elle vise les 90 M€ de chiffre d'affaires pour l'année 2019.

Stéphane Deroeux a cofondé Welljob en 1997, à Sophia Antipolis. Après les bornes interactives de recherche d'emploi, Huclink, le groupe familial d'interim se prépare à lancer Waype, une plateforme 100% digitale de recrutement basée sur l’intelligence artificielle.
Stéphane Deroeux a cofondé Welljob en 1997, à Sophia Antipolis. Après les bornes interactives de recherche d'emploi, le groupe familial se prépare à lancer une plateforme digitale de recrutement. — Photo : Welljob

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