Anne Lechaczynski : L'engagement au féminin

Par la rédaction, le 06 mars 2009

La P-dg de La Verrerie de Biot ne compte plus ses casquettes. Qu'il soit local ou national, Anne Lechaczynski conjugue son engagement au féminin pluriel. Rencontre avec une femme affirmée pour qui les métiers d'art doivent s'ouvrir au tourisme pour rester pérennes.
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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Anne Lechaczynski est une femme heureuse. Décorée, le 9février dernier, des insignes du Chevalier de l'Ordre national du Mérite par le Secrétaire d'État Hervé Novelli, c'est avec un sourire franc et chaleureux qu'elle nous reçoit quelques jours plus tard au sein de La Verrerie de Biot, entreprise qu'elle préside depuis 2000. Son discours, elle a choisi de le consacrer aux rencontres qui ont jalonné son parcours, et fait d'elle une femme engagée. Localement d'abord: membre de l'association Mamab, d'Andantino, du Club Mistral, du Club des Dirigeants de Sophia Antipolis, du Forum de l'Entreprise... La liste est longue. Politiquement, ensuite: «Cet engagement est avant tout professionnel. Mon propos est de donner au monde politique un regard juste du monde économique, des métiers d'art et du tourisme.» D'où lui vient cette conscience citoyenne? «De mes parents, assurément.» Issue d'une famille d'immigrés polonais et italiens, «on m'a toujours dit de ne compter que sur moi-même. De ne rien attendre des autres. D'abord, tu donnes, et après tu recevras». À cela s'ajoute un trait de caractère affirmé: «J'ai horreur de pester pour pester. Si quelque chose ne me convient pas, je m'engage pour le faire changer. Il faut être force de proposition, sans quoi vous êtes finalement responsable de la médiocrité constatée.»




Expérience new-yorkaise

Un engagement total donc, qu'elle mène de front avec le développement de La Verrerie de Biot, entreprise artisanale et touristique au chiffre d'affaires consolidé de 4M€. Plus de 700.000 visiteurs foulent chaque année les allées de l'atelier où une quinzaine de verriers soufflent du verre bullé et produisent quelque 500.000 pièces. Une entreprise que ses parents, Jean et Danielle Lechaczynski, ont reprise en 1973. Anne avait alors 10 ans... et pas forcément envie de prendre la suite. Ce n'est qu'après des études de commerce, qu'elle s'implique durablement dans l'entreprise familiale. Nous sommes en 1987. La jeune femme de 24 ans s'envole pour New York et crée Biot Inc, société de distribution américaine de La Verrerie de Biot. Associée à un partenaire américain qui possédait 18 magasins de décoration aux États-Unis, elle monte et anime un réseau de distribution... Puis tente, en 1995, une expérience à Wall Street. Mais l'aventure tourne court. «J'ai découvert un monde sans foi ni loi, du domaine de l'invraisemblable.» Échaudée, Anne revient en France en 1996, l'entreprise entamant alors une phase de développement dans laquelle elle avait un rôle à jouer. Pourtant, l'intégration ne se fait pas sans mal. «J'ai appris à travailler aux États-Unis où le modèle managérial est plus direct, voire un peu grinçant. J'ai dû trouver mes marques et faire évoluer ma façon de travailler.» Une fois l'orage passé, Anne s'attelle à la tâche et recentre l'affaire sur son coeur de métier, le tourisme et le tourisme culturel.




Le tourisme comme axe de développement

Elle dit: «Je suis persuadée que les métiers d'art, pour être pérennes, doivent s'ouvrir au tourisme». Et «si 70% de notre production est encore faite sur place, c'est uniquement parce que nous sommes tournés vers ce secteur d'activité. Sinon, économiquement parlant, cela n'aurait aucun sens». Peu à peu, La Verrerie de Biot agrandit sa Galerie Internationale du Verre et se dote d'un Écomusée. Restaurants et boutique de souvenirs viennent compléter l'offre. L'entreprise devient ainsi «le 82e site le plus visité en France». En 2000, Anne en prend la présidence et son frère, Serge, la direction générale. «Sur le papier.» Car pour les Lechaczynski, hors de question de se couper de l'expertise parentale, ni de travailler en contradiction avec ce qu'ils ont réalisé. «Mon propos, c'est de faire avancer l'entreprise, pas de prouver que je suis la meilleure.» Ainsi, le frère et la soeur envisagent, pour doper la fréquentation, la création d'une fondation d'art contemporain. Quant à ses projets personnels? «Continuer comme ça! Je suis ravie de la vie que je mène...» Et de conclure dans un sourire: «Si seulement les journées pouvaient avoir 48h, cela me permettrait d'en profiter plus!»

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