Industrie

Alpes-Maritimes : Sclavo donne une nouvelle vie aux déchets industriels

Par Christiane Navas, le 20 mars 2015

Sclavo Environnement, spécialiste de la gestion globale des déchets industriels, a su anticiper et donner au métier ses lettres de noblesses. Avec l'arrivée de la quatrième génération et de gros investissements, le groupe familial azuréen continue à préparer l'avenir.
Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Quand en 1918 Antoine Sclavo, après avoir quitté son Piémont natal, se lance dans la récupération de ferraille et chiffons à Nice, il n'imagine pas qu'il construit là les fondations d'un vrai groupe industriel. Spécialiste de la gestion globale des déchets industriels, Sclavo Environnement pèse aujourd'hui 28 M€ de chiffre d'affaires, emploie une cinquantaine de personnes et fait référence dans les Alpes-Maritimes et le Var. Pas moins d'un millier de professionnels sont ainsi venus découvrir, lors des journées portes ouvertes fin janvier 2015, le tout nouveau centre de tri et de valorisation des déchets aménagé sur la ZAC du pôle BTP à Fréjus, pour lequel le groupe a investi 12 M€.

Deux filiales
Aux commandes de l'entreprise avec son frère Michel, Jean-Marc Sclavo, petit-fils d'Antoine, a su anticiper la mutation du métier. « J'avais tout juste 23 ans quand j'ai repris l'entreprise familiale au début des années 80. Nous avions une activité de ferrailleur, or il fallait donner une nouvelle impulsion pour préparer l'avenir. Répondre aux besoins des entreprises du BTP m'a semblé le bon choix, c'est ainsi que nous avons développé une double activité, la gestion des déchets et le négoce des fers et métaux ». Deux filiales, SINC/SLM dans les Alpes-Maritimes et Sofovar dans le Var, ont donc été créées et différents sites aménagés pour la collecte, le regroupement et le tri des déchets à Drap, Nice, Saint-Laurent du Var, La Roquette-sur-Siagne et Fréjus. Ainsi fer, métaux, déchets non dangereux (gravats, plastiques, cartons, plâtres, bois, etc.), mais aussi aérosols, peintures, solvants, huiles... classés déchets dangereux sont pris en charge pour une clientèle composée d'entreprises du BTP, de parfumeurs du pôle grassois, de garages ou encore de grandes surfaces. Sclavo gère également plus de 300 points de collecte piles et néons en Paca pour le compte d'éco-organismes comme Corepile, Screlec ou Recyclum.

Optimiser la valorisation
La valorisation est au coeur du savoir-faire du groupe avec pour objectif de réduire au strict minimum le pourcentage de déchets ultimes pour lesquels il n'y aura d'autres solutions que l'enfouissement, sur des sites spécialisés dans les Bouches-du-Rhône faute de solutions dans les Alpes-Maritimes ou le Var. « Nous sommes parvenus à un taux de valorisation de près des 85 % des déchets que nous traitons », assure Jean-Marc Sclavo qui a mobilisé ses équipes, dès 2007, pour décrocher la certification environnementale 14.001. Cette valorisation est aujourd'hui organisée à partir de l'éco-pôle recyclage, ouvert à Fréjus en 2014, avec des installations qui ont une capacité de traitement de 147.000 tonnes par an. À partir de la zone de vrac et un premier tri à la grue mécanisée, les déchets séparés en petits et gros volumes sont traités sur des chaînes automatisées, un tri manuel en fin de parcours complète l'opération. Des casiers de stockage accueillent les déchets triés par catégories et une presse à balle, d'une capacité de 30 tonnes de valorisation à l'heure, permet de les compacter. Les balles de déchets sont ensuite expédiées vers les filières de recyclage dédiées mises en place en France et en Europe. « Nous faisons même de la grande exportation », précise Jean-Marc Sclavo. Le dirigeant travaille avec ses équipes à la rédaction d'un cahier des charges pour faire évoluer les déchets ultimes (non triables) vers du CSR (combustible solide de récupération) destiné aux cimenteries, ce qui contribuerait à porter la valorisation des déchets traités par le groupe à près de 100 %. Préserver la dimension familiale de l'entreprise figure en tête de la feuille de route du patron de Sclavo, déjà épaulé par les acteurs - ils sont huit - de la quatrième génération. Mais parce que l'union fait la force, notamment pour gagner de nouveaux marchés, Jean-Marc Sclavo a rejoint le réseau national Praxy, qui réunit des entreprises partageant la même philosophie : « Préserver la complicité entre l'homme et son environnement ».

Sclavo


(Nice) Dirigeant : J.-M. Sclavo CA 2014 consolidé : 28 M€ 48 personnes Tél. : 04 93 55 13 84 @email

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