Toulon

Numérique

43.117 : La filière numérique en quête d'attractivité

Par Hélène Lascols, le 07 juin 2013

Les 62 entreprises toulonnaises du numérique ont un nom de code : 43.117. Elles ont une ambition forte : transformer le grand Toulon en un pôle attractif et reconnu. Leur objectif ? Développer une marque RH forte, capable d'attirer à elles tous les talents.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Au mois de mars 2013, la commission européenne publiait une enquête annonçant la création de 900.000 emplois dans la filière numérique d'ici à 2015. En quinze ans, 300 000 emplois nets ont déjà été créés en France (Source : Munci). En région Paca, 41 000 personnes travaillent dans le numérique et à Toulon, la filière 43 117 regroupe 62 entreprises, dont certaines connaissent de belles croissances et créent des emplois. L'entreprise Maison du numérique, qui commercialise sur le Web des produits technologiques et multimédias, employait 10 personnes il y a un an. « Aujourd'hui, nous avons 23 salariés et une dizaine de postes ouverts », confie Marc David, son président. Chez Ennovia, spécialisée en ingénierie de maintenance et d'essais, l'effectif est passé de 15 personnes en 2011 à 25 actuellement dont une majorité d'ingénieurs développeurs.

Des difficultés à recruter

Ces chefs d'entreprises ne connaissent pas la crise, mais peinent à trouver les bons profils. « Nous dirigeons des petites entreprises et nous sommes installés à Toulon, une ville peu connue pour son dynamisme numérique et dont le tissu économique est souvent réduit à quelques grands groupes, comme DCNS ou les Cnim. » La concurrence des grandes SSII est d'autant plus rude que les jeunes diplômés n'ont aucune peine à trouver un emploi. « Cette année nous avons 3 000 offres de stages pour 100 étudiants et en moyenne cinq propositions d'emplois par diplômé pour un salaire moyen de 36 000 €. Les PME locales ont du mal à rivaliser et je peux comprendre leur désarroi », souligne David Brun, directeur de la communication de l'Isen Toulon, école d'ingénieurs généraliste dans les sciences et technologies de l'information, de la communication et des systèmes.

Développer une marque forte

Dans ce contexte, la filière 43 117, accompagnée et animée par TVT Innovation, a décidé d'agir, de promouvoir et structurer leur réseau, de favoriser les rencontres entre étudiants, entrepreneurs, écoles. « Aujourd'hui, les grandes entreprises proposent des salaires attractifs et développent aussi de plus en plus une marque employeur pour attirer de nouveaux talents. La démarche de 43.117 va dans ce sens, puisqu'elle vise le développement d'une marque commune forte. Les entrepreneurs ont aussi tout intérêt à entretenir un lien régulier avec nos étudiants car la proximité ainsi créée pourra faire la différence par rapport aux salaires proposés par les grands groupes », explique David Brun. Depuis plusieurs mois, 43 117 et TVT multiplient donc les occasions de rencontre - hackathons, forums RH - et les entreprises avancent groupées à l'occasion de forums de recrutement. « Nous voulons montrer aux écoles, aux étudiants que nous avons des emplois qualifiés et d'avenir à proposer », confie Marc David. Et, ça marche. « Lors du dernier speed dating recrutement de l'Isen, j'ai pu rencontrer, pour la première fois, cinq candidats et recruter une personne. Réunis sous une même bannière, nous avons créé une masse critique d'acteurs », raconte Jean-Yves Kbaier, dirigeant d'Ennovia. Ce dernier s'est également rapproché de l'IUT de Toulon depuis plusieurs années et son expérience, réussie, peut servir d'exemple à l'échelle de la filière. « Nous participons aux enseignements et à des projets tutorés, nous prenons aussi des stagiaires et aujourd'hui, la moitié de mon effectif est directement issue de l'IUT. » Si la proximité fait ses preuves, les jeunes ont aussi changé et certains recherchent désormais une ambiance de travail que les PME peuvent leur offrir. L'image de Toulon a également évolué et « les victoires du Rugby club toulonnais y sont pour beaucoup », souligne David Brun. De même, les espaces de co-working, comme la Cantine by TVT et demain, la future Maison de l'innovation constituent de nouveaux leviers d'attractivité.

Professionnaliser les RH

Au-delà de l'enjeu d'attractivité, les dirigeants de la filière ont aussi la volonté de professionnaliser leurs compétences RH. Car, ils le reconnaissent volontiers, « nous ne sommes pas des professionnels du recrutement. Et, nous sommes très exigeants dans nos recrutements, car, à notre niveau, l'erreur n'est pas permise. Nous recherchons des compétences, mais aussi des valeurs partagées et une volonté de s'investir. » Pour les aider à professionnaliser leurs RH, les entrepreneurs ont notamment noué un premier contact avec l'Apec, association pour l'emploi des cadres, qui travaille déjà avec des groupements d'entreprises. « Nous envisageons de proposer la même collaboration à 43.117 pour sensibiliser ses membres aux nombreux services, gratuits, que nous avons à leur proposer : communication sur notre site d'emploi, diagnostics RH, une base de 300.000 CV, l'organisation d'ateliers ou de conférences... Nous pouvons leur donner des clés pour faciliter leurs recrutements actuels et à venir », souligne Philippe Gastine, consultant entreprise.

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