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Informatique

Yooz prépare le Big Bang de la facturation électronique

Par Anthony Rey, le 27 avril 2022

La croissance de Yooz, éditrice de solutions de dématérialisation des factures, s’envole dans la perspective de 2024, où une nouvelle loi va généraliser la facturation électronique. La PME gardoise projette 200 embauches en 3 ans pour conforter son avance en Europe et en Amérique.

Magali Michel, directrice générale de Yooz.
Magali Michel, directrice générale de Yooz. — Photo : Eric MICHEL

Créée en 2010 comme business unit au sein d’Itesoft, éditeur de logiciels de digitalisation des processus métier, Yooz (300 salariés) a pris dès 2015 son indépendance, justifiée par une croissance soutenue. L’entreprise basée à Aimargues (Gard), éditrice de solutions de dématérialisation et d’automatisation des achats et des factures, profite d’abord, depuis 2017, d’une évolution réglementaire favorable, qui a autorisé les entreprises à détruire leurs archives papier pour ne conserver que des archives numériques. Puis en 2020, le Covid-19 a encore accéléré le processus. "Les DAF (directeurs administratifs et financiers) ont pris conscience de l’intérêt des solutions de dématérialisation pour garantir la continuité de service des opérations financières", raconte Magali Michel, directrice générale de Yooz. En communiquant dès le début de la pandémie sur la mise à disposition de son outil dans la plateforme créée par l’État pour aider les TPE-PME à passer le cap, l’éditeur gardois a connu des pics d’usage en hausse de 50 % tous les mois.

Convertir le marché

Or, la réglementation continue de sourire à Yooz : à compter de juillet 2024, une nouvelle obligation légale imposera à toutes les entreprises d’être en capacité de recevoir une facture électronique. De même, elles devront pouvoir en émettre, en 2024 pour les ETI, et en 2025 pour les TPE-PME. Dans cette perspective, Yooz, dont l’offre permet de récupérer les factures numériques, commercialisera d’ici la fin 2022 une nouvelle brique logicielle pour pouvoir en émettre. "La date butoir de 2024 va faire exploser l’utilisation de ces solutions. C’est pourquoi nous lançons auprès de l’État un processus d’immatriculation comme plateforme de dématérialisation. Les clients, qui sont encore en phase de réflexion, rechercheront ce type de label quand ils passeront à l’acte", estime Magali Michel.

Yooz compte plus de 4 000 clients dans le monde à ce jour, dont les deux tiers sont situés en Europe. Après les grands comptes, l’éditeur gardois s’emploie à éduquer le marché des TPE-PME, parfois réticentes à basculer sur des systèmes de dématérialisation jugés complexe à mettre en œuvre. "Nous luttons depuis nos débuts contre cette complexité. Depuis 2015, nous avons réussi à démontrer aux entreprises françaises que notre solution automatise les processus. Face aux nombreux ERP et logiciels comptables disponibles sur le marché, nous avons conçu des connecteurs adaptés à chacun d’eux, ce qui permet de gérer l’ensemble des flux de factures sans avoir besoin de contacter l’éditeur correspondant. Les DAF peuvent même gérer le processus directement, au lieu de le confier aux directeurs informatiques", détaille Magali Michel.

Un ambitieux plan de recrutement

Après le marché national, Yooz s’emploie désormais à évangéliser d’autres pays, où les éditeurs de solutions concurrentes sont peu nombreux. La PME gardoise s’est implantée successivement en Angleterre, Suisse, Luxembourg, Belgique et Espagne depuis 2019, en plus des États-Unis où elle compte une filiale depuis son autonomie prise en 2015. Avec la nomination de Laurent Charpentier, ex-responsable de l’entité américaine, au poste de nouveau PDG en avril 2022, Yooz se prépare donc à accélérer sa croissance, avec l’ambition de répartir de façon égale son activité en Europe et outre-Atlantique. La PME gardoise, qui ne communique pas son chiffre d’affaires, réalise 35 millions d’euros de revenus récurrents annuels, et estime qu’elle pourra rester sur un taux de 50 % de croissance annuel au vu des perspectives qui s’ouvrent. Elle vient de lancer un plan de 70 recrutements en 2022, tablant sur l’intégration de 200 nouveaux talents en plus dans les 3 ans. La moitié d’entre eux travailleront sur des postes de communication et de marketing, "car l’évangélisation de notre marché est un travail de longue haleine", insiste Magali Michel.

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