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Vitesco Technologies se branche à l'électrique

Par Philippe Kallenbrunn, le 22 novembre 2021

La société Vitesco Technologies France, basée à Toulouse, a quitté le giron du groupe Continental cette année. Son indépendance acquise, elle mène de nombreux projets allant de l'électrification à l'intelligence artificielle, tout en préparant son installation dans son nouveau siège, prévue en 2022.

Actuellement en construction, le bâtiment e-Nov sera le nouveau siège de Vitesco Technologie France à Toulouse dès le deuxième trimestre 2022.
Actuellement en construction, le bâtiment e-Nov sera le nouveau siège de Vitesco Technologie France à Toulouse dès le deuxième trimestre 2022. — Photo : DR

À Toulouse, la société Vitesco Technologies France (1 600 salariés ; CA 2020 : 493 M€) boucle une année 2021 qui fera date. Ce développeur et fournisseur de groupes motopropulseurs et de solutions d’électrification, désormais ancienne filiale de Continental par le biais de sa société mère établie en Allemagne (lire par ailleurs), vole de ses propres ailes. “La rapidité du changement sur le marché automobile de la mobilité électrique n’est pas compatible avec celle de l’évolution d’un grand groupe, justifie son président, Stéphane Fregosi. Des contrats restent en cours entre les deux entreprises mais il n’existe plus aucun lien capitalistique ni de gouvernance.” Pour autant, de nombreux salariés travaillent toujours depuis les locaux de Continental à Toulouse. Cette situation prendra fin au deuxième trimestre 2022 dès que le nouveau siège de Vitesco Technologies France, un bâtiment de 9 200 m2 baptisé e-Nov et doté de 621 postes de travail, sera livré. “Un bel outil et un vrai projet d’entreprise, savoure Stéphane Fregosi. Nous avons réfléchi à son aménagement avec les salariés. Il aura la certification Haute Qualité Environnementale. Des panneaux solaires seront installés sur le toit, de manière à ce que nous fabriquions l’électricité nous-mêmes. Il y a aura aussi des bornes de recharge autour du bâtiment.”

Situé à quelques centaines de mètres de là, avenue du général de Croutte, le bâtiment qu’occupe actuellement l’entreprise, d’une surface équivalente à celle du futur e-Nov, a été racheté fin juillet par le groupe Vitesco Technologies. “Cela va nous permettre d’avoir un véritable campus, se réjouit le dirigeant. Notre centre technique d’essais, par exemple, se trouve encore sur le site de Continental. Nous allons pouvoir le rapatrier.” En plus de son site historique à Toulouse, la société possède deux usines, à Boussens (Haute-Garonne) et à Foix (Ariège), qui emploient 600 personnes. Seul un bureau francilien représente Vitesco Technologies France en dehors de la région Occitanie. Le site de Faulquemont (Moselle) a en effet été cédé cette année à la société Actblue. “Nous développons tous les produits de la chaîne de traction, plus particulièrement électriques : chargeurs, systèmes de batteries, capteurs, actuateurs, calculateurs, convertisseurs de tension…, énumère Stéphane Fregosi. Notre domaine historique, c’est vraiment le contrôle. Les calculateurs et les capteurs sont fabriqués dans nos ateliers de Foix et Boussens. Nous fabriquons environ 40 millions de pièces par an, 37 millions de capteurs et 5 millions de calculateurs.” Parmi les clients de la société figurent Renault-Nissan-Mitsubishi, Stellantis ou encore des constructeurs automobiles japonais.

Lauréat du plan de relance

Fraîchement indépendante, Vitesco Technologies France se distingue par ailleurs sur le plan de la recherche et de l’innovation. L’année dernière, déjà, son projet nommé “Chargeur hautes performances abordable”, mené avec plusieurs partenaires et destiné à mettre sur le marché ce chargeur en 2025, avait été sélectionné par le Comité d’orientation pour la recherche automobile et la mobilité (Coram). Dans le cadre du plan de relance du gouvernement français, les projets Coram doivent contribuer à la transformation en profondeur de l’industrie automobile et des services de mobilité associés, pour répondre aux défis technologiques, de compétitivité et de transition écologique.

Deux autres projets d’envergure ont été lancés en 2021 par Vitesco Technologies France. Le premier, baptisé ECH2 (Électronique de contrôle pour véhicules à hydrogène) et auquel différents partenaires sont associés, a à nouveau été retenu par le Coram pour recevoir une partie des 109 millions d’euros de budget que le comité alloue à la recherche. Il devrait durer trois ans. Ce projet vise le développement et la production de calculateurs électroniques et de fonctions robustes, efficientes, durables et abordables. Vitesco Technologies France va utiliser ses capacités de production pour répondre à la demande croissante d’électronique de contrôle de pile à combustible, en particulier de la part des constructeurs français, leaders sur le marché des véhicules utilitaires légers." Avec ce projet ECH2, nous cherchons à réduire la consommation énergétique en développant des lois de contrôle prédictives optimales et adaptatives, qui seront intégrées aux unités de contrôle électroniques de pile à combustible, explique Christophe Maréchal, le directeur Innovation chez Vitesco Technologies France. En modélisant le vieillissement des piles, nous pourrons agir sur notre électronique de contrôle pour limiter ces phénomènes et éviter ainsi des surcoûts liés à la teneur en platine de la pile à combustible.”

Maintenance prédictive

L’autre projet a abouti à la conclusion d’un partenariat avec l’Institut interdisciplinaire d’intelligence artificielle de Toulouse (Aniti), créé en 2019 dans le cadre du programme d’investissements d’avenir PIA3 (plan Villani) et porté par l’Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées. Dans le domaine de la mobilité et du transport durable, Vitesco Technologies France et Aniti travaillent sur trois thèses visant à permettre à l’équipementier d’optimiser les coûts de développement, la performance et la production de ses produits grâce à l’intelligence artificielle.

“Nous voulons développer des solutions autour de la maintenance prédictive pour nos usines de Foix et Boussens, indique Stéphane Fregosi. Nous ne souhaitons plus attendre qu’une machine tombe en panne ou que des mauvaises pièces soient fabriquées pour venir faire sa maintenance. Cela permettra de réduire le niveau de pièces défectueuses et d’augmenter le rendement.” La maintenance prédictive peut être améliorée par une analyse approfondie des données des machines connectées afin de prévoir les détériorations et/ou les défaillances futures et d’éviter les temps d’arrêt non planifiés. Pour mieux voler de ses propres ailes, Vitesco Technologies France recrute massivement. “Depuis juillet, nous avons embauché 50 personnes et nous avons encore une vingtaine de postes à pourvoir dans le domaine de l’encadrement : des architectes logiciels, des chefs de projet, des responsables commerciaux, des data scientists (experts en données)”, conclut Stéphane Fregosi.

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