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Vins français surtaxés aux États-Unis : Vinovalie redoute d'être freiné dans sa conquête de l'Amérique

Par Marina Angel, le 10 décembre 2019

En 2017, le groupe viticole Vinovalie a décidé de se lancer à la conquête du continent nord-américain, en installant un bureau commercial à Montréal, au Canada. Pour contourner les surtaxes américaines sur le vin français, la coopérative réfléchit à des conditionnements innovants.

Jacques Tranier, directeur général du groupe coopératif tarnais Vinovalie (150 salariés, CA 2018 : 49 M€).
Pour Jacques Tranier, directeur général du groupe coopératif Vinovalie (150 salariés, CA 2018 : 49 M€), l'offre aux Etats-Unis pourrait se concentrer sur les grands contenants, exclus des sanctions et qui répondent au développement de la commercialisation au verre dans les bars et restaurants. — Photo : Vinovalie

Les nouvelles taxes douanières américaines sur les produits européens inquiètent forcément les 400 vignerons adhérents de la coopérative Vinovalie. D’autant que, même si les États-Unis ne représentent aujourd’hui que 230 000 euros de CA, sur un total, en 2018, de 49 M€, le groupe ne cache pas ses ambitions américaines.

En 2017, Vinovalie a décidé de se lancer à la conquête du continent nord-américain, en installant un bureau commercial à Montréal, via la création d’une filiale en joint-venture avec l’union vigneronne Loire Propriétés, basée dans le Maine-et-Loire. Dans le contexte actuel, « nous risquons d’être freinés en plein élan commercial », reconnaît aujourd'hui le directeur général Jacques Tranier.

L'export, relais de croissance de Vinovalie

L’export est un axe prioritaire du groupe, qui cherche des relais de croissance face au recul de la consommation de vin en France. Après des premiers pas à l’international dès 2007, principalement en Europe, la société s’est ensuite lancée dans le grand export, au Japon, en Chine, au Brésil, et donc en Amérique du Nord…

« Nous distribuons aujourd’hui nos produits dans une quarantaine de pays et l’export pèse près de 20 % de notre chiffre d’affaires », se félicite Jacques Tranier. Alors pas question de s’arrêter en si bon chemin. D’autant que le groupe, qui emploie 150 salariés, vient de changer d’échelle, avec la mise en production, en 2018, d’un nouveau site d’embouteillage à Saint-Sulpice, dans le Tarn. Un investissement de plus de 17 M€ pour porter la capacité de production de la coopérative de 18 à 25 millions de bouteilles par an.

Vinovalie va revoir ses conditionnements

Pour se développer sur le marché américain malgré les sanctions commerciales, Vinovalie a déjà des pistes. « Nous allons adapter, dès le printemps prochain, l’une de nos lignes pour du conditionnement en kegs, des petits fûts de 20 ou 30 litres », explique Jacques Tranier. Cela doit permettre de contourner les nouvelles sanctions américaines: elles ne s’appliquent qu’à l’importation en bouteilles, et non en vrac. Pour Vinovalie, c'est aussi un moyen de mieux répondre au développement, un peu partout dans le monde, de la commercialisation au verre dans le circuit des bars et des restaurants.

Jacques Tranier, directeur général du groupe coopératif tarnais Vinovalie (150 salariés, CA 2018 : 49 M€).
Pour Jacques Tranier, directeur général du groupe coopératif Vinovalie (150 salariés, CA 2018 : 49 M€), l'offre aux Etats-Unis pourrait se concentrer sur les grands contenants, exclus des sanctions et qui répondent au développement de la commercialisation au verre dans les bars et restaurants. — Photo : Vinovalie

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