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Swile s'allie à BPCE pour conquérir le marché des avantages salariés

Par Anthony Rey, le 05 janvier 2023

En accueillant le groupe BPCE comme premier actionnaire, la licorne montpelliéraine Swile se donne les moyens de ses ambitions mondiales. Spécialiste des avantages salariés, elle veut investir toujours plus pour garder son avance sur un marché en phase de dématérialisation.

Loïc Soubeyrand, fondateur et PDG de la licorne Swile à Montpellier.
Loïc Soubeyrand, fondateur et PDG de la licorne Swile à Montpellier. — Photo : Swile

Des mois de négociation auront été nécessaires pour signer un accord atypique entre Swile (1 000 salariés), entreprise montpelliéraine fondée en 2018, et BPCE, deuxième groupe bancaire français. Avec l’aval des autorités réglementaires, BPCE devient premier actionnaire de Swile, en prenant une participation de 22 % au capital du montpelliérain, tandis que Swile rachète 100 % de Bimpli, filiale du groupe bancaire. L’alliance ainsi nouée doit permettre à Swile de s’imposer en leader mondial du marché des avantages salariés (titres-restaurant, titres-cadeaux, titres-mobilité…).

Accélération et diversification de la croissance

L’accord va permettre à Swile d’accélérer le déploiement commercial de son offre et notamment les tickets-restaurants, son activité historique. L’entreprise montpelliéraine a émis sa première carte dédiée en 2018 et a réussi, en cinq ans, à convaincre plus de 75 000 entreprises dont Carrefour, Airbnb, Spotify, Red Bull ou TikTok. "Ce secteur sort peu à peu de sa culture du papier, mais il reste encore 40 % du marché à dématérialiser. Nous captons l’essentiel de la dématérialisation, mais l’accord avec BPCE va nous permettre d’aller chercher encore beaucoup de croissance sur le marché français : nous aurons accès à leur réseau d’agences, ainsi qu’à leurs clients grands comptes et PME", évalue Loïc Soubeyrand, PDG de Swile.

Un deuxième volet de l’accord permet de diversifier l’offre de Swile, en y agrégeant peu à peu celle de Bimpli, qui évolue sur un créneau similaire mais avec d’autres produits. Ainsi, les ventes croisées sont appelées à se multiplier, "sans se marcher sur les pieds", selon Loïc Soubeyrand. "Bimpli émet des chèques emploi service universel, que nous allons aussi proposer à nos clients. De même, nous allons mettre sur orbite notre plateforme de gestion des déplacements professionnels (suite au rachat d’Okarito, en 2022, NDLR), et Bimpli vendra aussi ce module", illustre-t-il. Toutefois, Loïc Soubeyrand rajoute que "le plus vite possible", les offres ont vocation à être rassemblées sous la marque unique de Swile, au sein de sa "super app" (application).

Le nouvel horizon de la "worktech"

Sur le plan financier, l’accord conclu avec BPCE fait aussi rentrer Swile dans une nouvelle dimension. En quatre ans, Swile avait déjà levé plus de 300 millions d’euros et atteint le cap d’un milliard d’euros de valorisation, décrochant son statut de "licorne" française. Mais grâce à l’alliance formée avec le groupe bancaire, le groupe montpelliérain a dégagé un revenu annuel récurrent de 140 millions d’euros en 2022, et projette 200 millions en 2023. Elle vise aussi la profitabilité en 2023 sur le marché français et, dès 2024 au niveau du groupe (sur l’ensemble des activités en France et au Brésil).

En effet, le Brésil, où Swile s’est implantée en rachetant la start-up Vee Benefícios en 2021, est amené à jouer un grand rôle dans la trajectoire planétaire du montpelliérain. Avec 50 millions d’actifs éligibles aux avantages salariés, ce pays est le premier marché mondial sur ce segment. Il constitue tout à la fois, pour Swile, un laboratoire et une rampe de lancement. "Notre but ultime est d’aller vers la flexibilisation dans l’attribution des avantages salariés : les employés recevront un montant d’avantages et choisiront la façon de les utiliser. Nous l’avons fait au Brésil, et en levant les obstacles réglementaires et techniques qui subsistent, nous le ferons en France et ailleurs. Notre ambition est de devenir le leader de la worktech, un concept qui va bien au-delà des titres-restaurants…", annonce Loïc Soubeyrand.

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