Haute-Garonne

Métallurgie

Sovamep fleurit grâce aux métaux précieux et à sa filiale marocaine

Par Philippe Kallenbrunn, le 03 novembre 2021

Le groupe Sovamep enregistre une forte croissance. Il récolte les fruits de la diversification de ses activités de recyclage et s’apprête à doubler de taille au Maroc où il va reprendre une entreprise.

Vincent Delage, le président de Sovamep, a repris le groupe en 2014.
Vincent Delage, le président de Sovamep, a repris le groupe en 2014. — Photo : DR

Le groupe Sovamep (110 salariés, CA : 34 M€), spécialisé dans le recyclage des métaux, va doubler son chiffre d’affaires cette année. Son président Vincent Delage relativise l’ampleur de cet indicateur de croissance au motif que les cours sont hauts et que 2020 fut marquée par la pandémie. Il n’empêche que l’entreprise basée à Muret (Haute-Garonne), où elle opère le tri des déchets sur son site de 20 000 m2, se démarque dans un métier qui est en train de se concentrer. L’activité historique de Sovamep concerne les métaux non ferreux (aluminium, titane, cuivre, inox…). Grâce à sa flotte de camions, à ses pelles et à ses grues, ses techniciens se déplacent chez les clients, essentiellement des sous-traitants d’Airbus (Figeac Aéro) ou des acteurs de la Défense (Thalès, Naval Group). “Nous préparons ensuite des matières premières secondaires pour les affineurs ou les fonderies, explique Vincent Delage, un ancien de Paprec qui a repris l’entreprise en 2014 en s’associant à Philippe Baudet, fils de la famille fondatrice. 90 % de nos déchets sont exportés dans l’Union européenne.”

1,5 million d’euros d’investissement

Depuis trois ans, Sovamep se diversifie dans la ferraille. Elle collecte les déchets ferreux des particuliers. “Nous avons ouvert quatre Comptoirs des métaux, à Muret, Cornebarrieu (Haute-Garonne), Lubersac (Corrèze) et Langon (Gironde), détaille son président, parce que l’aéronautique, bien avant la pandémie, était déjà soumise à des vicissitudes. Et cette activité s’avère très rentable.” Pour la développer, l’entreprise a fait l’acquisition d’une presse-cisaille. Elle investit par ailleurs 1,5 million d’euros pour moderniser les équipements visant à renforcer sa troisième activité : les métaux rares et précieux. “Cette installation sera terminée en 2022, se réjouit Vincent Delage. Nous pouvons déjà extraire de l’or et de l’argent. Nous allons aller de plus en plus vers l’affinage de métaux comme le palladium, le platine, l’iridium ou le rhodium.” Dans son laboratoire, Sovamep procède successivement par pyrométallurgie puis par hydrométallurgie pour récupérer les métaux précieux à partir de sources hétéroclites : cartes à puces d’ordinateurs, téléphones portables, pots catalytiques, sondes et pacemakers par exemple… Elle va désormais aussi capter les déchets des crématoriums : visserie, prothèses en titane ou amalgames dentaires en platine. Si l’or se négocie aujourd’hui autour de 50 000 euros le kg, selon Vincent Delage, les cours du palladium (75 000 euros), de l’iridium (130 000 euros) ou du rhodium (180 000 euros) situent l’enjeu économique de ce marché. En Italie, sa filiale Sovamep-Pevar, créée il y a deux ans à Valvasone, récupère les métaux précieux issus des déchets de l’industrie de la mode.

Ce sont aussi les métaux précieux qui ont conduit Philippe Baudet, le directeur général du groupe, à implanter la filiale Valdeme à Casablanca (Maroc) il y a près de 20 ans. Il s’agissait à l’origine de recycler les déchets de STMicroelectronics qui possédait une usine dans le secteur. Valdeme s’étend aujourd’hui sur un site de 10 000 m2 et compte 80 salariés. “Le Maroc est devenu une base low cost de l’industrie française, rapporte Vincent Delage. Il a développé des zones franches où tout un écosystème s’est construit autour du secteur automobile. Nous travaillons aussi là-bas avec les sous-traitants de l’aéronautique. Nous y sommes devenus un opérateur global.” Sovamep mise sur ce pays du Maghreb. “Nous allons conclure un projet de croissance externe qui va nous amener à doubler de taille au Maroc, révèle-t-il, où notre chiffre d’affaires passerait de 5 à 10 millions d’euros.”

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition