Occitanie

Innovation

Scop3, Sweep, Eldo, Immoblade : les start-up à suivre en 2023

Par Anthony Rey et Philippe Kallenbrunn, le 08 décembre 2022

Totalisant 448 millions d'euros, l'Occitanie s'est classée, en 2021, au troisième rang des régions pour les levées de fonds, derrière l'Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes. Le vivier des start-up locales démontre une capacité d'innovation englobant toutes les filières, du spatial à l'intelligence artificielle, en passant par les biotechnologies ou les industries culturelles. Tour d'horizon des pépites à suivre.

Sophie Scantamburlo-Contreras et Frédéric Salles, cofondateurs de la start-up montpelliéraine Scop3.
Sophie Scantamburlo-Contreras et Frédéric Salles, cofondateurs de la start-up montpelliéraine Scop3. — Photo : Scop3

Sweep, la décarbonation des entreprises

Face à l'urgence climatique, la start-up montpelliéraine Sweep (50 salariés) a créé une plateforme permettant aux entreprises de cartographier les sources d'émission de gaz à effet de serre au sein de leur organisation. Réussissant un départ remarqué, elle a levé 100 millions d'euros depuis sa création en 2020. Avec des bureaux à Londres et en Californie, Sweep accumule les signatures de grands comptes tels que Saint-Gobain, JC Decaux ou Questel. La climtech dirigée par Rachel Delacour enregistre un renfort de poids avec Julien Denormandie : en recrutant l'ex-ministre comme directeur de l'impact environnemental, elle veut aller plus vite dans l'évangélisation des grandes entreprises et organisations internationales.

Bricks.co, l'investissement immobilier réinventé

Fondée en 2021 à Montpellier par Cédric O'Neill, la proptech Bricks.co (45 salariés, CA prévisionnel 2022 : 8 M€) fluidifie l'investissement immobilier : elle fait l'acquisition d'immeubles déjà loués, qu'elle divise en plusieurs milliers de parts (appelées « bricks ») pour que les investisseurs se constituent une rente. La plateforme, qui affiche 230 000 membres, vient de lever 13 millions d'euros, répartis entre 8 millions d'euros apportés par des particuliers, et 5 millions par des investisseurs individuels tels que l'ex-basketteur Tony Parler. Elle va utiliser ces fonds pour se développer en Europe et aux États-Unis. Bricks.co a déjà financé 50 millions d'euros de propriétés (42 immeubles) et veut dépasser le seuil des 300 millions d'euros de nouvelles propriétés.

Scop3, le réflexe de la seconde main

Ex-PDG de Matooma, fleuron de la French Tech Montpellier, Frédéric Salles est revenu aux affaires en 2021 avec Scop3 (10 salariés), start-up dédiée aux achats responsables des entreprises. Sa plateforme leur permet de céder rapidement leurs équipements professionnels de seconde main (mobilier de bureau, électroménager, informatique, outillage), de deux façons : par la vente à d'autres entreprises, ou bien en les donnant aux associations en échange d'un reçu fiscal. En quelques mois, Scop3 a convaincu plus de 200 clients, dont des grands comptes tels que Septeo ou Exaprint. Après avoir levé 1,8 million d'euros pour se structurer, la start-up prépare son implantation en Île-de-France.

VRrOOm, le métavers du spectacle vivant

Créatrice de mondes interactifs (ou métavers), la start-up catalane VRrOOm (13 salariés) affiche de grandes ambitions pour le spectacle vivant : elle veut déployer cette technologie immersive vers les arts de la scène et les festivals. Parmi ses références figurent le musicien Jean-Michel Jarre (2 spectacles, plus de 75 millions de vues) et la Biennale de Venise. Après avoir réuni 1,5 million d'euros, VRrOOm table déjà sur une deuxième levée de fonds de 30 millions pour se structurer, avec 60 créations d'emplois en deux ans. Dirigée par Louis Cacciuttolo, ex-vice-président monde de THX (société de Georges Lucas), VRrOOm vise un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros en 2024.

WeekEra, l'expertise comptable numérisée

Créée en janvier 2022, la start-up nîmoise WeekEra (5 salariés) a mis moins d'un an pour convaincre Drakarys, la première société d'investissement dans la profession de l'expertise comptable. En levant 6 millions d'euros auprès de ce fonds, WeekEra se donne les moyens de s'imposer comme l'acteur de référence dans la transformation numérique des cabinets d'experts-comptables. Elle développe un logiciel de paie qui permet aux professionnels de rester au centre des flux sociaux et des flux RH, tout en installant une collaboration renforcée entre le cabinet, les clients et ses salariés. Encore en phase d'incubation au sein du BIC Innov'Up à Nîmes, WeekEra table sur une sortie de son produit en 2024.

EasyPicky, l'IA au service de la distribution

La start-up montpelliéraine EasyPicky (35 salariés) met l'intelligence artificielle basée sur la reconnaissance vidéo au service des acteurs de la distribution. Sa technologie de reconnaissance d'images est utilisée par les forces de vente pour leurs relevés de linéaires, optimisant les remontées du terrain vers les marques. Autofinancée depuis sa création en 2017, EasyPicky revendique un chiffre d'affaires multiplié par 4 (non communiqué) sur son dernier exercice. Elle vient de lever 5 millions d'euros en vue de doubler ses effectifs, à 70 salariés, et de booster sa croissance en Europe et en Amérique du Sud. La pépite vise le rang de leader dans l'univers pharmaceutique, les spiritueux ou l'électroménager.

Kyanos Biotechnologies, producteur de microalgues

La start-up Kyanos Biotechnologies (11 collaborateurs), spécialisée dans la production de microalgues, a réalisé cette année une nouvelle augmentation de capital d'un montant de 2,6 millions d'euros souscrite auprès du groupe aveyronnais Nutergia et d'un pool bancaire composé de la Banque Populaire Occitane, de la Caisse d'Épargne Midi-Pyrénées et du CIC. Cette opération permet à la start-up toulousaine d'augmenter sa capacité de production de la microalgue « pastel d'eau », reconnue pour ses vertus pour la santé et considérée comme un aliment du futur prometteur, et d'accélérer la commercialisation de ses compléments alimentaires.

Immoblade, expert en protection solaire

La start-up toulousaine Immoblade (13 collaborateurs), spécialisée dans la protection solaire, a levé 1,6 million d'euros en 2022, grâce à une campagne de financement participatif via la plateforme Sowefund, quatre clubs de business angels et deux emprunts bancaires (Bpifrance et Caisse d'Épargne Midi-Pyrénées). Ainsi renforcée, elle a pu doubler sa surface d'atelier en emménageant dans ses nouveaux locaux à Montaudran. Issue du spatial, son innovation repose sur une géométrie particulière de lames brise-soleil qui donne une propriété remarquable : elle bloque le soleil l'été et le laisse rentrer totalement l'hiver.

Eldo, marketeur digital du BTP

La start-up toulousaine Eldo (55 collaborateurs) ambitionne de devenir la première plateforme européenne de solutions digitales à destination des professionnels et consommateurs du secteur de l'amélioration de l'habitat d'ici cinq ans. Elle a réalisé en 2022 une deuxième levée de fonds de 6 millions d'euros, auprès de Sofiouest et Grand Sud-Ouest Capital qui rejoignent les historiques Irdi et M Capital. Deux clients industriels ont aussi participé : le groupe Weck, spécialiste de la rénovation énergétique en France, et Unikalo, qui évolue dans le secteur de la peinture bâtiment et de la décoration professionnelle. Eldo a aussi acquis en juin la société parisienne PerfoWeb et sa solution Saas Oplead, leader français du lead management pour les industriels du BTP.

Whylot, spécialiste des moteurs électriques

La start-up Whylot, spécialiste des moteurs électriques et basée à Cambes (Lot), a investi près de 7,5 millions d'euros dans la construction d'un nouveau bâtiment, dont 3,5 millions d'euros en matériel et machines. Sa surface passera ainsi de 1 500 m2 à 4 000 m2 en 2023. Ce nouveau bâtiment abritera 1 500 m2 de bureaux et un atelier. La start-up a signé un contrat avec Renault, intéressé par sa technologie de moteurs électriques plus légers et compacts et qui a pris 21 % de son capital en septembre 2021. Renault lui commande aussi des activités d'ingénierie et a signé un contrat de licence jusqu'en 2045 pour utiliser son moteur.

Micropep Technologies, développeur de micropeptides

La biotech toulousaine Micropep Technologies, qui développe des solutions pour l'agriculture à base de micropeptides biologiques révolutionnaires, a finalisé cette année un tour de table de 8,7 millions d'euros. Le fonds américain Fall Line Capital a mené cette série A1, moins d'un an après la série A, avec la participation des investisseurs existants Supernova Invest, Sofinnova Partners, FMC Ventures et Irdi. Micropep a développé une plateforme technologique qui permet d'améliorer de façon précise les caractères des plantes, sans altérer leur ADN, grâce à la pulvérisation de micropeptides. La société compte utiliser ses nouveaux fonds pour accélérer son développement en France et aux États-Unis tout en renforçant son pôle de recherche dans l'Hexagone.

U-Space, une offre spatiale clé en main

La start-up toulousaine U-Space, fournisseur de solutions clé en main aux opérateurs de constellations satellitaires, a réalisé en 2022 une levée de fonds de 7 millions d'euros auprès de Karot Capital et du fonds Definvest du ministère des Armées (géré par Bpifrance), l'une des plus importantes, destinée en amorçage à un acteur du New Space français. Créée en 2018 par 3 ingénieurs en aérospatial, U-Space conçoit et construit des systèmes spatiaux complets de 4 à 50 kg. Elle s'est imposée sur le marché technologique de la commercialisation de solutions spatiales avec une proposition de valeur unique dans la gamme des nanosatellites.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition