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Reprise de Scopelec : le projet New Scope dans la dernière ligne droite

Par Philippe Kallenbrunn, le 22 novembre 2022

Porté par Carlos Verkaeren, le nouveau président du directoire du groupe tarnais Scopelec, le projet New Scope annonce vouloir reprendre 1 457 salariés et sept des neuf filiales du groupe. Selon le dirigeant, il apparaît comme l’offre de reprise la plus "généreuse."

Carlos Verkaeren, président du directoire du groupe Scopelec.
Carlos Verkaeren, président du directoire du groupe Scopelec. — Photo : Groupe Scopelec

Placées en redressement judiciaire le 26 septembre, Scopelec SA et Setelen (Haute-Loire), deux filiales du groupe Scopelec, la plus grande société coopérative de France et sous-traitant d’Orange pour les réseaux de fibre optique, connaîtront leur avenir le 8 décembre 2022 lorsque le tribunal de commerce de Lyon statuera sur leur éventuelle reprise. Six sociétés se sont déclarées candidates au rachat partiel ou total des activités du groupe : Alsatis, Circet, Kyntus, Solutions 30, Foliateam et New Scope. Cette dernière, portée par Carlos Verkaeren, nouveau président du directoire du groupe Scopelec depuis le 1er septembre 2022 et soutenue par l’Union régionale des Scop d’Occitanie, ainsi que par les Régions Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Sud et Auvergne-Rhône-Alpes, apparaît comme la plus “généreuse”, selon le mot du dirigeant : elle est, du moins, celle qui souhaite reprendre le plus grand nombre de filiales et qui bénéficie du mieux-disant social.

Orange au soutien

“Je pense qu’on va gagner, on a une grande partie des salariés avec nous et notre principal client, Orange, nous soutient aussi”, affirme Carlos Verkaeren, qui assure avoir retrouvé “des relations apaisées” avec l’opérateur. New Scope, qui serait constituée en société coopérative, s’engage à reprendre au total 1 457 salariés de sept des neuf entités juridiques qui composent le groupe, soit 82 % des effectifs du groupe au 30 septembre. Deux entreprises, Socatel (14 salariés, Aveyron) et ETETP (21 salariés, Pyrénées-Orientales), ne seraient pas reprises et leurs collaborateurs basculeraient en plan de sauvegarde de l’emploi (PSE, licenciement économique). New Scope reprendrait les entreprises Gobé (335 salariés, Hauts-de-Seine), Scopelec Sud Est (313 salariés, Var), Scopelec Est (1 salarié, Tarn), Scopelec Aquitaine (154 salariés, Pyrénées-Atlantiques) et Scopelec Énergies Services (33 salariés, Tarn) et l’intégralité de leur personnel. Enfin, 396 des 1 037 salariés de Scopelec SA et 225 des 415 salariés de Setelen, les filiales dont les salariés seraient les plus touchés, intégreraient la nouvelle structure. Pour déterminer les collaborateurs retenus, New Scope, qui entend établir son futur siège social à Toulouse, négociera des critères avec les élus du personnel. Les autres feront l’objet d’un PSE.

Objectif : 200 millions de chiffre d'affaires en 2027

Sur la nature des futures activités de New Scope, Carlos Verkaeren indique que l’installation de la fibre, son cœur de métier, demeurera au côté du mobile (notamment de la 5G), spécialité de la filiale Gobé, et qu’un “objectif ambitieux” concerne la diversification dans l’installation de bornes de recharge pour les véhicules électriques, annonçant un nouveau positionnement pour la filiale Scopelec Énergies Services. Quoique projetant de le réduire à une vingtaine d’agences (contre une soixantaine aujourd’hui), le maillage national du groupe serait préservé autour de trois grands pôles territoriaux : Sud Ouest, Sud Est, et Nord Ouest et DOM-TOM. Objectif : réaliser 200 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2027. Quant au volet financier, New Scope, qui ne bénéficie pas de l’aide de Bpifrance ou de la Caisse des Dépôts, compte s’appuyer sur des fonds propres à hauteur de 4 millions d’euros, dont 1,5 million d’euros seraient apportés par les salariés, condition sine qua non à la constitution en société coopérative. “Nous demandons aux collaborateurs non-cadres un plancher de 1 000 euros, aux cadres un plancher de 3 000 euros, et aux dirigeants un plancher de 6 000 euros”, détaille Carlos Verkaeren. “Le projet ne passera pas au tribunal s’il n’est pas crédible financièrement, conclut-il. Mais la solidité de notre plan de financement est réelle.”

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