Toulouse

Informatique

Opisto prospère sur le marché de la pièce auto d'occasion

Par Philippe Kallenbrunn, le 21 octobre 2021

La marque toulousaine Opisto facilite l’accès aux pièces automobiles d’occasion et contribue ainsi à l’économie circulaire. Sa croissance en France l’amène aujourd’hui à vouloir se développer intensément dans le sud de l’Europe.

Laurent Assis-Arantes (à gauche) et Johan Branca, les cofondateurs d’Opisto, ont eu l’idée de créer leur entreprise en 2010 alors qu’ils s’étaient confrontés à des difficultés pour trouver des pièces d’occasion lorsqu’ils préparaient leur voiture pour le 4L Trophy.
Laurent Assis-Arantes (à gauche) et Johan Branca, les cofondateurs d’Opisto, ont eu l’idée de créer leur entreprise en 2010 alors qu’ils s’étaient confrontés à des difficultés pour trouver des pièces d’occasion lorsqu’ils préparaient leur voiture pour le 4L Trophy. — Photo : DR

Marque déposée de la société toulousaine Saceo (35 salariés, CA : 4 M€), Opisto s’est donné pour mission de démocratiser l’accès à la pièce automobile d’occasion pour la réutiliser. Pour cela, l’entreprise fondée en 2010 par Laurent Assis-Arantes et Johan Branca a développé un logiciel sur abonnement, doublé d’une application mobile, qui permet aux casses automobiles de mutualiser leurs stocks et de vendre en ligne des pièces d’occasion aux garagistes, carrossiers et particuliers. Concrètement, Opisto travaille avec près de 500 centres pour véhicules hors d’usage (VHU) en Europe, dans lesquels ces derniers sont dépollués puis démontés avant d’être démolis. Les pièces réutilisables, parmi lesquelles on peut trouver des éléments de carrosserie ou de mécanique lourde, sont nettoyées, testées, catégorisées, référencées puis remises dans le circuit de vente par la digitalisation. Elles constituent des sources de revenus pour les centres VHU. “La pièce de réemploi ne représente aujourd’hui que 3 % de la réparation automobile, explique Laurent Assis-Arantes. Nous sommes persuadés que la marge de progression est très importante. Par comparaison, le taux d’utilisation des pièces d’occasion aux États-Unis est de 20 %. En France, l’âge moyen du parc roulant est de 9 à 10 ans mais celui des véhicules en fin de vie est de 17 à 18 ans.” "Nous assistons à un changement de mentalité, ajoute Johan Branca. Mais le consommateur final ne sait pas toujours, lorsqu’il se rend chez son garagiste, que cette solution existe. Il a pourtant beaucoup à y gagner puisque les pièces d’occasion coûtent en moyenne 70 % de moins que les neuves.” Véritable levier de l’économie circulaire, le recours à la pièce de réemploi est encouragé par les pouvoirs publics. “Les assureurs eux-mêmes la promeuvent de plus en plus”, note Laurent Assis-Arantes. En France, les clients d’Opisto traitent 45 % des véhicules hors d’usage, soit plus de 600 000 par an. Et plus de 3,5 millions de pièces sont référencées.

Site en italien et en espagnol

Depuis sa création, Opisto connaît une croissance organique régulière. “Nous n’avons jamais vraiment envisagé une levée de fonds parce que nous n’aurions de toute façon pas pu nous développer plus vite, confie Laurent Assis-Arantes. Depuis l’origine, notre volonté a été de réinvestir dans l’entreprise et de la structurer.” Opisto se donne ainsi les moyens, aujourd’hui, de développer des outils de data analyse ou d’analyse d’images. “L’objectif est de simplifier au maximum l’informatisation des stocks des pièces d’occasion”, appuie Johan Branca. Pour étendre son marché, l’entreprise toulousaine vient de se doter d’un site en italien. Son jumeau en espagnol est déjà prêt et sera bientôt mis en ligne. Cette expansion vers l’Europe, qui ne représente que 10 % de l’activité d’Opisto pour l’instant, n’est pas innocente. La Commission européenne a en effet engagé une procédure de révision de la directive 2000/53/CE du 18 septembre 2000 relative aux VHU. Une nouvelle proposition est attendue en 2022 qui devrait structurer l’ensemble de la filière sur le Vieux Continent. 10 millions de véhicules hors d’usage y sont traités chaque année, dont 3,5 millions en Espagne et en Italie. Pour accompagner sa croissance, Opisto va doubler ses effectifs d’ici 5 ans, en particulier dans le secteur de l’ingénierie. Six postes sont déjà à pourvoir en ce moment. Par ailleurs, l’entreprise n’exclut pas de procéder à des opérations de croissance externe.

Laurent Assis-Arantes (à gauche) et Johan Branca, les cofondateurs d’Opisto, ont eu l’idée de créer leur entreprise en 2010 alors qu’ils s’étaient confrontés à des difficultés pour trouver des pièces d’occasion lorsqu’ils préparaient leur voiture pour le 4L Trophy.
Laurent Assis-Arantes (à gauche) et Johan Branca, les cofondateurs d’Opisto, ont eu l’idée de créer leur entreprise en 2010 alors qu’ils s’étaient confrontés à des difficultés pour trouver des pièces d’occasion lorsqu’ils préparaient leur voiture pour le 4L Trophy. — Photo : DR

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